DE RODEZ
Le berceau de l'Église épiscopale de Rodez est environné de nuages. Une piense traililiun, qui n'vsi peut -être pas dénuée de fondement, nous apprend que l'apôtre des Aquitaines, saint Martial , annonça le preinier la parole évangé» liqoe aux habitants du Rouergne. Sa piédicaiion porta des fruits, et, pour les léanions des fidèles, une chapelle fut construite 80118 l'invocation de la sainte Vierge. Cet humble oratoire seniit rorigine de la cathédrale acluelle de Rodez, quoique les malheni's qui pesèi'ent sur les premiers siècles de Tère chrétienne en aient fait disparaître depuis longtemps jusqu'aux derniers vestiges*
Si Fon s'en rapporte seulement aux titres historiques, on trouve que saint Amans, gén&Alement regardé comme le premier évèque de Rodez, voulut élever une église digne de la splendeur du culte catholique. C'était à une époque oîi la paix retlcurissait daus les [)roviuces gallo-romaines, et où les chrétiens manifestaient la générosité de leur foi en érigeant de belles basiliques. Rome jouissait encore, aux yeux des peuples, du prestige de gloire que les victoires des barbares et Timpuissance de ses empereurs n'avaient pu lui faire perdre entièrement. Le vieil empire romain avait disparu, mais la ville des Césars était i-estée pour les arts la
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capitale du monde. Aussi le pieux év^ue envoya4-il à Rome
chercher des hommes capables d'accomplir le projet qu'il av.iit formé. L(; diacre Naamas fut chargé de cette mission. L'histoire ne dit pas si Rome écouta la prière du saint prélat , mais il est permis de croire que ses vœux furent exaucés, et Rodes vit alors s'élever dans ses murs une ^lise assez remarquable pour que , peu d*années après ^ Tévéque de dennont fût invité à venir en faire la dédicace S
En quel endroit fut édifiée Téglise de saint Amans? Toutes les présomptions portent à croire que ce fut sur remplacement de la cathédrale actuelle. Les raisons liturgiques sont id de la plus grande autorité, et d'ailleurs les faits n'y sont pas opposés. Dès le commencement du vi* siècle, la basilique, devenue insuffisante pour les besoins de la population religieuse de Rodez, fut démolie d'après les ordres de saint Dalma.s, (|ui en conçut la reconstruction sm un plan plus grandiose et dans des dimensions plus vastes. Il i)araît , d'après un passage de saint Grégoire de Tours, que cet évéque pieux et zélé, trop.jaloux de la perfection de son œuvre , ne put. la voir terminer * ; il monrut lorsque les travaux allaient recevoir leur couronnement. Les temps malheureux que réglise de Rodes eut ensuite à traverser en retardèrent l'entier achèvement jusqu'au commencement du siècle suivant. Alors monte sur le trône épiscopal un prélat désireux de mener à fin les travaux si longtemps uiteriompus. Dieudonné, comme tant d'évèques qui régnaient alors dans les Gaules par la puissance de leurs talents et de leurs vertus , après avoir dignement orné la maison du Seigneur, en fit la bénédiction solennelle.
1 M. Tftbbé Magne. Notiee aietiéologiqQe sur la eathédrale de Rodex. 3 Quam cum M^rfiu oA mtniai^anm dissf ruent, nMomjxmlaf» telifueral. Grej$or. Tuioo.
m CATHÉDRALES DE FHVNCE.
Ces joon de pios[)éiiié ne devaient pas tarder à être suivis de jouts néfastes. Un fléau terrible s'avao^ du o6lé de l'Orient, menaçant d^envahir le monde : les Sarrasins, déjà maîtres cU; TFspagne, se promettaient de se partager les dépouiiies (le nos provinces, qui leur semblaient une proie facile. Des dissensions intestines favorisaient leurs projets; mais ils furent arrêtés dans les champs de Tours, où Charles Martel anéantit leurs bataillons. Cependant d'aflreux ravages avaient été commis dans le midi de la France, et Téglise de Rodez, comme une foule d'autres, n'avait pu éviter la destruction. Bientôt elle se nleva de ses ruines, et, sous Tenij>ir«' di; Charlema^e, eiic put jouir encore de (jiiplque ti'aaqiiillilé. Ce prince , \\m des plus grands de notre histoire, et sur la tète duquel brille la triple couronne de la sainteté, dn génie et de la bravoure, exerça une influence salutaire sur les monuments religieux. L*étude des édifices du cycle carlovingien serait très- intéressante pour l'histoire du l'aii chrétien : nKilheineu sèment on n'en retrouve que des débris iut'onnes. 1^ catliédiale de Hodez traversa quatre siècles, sur lesquels l'histoire garde le plus profond silence, et» vers la fin du xni* siècle, elle s'écroula avec un fracas effroyable. Ce fut le 16 février 1 275 que cet accident arriva, sous l'épiscopat de Raymond de CalmonL L'édifice tomba, ruiné par Faction du temps, si touteFots Ton peut admettre (|«e la construction romane priiuiU\e avait eu la force de K'.si.sler jusqu'à cette époque. 11 esl prultaltle rpie le monument fut réparé dans le cours du xi'^ ou du xn* siècle, à ce * temps de grandes entreprises d'architecture religieuse dans tontes les provinces de France. Néanmoins nul document historique n'est arrivé jusqu'à nous, de ces siècles les plus obscurs du moyen âge , en faveur de celte opinion.
Une nouvelle église de\diL proniptemeul sortir de dessous