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les débris de Tandeniie. Un immense entraînement vers les
grandes choses se faisait encore sentir dans les cœurs catlioliques; la fin du xiii* siècle n'était pas réduite à cet état d'impuissance qui caractérise les siècles postérieurs; U restait dans les esprits quelques étincelles de ce feu généreux qui avait animé longtemps les populations de l'Occident. Raymond de Galmont entreprit avec lèle la reoonstructton de son église épiscopale ; il fit appel aux fidèles de son diocèse. La voix de Tevèque tiimuut alors écho dans tous les cœurs; régoïsme, cette hidense plaie des siècles indifférents, n'avait pas comprimé les sentiments généreux. Les chroniques contemporaines nous ont transmis le religieux et poétique tableau qu'offraient les populations lorsqu'il s'agissait d*élever un temple au Seigneur. -
La sainte entreprise fut commencée à Rodes avec enthousiasme , mais elle ne fut pas continuée aveu la même ardeur, Une fouie de cii'c<)nt>taiiLes malheureuses vinrent arrêter le premier essor, tirent languir les travaux , qui se continuèrent mollement pendant plusieurs siècles. Raymond de Calmoot mourut en 1292, et fut remplacé par Bernard du Moustier, et plus tard par Gaston de ùm, qui ne firent que passer. Pierre de Plaigne-Chassagne fut un évêque plein de talents et de mérite, mais ses (jualilés furent cause (ju'il ne résida pas à Uodez; les souverains pontifes lui confièrent fréquemment les missions les plus délicates.
Malheureusement pour l'achèvement de la cathédrale, pendant que les papes séjournèrent à Avignon, les évéques de Rodes résidèrent à la cour pontificale, et mirent à leur place un vicaire chargé de Tadministration. En des mains étrangères, l'œuvre dut nécessairement beaucoup souffrir; c'est à peine si, dans !e cours d'un siècle, les historiens ont à enregistrer quelques augmentations et quelques embel-
CATUËbKALES Ut FKANCE.
lîasements apportés aux traYaux déjà avancés. Les chapelles et les travées étaient saccessivement bâties par les évèques,
qui laissaient à leurs successeurs le soin de coatinuer. Ce fut un héritage qu'ils se trausmireut ainsi jusqu'à Francis d'Estaing.
Guillaume de la Tour d'Oliergues, évèque de Rodes au nfilieu du iv* siècle, se voua tout entier à l'accomplissement des projets si lentement et si mollement exécutés. Les ressources ne lui manquèrent pas : déjà le chœur était achevé ;
Guillaume continua la nef jusqu'à la quatrième travée. Aloi-s il se démit de Tépiscopal en faveur de son neveu Bertrand de Chalenron. Celui-ci crut qu'il était de sou devoir de travailler à réaliser les desseins dont Guillaume avait poursuivi l'exécution avec taal d'ardeur. l;e palais épiscopal faisait obstacle à Pagrandissement de hi nef; l'évêque n'hésita pas à le sacriCer. Ce fut encore lui, le premier, qui entreprit des travaux dVmbellissement à Tintérieur de sa cathédrale. Il fit sculpter cette boiserie, Tune des plus belles, sans contredit, de celles qui ornent les cathédrales de France, et l'un des plus curieux monuments de la sculpture sur bois à la Ha XV* siècle. Cest au même évéque que nous devons encore la construction du jubé qui ferme le diœur du côté de la nef; ce jubé, quoique mutilé, est précieux cependant sous le rapport de l'art. Tant de constmctions du même genre ont été démolies, ([non est tmijours lieuieux d'en retrouver les restes amverls de la spleudide décoration aichileclurale du moyen Age. Le jubé de Rodez est loin, assurément, de celui de la cathédrale de Saiute-Cécile d'Albi et de celui de réglise paroissiale de Sainte-Madeleine à Troyes; il mérite néanmoins d'attirer Tattention des ai«héologues.
Le bienheureux François d*Estaing devait mettre la dernière niam aux travaux de la cathédrale de Uodez. Quoique