‹ Les plus belles cathédrales de FranceChapitre 67 sur 78 · RODEZ · texte numérisé non relu

RODEZ

première appartiendront la plupart des chapelles qni sont * autour du chœur et les premières travées du chœur lui*

même ; elle correspond au xi\'* siècle. Pendant la seconde» c'est-à-dire au xv* siècle, le chœur fut terminé et une î^r.inde partie de la nef, en même temps qu'on élevait le jubé et que l'on sculptait les stalles. Le nom de Franrois d'Estaing remplit la troisième ; il acheva la nef, et fit construire la tonr. Enfin tout ce qui est du style de la renaissance occupe la quatrième période; e^estle temps de Georges d'Armagnac, de Philandrier et de Bachelier. »

Voici les principales dimensions de la cathédrale de Rodez : longueur totale, quatre-vingt-dix-sept mètres quarante-cinq centimètres dans œuvre ; la plus grande largeur prise dans la croisée, d'une porte à Tantre, est de trente-six mètres; la haiiteur sous def de voûte est de trente-trois mètres j hauteur de la tour principale, quatre-vingts mètres.

Le plan de la cathédrale est en forme de croix latine, avec collatt'raux et chapelles accessoires, air nombre de vingtsept. Celles qui accompagnent la nef et les deux premières du côté du chœur, au delà du transsept, sont élevées sur un plan carré, tandis que celles qui rayonnent autour du sanctuaire sont disposéies sur un plan hexagonal.

Pour terminer cette notice mt Notre-Dame de Rodes, il nous suffira d'apprécier l'effet général des principales parties du monument et d'indiquer les caractères de rarchileo ture qui a présidé à leur érection.

Le chœur, bâti dans de belles proportions, est complètement isolé de la nef par le jubé, qui, comme un voile mystérieux, sépare Tenceinte réservée au clergé du reste de réglise destiné à l'assemhlée des fidèles. H est composé de travées élégantes, assez larges dans tout le pourtour, excepté au rond-point de Tabside, où les piliers sont plus rappro-

CATHÉDRALES DE FRANGE

' chés. En cet endroit les arcades ogivales sont surélevées et aigufis ; les fenêtres sont également plus étroites et plus lancées. Les détails de rarcbitecture sont traités avec toute la perfection que l'on était en droft d'attendre d'artistes habiles et religieux. On conçoit sans peine que toutes les magnificences de Viivi aient ék' réservées pour le Saint des saints. Autour de l'autel sur lequel se célèbrent les plus redoutables et les plus augustes mystères, il était convenable que le génie de l'homme ouvrit tous les trésors de la décoration monumentale pour préparer à Jésus-Christ un lieu moins indigne de sa présence. Quel esprit pourrait rester froid au spectacle des pompes éblouissantes et de la poésie céleste qui régnent dans la région privilégiée de l'abside? l/amour de la religion, la foi en ses dogmes, la soumission à ses préceptes prédisposent au sentiment et à Tintelligence des beautés propres à nos basiliques.

Les piliers du chœur el de la nef 'n*offrent pas Tordon-

• nance pittoresque qu'ils ont habituellement dans les monuments du X1U* et du XIV* si^le. De simples nervures prismatiques viennent mourir à la suri u » du pilier avant d'avoiiatteint les feuilles du chapiteau. Les galeries, lourdes et obscures, n'entourent pas l'édifice de cette couronne lumineuse qui brille en tant d'églises du même âge. Les fenêtres sont divisées par de grêles colonnettes prismatiques qui se terminent en se rontonmant sous la forme de cœurs, de flammes ou de figures fantastiques.

Les boiseries du chœur sont très-remarquables. Nous laisserons parler iM. l'abbé Magne, qui les a décrites dans un si vie ( oloré : « Qu'on se représente une suite non interrompue de dais sculptés avec toute la profusion ordinaire au xvi* siècle, ornés de festons découpés avec tant de finesse, qu'ils semblent une légère guirlande de feuillage. Tous ces dais

AODËZ.

8ont reliés aux stalles par un panneau également sculpté, rempli d'arcades simulées, d'ogives, d*arcs*triloI)és, de

quatre-feiiilles. De chaque côté des stalles s'élèvent en gerbe des (uiiettes qui, partant d'une base commuiie, v uni se réunir aux petits tores du dôme supérieur. Ces tores aboutissent tous eux-mêmes à une même clef de voûte dout Télégance est tout à fait en harmonie avec l'ensemble de ce petit chef-d'œuvre. Le trône ëpiscopal, qui se trouve à l'une des extrémités du côté du sanctuaire, est plus remarquable encore : la stalle proprement dite est formée de trois jianneaux, dont les deux latéraux sont découpés à jour; le dôme supérieur a de curieux un uiagmlique pendentif, le seul que Ton remarque dans toute la cathédrale; il s'élève ensuite en forme de pyramide flanquée à chaque angle de quatre clochetons toujours sculptés avec la même él^ance et la même variété. »i

Le trait caractéristi^iue de l'extérieur de cette église, c'est la haute tour de François d'Ëstaiug, si pompeuse et si parée. Le portail est sans ornements.

NOTRE-DAME

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