‹ Les plus belles églises du mondeChapitre 1 sur 84 · IF · texte numérisé non relu

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INTRODUCTION

> étudiant l’antiquité dans les écrits des historiens grecs et latins, on conçoit une vive admiration pour rarchitecture des temples consacrés aux fausses divinités du paganisme.

Rien n’égalait la magnificence qu’on ^ y avait déployée, s’il faut en croire le récit des auteurs, et prendre à la lettre les pompeuses descriptions qu’ils nous en ont 1 laissées : ce n’étaient que colonnades de marbre , vastes portiques, statues, ornements d’or, d’argent , de bronze , d’ivoire , où la perfection du travail surpassait le prix de la matière. L’emplacement était choisi de manière à mettre en évidence la pureté des lignes et l’harmonie des proportions. La vue des ruines qui jonchent encore le sol de la Grèce et de ritalie ne dément pas l’histoire. Jusque dans les débris mutilés des monuments antiques, on retrouve le

INTRODLCTION.

cachet du bon goût; on est attiré par ce charme indélinissable de la beauté artistique qui captive toujours Fâme des hommes instruits.

On se tromperait cependant si Ton pensait que tous les temples païens étalaient la même richesse . La plupart étaient simples et petits. L’enthousiasme des auteurs s’échaufFa seulement à l’aspect des chefs-d’œuvre , et de ces monuments célèbres dont les dimensions étaient augmentées , pour ainsi dire , par le contraste des autres édifices. Beaucoup de temples furent bâtis en brique et couverts de tuiles , (juel- ({uefois même de roseaux. Dans ces étroits sanctuaires dix personnes eussent été gênées ; le mobilier consistait en deux trépieds , et une table destinée à recevoir les offrandes ; l’idole et le prêtre disparaissaient dans la fumée d’un grain d’encens.

Si le goût des architectes trouva un champ suffisant pour s’exercer dans les édicules sans nombre que la superstition élevait en tous lieux, depuis les sanctuaires de Rome consacrés à la Fièvre, à la Faim, à la Peur, jusqu’à celui de la Toux, à Tivoli, et aux chapelles érigées aux dieux domestiques , leur génie ne prit son essor avec hardiesse (pie dans la construction des monuments civils, tels que les thermes, les amphithéâtres, les basiliques et les palais. Le Panthéon d’ Agrippa nous donne une grande idée des ressources dont l’art de bâtir disposait sous les premiers empereurs; mais les arceaux gigantesques et les larges voûtes des thermes de Dioclétien ou de Caracalla, et de l’amphithéâtre de Yespasien, sont propres à faire comprendre la force et la puissance romaines. Au milieu de ces ruines imposantes et des murs croulants du Palatin, rimagination s’avoue à elle -même qu’elle était restée audessous de la réalité.

IMUODÜCTIÜN.

Les modernes , il faut en convenir , ont surpassé les anciens dans la construction des édifices sacrés. Aux nobles bâtiments d’Athènes et de Rome nous avons à opposer des monuments presque innombrables , l’orgueil de toutes les villes de l’Europe chrétienne. Depuis Constantin le Grand jusqu’à Pie IX, dans tous les pays soumis à l’empire de la Croix, l’art, inspiré par la foi religieuse, a créé mille œuvres sublimes ou charmantes , dont les dimensions , non moins que l’élégance et l’originalité , exciteront à jamais la surprise et l’admiration. Dans les contrées sauvages où les aigles romaines , malgré la puissance de leur vol , n’ont pu parvenir , où le génie antique n’a exercé aucune influence , se dressent ces immenses cathédrales , merveilles des âges de foi , dont les voûtes légères s’élancent à des hauteurs prodigieuses , dont les flèches vont se perdre dans les nues , et porter le signe de la rédemption jusque dans la région où se forment les orages. Au sein des moindres villages, au fond des solitudes peuplées d’abord et défrichées par d’humbles moines , des églises superbes attestent la vigueur et la fécondité du génie chrétien. Sainte-Sophie de Constantinople; Saint-Marc de Venise; Saint-Pierre de Rome et de Cologne; Notre-Dame de Florence, de Milan, de Chartres, d’Amiens, de Reims, de Paris, d’Anvers et de Rurgos; Saint-Étienne de Rourges; les cathédrales de Cantorbéry, d’York, de Lincoln, de Salisbury; les abbatiales de Saint- Ouen, de Saint-Denis, de Westminster; les clochers de Saint-Étienne de Xfienne, de Strasbourg et de Fribourg en Rrisgau , quels monuments! Et combien ■sommes -nous obligé d’en passer sous silence 1 Pour avoir une juste idée du mouvement et du progrès imprimés par la religion à Fart de bâtir , qu’on se rappelle qu’en France , avant la révolution de 1793, il y avait trente mille églises, quinze

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