RODEZ
son successeur, Georges d'Armrîc:nac, ait fait terminer quelques accessoires déjà coniiiicucéî», il n'eu est pas moins vrai que le pieux François dTstnin^i doive être regardé comme le restaurateur de la cathédrale. L'érection de la tour principale eût suffi pour immortaliser son nom. Pour en faire la description, nous citerons les paroles d'un de ses plus dignes successeurs, M*' Pierre Giraud, que son éloquence a fait transférer à Cambrai, sur le siège de Fénelon, et élever ensuite aux honneurs de la pourpre romaine.
« Vous connaissez ion<; . (lisait le savant évèque dans une lettre pastorale sur les cloches, vous connaisses tous cette superbe tour de notre église cathédrale, chef-d'œuvre de Part chrétien, nohie couronne de Rodez, honneur de la province, merveille du Midi, immortel témoignage du goût éclairé et de la riche iniiiiiliceuce d'un de vos plus irrands et de vos plus saints évëciues, devant laquelle s inclinent les plus fiers clochers de vos églises, comme d'^humhles vassaux qui rendent hommage à un puissant et redouté suzerain. Dans le pieux orgueil que vous inspire la possearion de ce monument incomparable, voua en parles avec enthousiasme à vos enfants dès qn*ils sont capables de sentir et de comprendre, et vous leur faites désirer comint' une réi:om})ense rheun iix jour où ils pourront satisfaire celle ardente curiosité que vos récits ont éveillée dans leur jeune imagination. Vous en emportez Timage dans vos coeurs quand vous quittes vos foyers, et, dans vos pérégrinations lointaines, nationaux et étrangers, également émerveillés, prêtent à vos discours une oreille charmée lorsque vous leur racontes sa hauteur fabuleuse , le luxe de ses galeries en dentelle , la richesse et le fiui des oruements qui la décorent. Le voyageur qui la contemple pour la première fois s'arrête, immobile d'admiration, devant cette masse prodigieuse, pourtant légère.
CATHÉDRALES UE FRANCE
qui, par la hardiesse de sa constrnctioii et la délicatesse de sps ouvrages, semble justifier la légende naïve où nous lisons quo les anges, aux heures de repos des ouvriers, se partageaient ce beau travail au bruit des conœrts célestes; rhahitaDt même de la cité, que l'assidoité de son aspect devrait avoir durd aux émotions qa*il fait naître, ne passe point soiis son ombre vénérable sans lever sur elle un regard oîi se peint visiblement Témotion d*une surprise toujours nouvelle. »
dette description poétique de la tour de Rodez donne une juste idée de sa magnificence.
Tout, dans Téglise de Rodes, n'est pas également à louer. Des travaux exécutés sous le cardinal d'Armagnac, d*apiès la direction de son secrétaire Pbilandrier, font disparate avec le reste de Tédifioe. Philandrier avait étudié I Rome les principes de l'architeclure dans les livres de Vitnive et d»'s autres écrivains de la renaissance, et surtout dans les œuvres qui s'élevaient de tous côtés dans la capitale du monde chrétien, grâce à Tiofluence et au patronage du pape Léon X. De retour dans sa patrie, il voulut en faire TappUcation , et e*est à cela que nous devons le fronton qui regarde la place d'Armes. Quelques dispositions intérieures, entreprises sous la direction de Bachelier, ne sont pas moins à déplorer, au point de vue de l'art et de Tunité Je style. ■ Les ornements, fussent-ils jetés avec profusion, ne peuvent jamais couvrir entièrement une faute; èt quel contre-sens ridicule que cette lourde tribune qui occupe le fond de la nef et se prolonge sur les chapelles des bas célést
« Si maintenant, dit M. Tabbé Magne, nous voulons embrasser d'un seul coup d'œil la longue suite de siècles que nous venons de parcourir, iii'U!> dislinf^uerons quatre i-»ériodes dans la construction de la cathédrale de Rodez. A la