‹ Les plus belles églises du mondeChapitre 10 sur 84 · SALNT-JEAN-DE-LA TH AN · texte numérisé non relu

SALNT-JEAN-DE-LA TH AN

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distance que l’œil a de la peine à mesurer, sont envahies par une foule immense qui se presse et s’agite. Une rumeur confuse plane sur cette multitude, comme le bruit des vagues poussées sur le rivage. Tous les regards sont fixés sur le portique du temple. An moment où paraît la figure du pontife et (pi’il lève la main pour donner la bénédiction solennelle Urhi et Orbi, le canon tonne; au tumulte succède un profond silence, tous les fronts s’inclinent, chacun rend hommage au prince des pasteurs.

Plus de vingt conciles, dont cinq généraux, furent célél)rés dans la basilique de Latran; six autres conciles s’assemblèrent dans le palais patriarcal. L’Église y condamna les maximes immorales des manichéens du moyen âge et les erreurs de l’archidiacre Bérenger touchant la présence réelle. Le palais de Latran était attenant à l’église. Il était autrefois composé d’une masse de l)âtiments dont l’ensemble, d’une forme irrégulière, était beaucoup plus considérable que l’édifice actuel. Après (pie les papes eurent fixé leur résidence aux palais du Vatican et du Qiiirinal, l’antique demeure des ÏMterani , des empereurs, de saint Sylvestre et de ses successeurs, plusieurs fois rebâtie, agrandie et (kîcorée, témoin de tant d’événements célèlires, où tant de princes avaient reçu une hospitalité magniPupie , d’où étaient parties tant de lois pour régir le monde, ressembla bientôt à une ruine. Léon X y habita quehjue temps après son élection. L’édifice actuel, construit sous les ordres de Sixte-Quint, a été transformé récemment en musée d’antiquités. Poimjuoi tairions-nous que nous avons éprouvé un sentiment pénible en parcourant ces salles

silencieuses, où sont étalés qiiel(|iies débris de ranti(|iie Rome? Tout en admirant les belles statues en marbre blanc de la famille d’Auguste et la mosaïque des Thermes de Caracalla, comment oublier les grands pontifes dont l’image remplit encore ces lieux? C’est ici que vécurent saint Grégoire le Grand, saint iMartin , pape et martyr, saint Grégoire VII , Innocent II î Ici passèrent Constantin , Charlemagne , saint Bernard , saint François d’x\ssise, saint Dominique! Quelques curieux maintenant interrompent à peine la solitude de ce monument.

Le baptistère de Constantin , qui faisait partie des anciens bâtiments de Latran, conserve encore les dispositions primitives de la construction du iv® siècle; les ornements seuls ont changé. C’est un édifice octogone, surmonté d’une lanterne d’architecture de même forme. Les fonts sont au centre , entourés de huit belles colonnes de porphyre; on y descend par trois degrés. L’eau sainte y est conservée dans une urne de basalte. Autrefois les papes y venaient en grande pompe le samedi saint, pour bénir les fonts et administrer eux -mêmes le baptême à quelques néophytes. Charlemagne assista à ces graves cérémonies sous le pontificat d’Adrien P”'; ce pape reconstruisit le bâtiment déjà fort délabré. L’empereur Constantin avait enrichi ce baptistère de dons nombreux ; nous mentionnerons seulement la statue du Christ, haute de cinq pieds , en argent , et du poids de cent soixante-dix livres; et la statue de saint Jean-Baptiste , de même taille , et pesant cent livres. Le Précurseur tenait en main un rouleau sur lequel on lisait cette inscription : Ecce Aginus Dei, qui tollit peccata wundi.

Avant de quitter la basilique de Latraii, il faut voir le cloître élégant du \if siècle, dont les arceaux reposent sur de charmantes colonnettes incrustées de mosaïques.

l.e 12 avril 1850, après une révolution qui laissera dans riiistoire les plus tristes souvenirs , le quartier de Latran offrait un spectacle propre à réjouir tous les cœurs catholiques. Pie IX, de retour de son exil à Gaëte, reprenait possession de sa capitale que lui avaient rendue les armes victorieuses de la France. A l’agitation et à la terreur succédaient le calme et la sécurité. La postérité la plus reculée redira ce fait si glorieux pour notre pays. La France restera toujours la fdle aînée de l’Église!

Tvm. 7

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HASILIOIJK DE SAIM-PIEIUIE

A ROME

(le

U pied du mont des Oracles ou Vatican et jusqu’au bord du Tilire, s’étendaient jadis des prairies et des champs cultivés; de pauvres chaumières étaient disséminées sur le sol où se pressent aujourd’hui tant de pompeux monuments. Ici Cincinnatus conduisait la charrue quand ses concitoyens, surs de son génie et de sa ver lu, vinrent lui offrir le titre de dictateur. Là s’élevaient les temples d’Apollon, de Mars et de Cybèle, et des tombeaux fastueux. Sous l’empire, ces campagnes se changèrent en parcs et en jardins de plaisance» où les maîtres dn monde jouissaient de la solitude donnaient des fêtes bruyantes. La voie Vaticane, avant traverser le lleuve sur un pont détruit à l’épocpie de

SAINT-PIERRE

l’invasion des barbares, passait sur le flanc du monticule, et dans le voisinage de la basilique actuelle de Saint- Pierre , prenait le nom de voie Triomphale , qu’elle gardait jusqu’au sommet de la colline du Capitole. Sur remplacement de l’église et suivant la longueur de la nef, le Cirque de Néron , où cet empereur cruel et bouffon se plaisait à guider lui-même un char pour montrer son adresse, présentait une vaste arène, entourée de nombreux gradins. Au milieu se dressait l’obélisque de granit rose apporté d’Égypte, à grands frais, par ordre de Caligula; il fut transporté, en 1586, sur la place de Saint-Pierre par la volonté de Sixte -Quint. Des milliers de chrétiens versèrent leur sang pour la foi dans ce cirque, ou périrent dans les jardins de Néron, victimes de supplices efProyaliles rapportés par Tacite.

Peu de temps après ces scènes de persécution, saint Pierre et saint Paul furent jetés dans la prison Mamertine. Cette prison, qui remonte aux premiers temps de Rome, avait été construite au-dessus du Forum et au bas du Capitole par Ancus Martius et Tullus Hostilius. Elle se composait de cachots et de souterrains qui subsistent encore. Dans un précipice ouvert au centre de ces sombres cavernes on jetait (pielquefois les criminels; d’autres fois on les étranglait ou on leur tranchait la tête, et on abandonnait leurs cadavres sur l’escalier des gémonies. Les rois captifs, après avoir orné le triomphe des vainqueurs, y étaient confondus avec les voleurs et les assassins, et y expiaient dans une affreuse détresse le crime d’avoir défendu courageusement leur indépendance. Dans ce noir et impur séjour, saint Pierre

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fit briller la lumière de TEvangile ; il convertit et baptisa les geôliers Processus et Martinianiis, ainsi que quarante-sept prisonniers. Au coin d’un antre obscur coule encore la fontaine limpide qui jaillit à sa voix, suivant une pieuse tradition. De là saint Paul, charge de chaînes pour Jésus -Christ, écrivait à Timothée: « J’ai combattu un bon combat; j’ai consommé ma course. »

Le 59 juin de l’an 66, les deux apôtres furent tirés de ce triste repaire et conduits au supplice. Saint Pierre fut mené au sommet du Janicule, où était le quartier des Juifs. Il demanda comme une grâce d’être attaché sur la croix la tête en bas, par respect pour Celui qui a sanctifié cet instrument de supplice et racheté le monde par la croix. Des fidèles mêlés à la foule furent témoins de la mort glorieuse du Prince des apôtres. Deux femmes pieuses, Basilisse et Anastasie, bravant le danger et les menaces des bourreaux , furent surprises au moment où elles recueillaient le sang du martyr ; elles eurent la tête tranchée aussitôt. Le corps de saint Pierre fut déposé dans les grottes du Vatican, non loin de la voie Triomphale. Rome alors ne s’émut guère du supplice d’un inconnu ; c’était cependant pour cette ville le commencement de destinées nouvelles, plus brillantes encore que celles qu’elle devait à la force de ses armes et à l’habileté de sa politique. Le chemin du tombeau de saint Pierre devait l)ientôt devenir une voie de triomphe, où les populations accourues de toutes les contrées de runivers allaient se pousser et se succéder à flots pressés.

Saint Paul fut emmené aux Eaux-Salviennes, à trois milles de Rome; il fut attaché à une colonne de marbre

SAINT-PIEURE.

et décapite. On raconte que sa tete en tombant fit trois bonds à terre, et que trois fontaines jaillirent an même instant. Son corps fut enseveli par une sainte dame nommée Lucine, dans un terrain de son domaine. Audessus du sépulcre s’élève actuellement la superbe basilique de Saint-Paul- liors-des-Murs.

En l’honneur de ces deux grands apôtres et en témoignage de leur séjour à Rome, des temples magnifiques ont été édifiés dans tous les endroits consacrés par leur présence. La prison Mamertine a été transformée en oratoire. La belle église de Saint-Pierre m Montorio couronne les hauteurs du Janicule, et un charmant édifice en marbre, œuvre du Bramante, recouvre l’endroit où l’on pense (jue la croix fut plantée. Derrière les Thermes de Titus, l’impératrice Eudoxie fit bâtir la riche basilique de Saint-Pierre-ès-Liens, où l’on conserve les chaînes portées par l’apôtre à Jérusalem et à Rome. Aux Eaux-Salviennes s’élève l’église élégante de Saint-Paul-aux-trois-Fontaines, non loin de l’anticpie monastère de Saint-Anastase. Dès le premier siècle, saint Anaclet, troisième pape, établit un modeste oratoire dans les cryptes du Vatican : là s’élève rillustre basilique de Saint-Pierre et se trouve la chaire apostolique.

Avec quelle émotion profonde nous avons visité ces sanctuaires vénérables! Nous sommes descendu dans les cachots humides de la prison Mamertine ; nous avons gravi les pentes escarpées du Janicule; nous avons baisé la colonne de Saint- Paul aux Eaux-Salviennes; nous nous sommes agenouillé au tombeau des saints apôtres !

Enfin lions avons suivi la Iraco de leurs corps précieux jns(in’au\ cataconihes de Saint-Séhaslien , sur la voie Appienne, on ils restèrent cachés durant (pielques années, et d’où ils furent transférés avec lionneur par le pape saint Corneille.

Lorsque Constantin, par la protection du Ciel, eut remporté la victoire sur Maxence, son compétiteur à l’empire , il fut le premier des triompliateurs romains (pii ne monta pas au Capitole remercier les dieux. Vers l’an 324, il jeta les fondements de la basilique de Saint- Pierre, au Vatican. Cette cérémonie eut un caractère imposant; on y remarqua plusieurs circonstances dignes d’être rapportées. Au jour fixé, disent les historiens, on vit arriver processionnellenient en ce lieu le pape Sylvestre, accompagné d’un clergé nombreux et d’une foule immense de fidèles. Les chrétiens commençaient enfin à respirer. Ce fut un spectacle bien extraordinaire pour le peuple romain lorsqu’il vit passer ces humbles prêtres, hier si méprisés, aujourd’hui si radieux, chantant de saints cantiques. L’empereur suivait le pieux cortège, dans toute la pompe de la majesté impériale. Arrivé sur les lieux jadis arrosés du sang des martyrs , Constantin se prosterna la face contre terre ; il se releva les yeux baignés de larmes. Après avoir quitté son manteau de pourpre , son diadème et les autres ornements impériaux, il prit une pioche, ouvrit le sol, et porta sur ses épaules douze paniers pleins de terre en riionneur des douze apôtres. Il suivait en cela l’exemple de Vespasien : lorsque ce prince fit rebâtir le Capitole détruit par un incendie, il voulut travailler de ses propres mains â

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ce nol)le ouvrage, et il emporta sur ses épaules les premières charges de terre tirées des fondations.

Le travail de la basilique fut poussé avec une extrême vigueur. L’empereur en surveillait attentivement la marche et les progrès; pour en hâter rachèvement, il ordonna d’enlever des colonnes de marbre et d’autres matériaux aux monuments anciens abandonnés ou démolis. Le tombeau d’Adrien perdit alors ses plus beaux ornements. Rien n’est plus commun à Rome que de voir dans les églises actuelles des colonnes précieuses arrachées aux édifices antiques ; la manière dont ces colonnes sont posées indique trop souvent la précipitation ou l’inhabileté des architectes. La basilique de Saint-Pierre fut terminée en un an, et le pape saint Sylveslre en fit la dédicace le 18 novembre 324. Cette cérémonie s’accomplit avec une imposante solennité. La basilique était resplendissante d’or, d’argent , de bronze, de marbres, de mosaïques, de peintures et de pierreries. Jamais tant de richesses n’avaient été entassées dans un même lieu. On y voyait briller les vases sacrés, les lampes, les candélabres et mille ornements dont Anastase le Bibliothécaire s’est plu à faire l’énumération. Le corps de saint Pierre fut placé avec respect dans une chasse d’argent, hupielle fut enfermée dans une autre chasse eu bronze doré. On mit au-dessus une croix d’or fin du poids de cent cinquante livres. Sous l’autel , la Confession , couverte de plaques de métal précieux, remplaça l’oratoire de Saint-Anaclet. Non content de ces dons splendides, l’empereur assura des revenus considérables à la basilique. Les biens-fonds

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qu'il concéda étaient situés en Italie, en Afrique, en Asie, notamment à Tyr, à Alexandrie, à Antioche, et jusque sur les rives de l’Euphrate. Nous apprenons des plus anciens historiens ecclésiastiques que la plupart de ces biens étaient des propriétés jadis confisquées sur les martyrs, dont alors on ne retrouvait plus les héritiers.

La basilique de Saint-Pierre était à cinq nefs séparées par quatre-vingt-seize colonnes de marbre, sans compter celles qui servaient uniquement à* la décoration. Toutes ces colonnes étaient en marbres choisis et de la plus grande beauté. L’édifice avait cent dix mètres environ de longueur, et soixante-quinze mètres environ de largeur. Le transsept, avec ses bras allongés, donnait à l’ensemble la figure de la croix. Soixantequatorze fenêtres répandaient une abondante lumière à l’intérieur. Saint Grégoire de Tours, ébloui de tant de magnificence, parle de ce temple avec la plus vive admiration. La foule des pèlerins était toujours considérable au tombeau du chef des apôtres : on s’y rendait de tous les pays de la chrétienté ; les ditficultés et les périls d’un lointain voyage ne refroidissaient pas la dévotion. Les étrangers étaient quelquefois si nombreux dans les rues de la ville, que les écrivains les comparent à des « nuées de fourmis et d’abeilles. » Les empereurs, les rois, les princes, cédaient à rentraînement universel, et, dans la ferveur de leur piété, ils se prosternaient aux pieds du pêcheur de Galilée, humiliant l’orgueil du diadème devant la pauvreté du premier vicaire de Jésus- Christ. Charlemagne ne monta les degrés du sanctuaire qu’en les baisant l’iin après l’autre. Fulrade, abbé de

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Saint-Denis , déposa sur le tombeau de saint Pierre l’acte de donation des villes et des provinces dont Pépin faisait hommage au successeui* du prince des apôtres. Beaucoup d’empereurs furent proclamés et couronnés dans cette enceinte vénérable; nombre de saints y reçurent les honneurs de la canonisation.

Rome païenne avait vu jadis les étrangers vaincus traînés au Capitole à la suite du char de triomphe des conquérants, vendus comme de vils troupeaux d’esclaves, méprisés comme des gens ignobles et des barbares ; Rome chrétienne vit et voit encore les puissants du siècle, les artistes, les savants et les littérateurs, les grands et les petits, venir volontairement s’agenouiller devant les »< trophées des martyrs ^ ».

La basilique construite par Constantin, entretenue et restaurée avec amour durant le moyen âge, a disparu pour faire ])lace au monument actuel. Nous n’en ferons pas la description, quelque attrait que présente ce sujel à l’antiquaire chrétien. Les historiens romains ont consacré à ce vieil et saint édifice des pages remplies du plus vif intérêt, où la science et la piété trouvent ample satisfaction. Nous leur emprunterons seulement quelques détails sur la Confession de Saint-Pierre.

La Confession, qui avait succédé au modeste oratoire consacré par saint Anaclet , était une espèce de crypte ou de sanctuaire souterrain creusé immédiatement audessous du maître-autel. On y descendait au moyen

1 Les auteurs ecclésiastiques des premiers siècles désignent souvent les tombeaux des saints apôtres Pierre et Paul sous le titre de Martyrium, de Trophœn Martyrum , et de IJmina. ApostcAorum.

d’im escalier de marbre. De fortes grilles en fermaient l’entrée. Un second autel était érigé au-dessus de l’endroit où repose la châsse. Le fond de la cellule souterraine était orné d’un tableau en mosaïque, exécuté sur l’ordre du pape saint Léon Jll, et représentant Notre-Seigneur bénissant de la main droite, et tenant de la gauche un livre ouvert dans lequel on lisait ces mots : « ego sum

MA, VERITAS ET VITA ; QUI CREDIT IN ME VIVET. Je Suis la

voie, la vérité et la vie; celui qui croit en moi vivra. » Le Christ était accompagné des apôtres saint Pierre et saint Paul. Une ouverture carrée, pratiquée dans le pavé du sanctuaire et garnie d’une petite porte en bronze, donnait sur la châsse. Les souverains pontifes, avec une louable émulation, avaient décoré ce sanctuaire auguste. Léon III en revêtit le pavé de lames d’or, l’entoura de grilles d’argent, et y plaça quatre anges du même métal. Ces richesses ayant été enlevées par les Sarrasins, qui pillèrent la Campagne romaine sous le règne de Sergius II, Léon IV les rétablit en grande partie. Adrien avec un luxe inouï, posa devant la Confession des balus- I rades en or, pesant cinquante-six livres.

Le maître-autel était carré, composé de marbres rares, étincelant d’or, d’argent, de pierreries, et surmonté d’un baldaquin de vermeil , que supportaient (fuatre colonnes de porphyre. Il était précédé de douze colonnes torses en marbre blanc, ornées de pampres, et provenant, dit-on, du temple de Salomon il en résul-

I Huit de ces colonnes se voient aujourd’hui aux balcons établis sur les piliers de la coupole, du côté de la Confession.

SAINT-PIERRK.

(ail un si merveilleux ensemble, que, suivant l’expression de saint Paulin de Noie, les yeux des spectateurs en étaient éblouis.

Ce splendide autel devint plus riche encore par la suite. Les papes et les princes y ajoutèrent sans cesse de nouveaux ornements, cherchant par tous les moyens possibles à en accroître l’éclat et la majesté. Valentinien III y plaça un petit édifice d’or à douze portes, couvert de pierres précieuses, rehaussé de bas-reliefs et d’images, au milieu desquelles se détachaient celles du Sauveur et des apôtres. Saint Zacharie offrit un tapis de drap d’or, brodé en perles et en pierreries, sur lequel on avait représenté la Nativité de Notre- Seigneur. Au rapport d’Anastase le Bibliothécaire, de Bonanni et de Severano, les ornements en or de la Confession et de l’autel, au temps du pape Adrien étaient du poids de six cent soixante-quatre kilogrammes h

Nous devons ajouter, avant de passer à l’iiisloire de l’église moderne de Saint-Pierre, que la Confession primitive n’a ])oint subi de changemeuts à l’époque de la reconstruction de la basilique vaticane ; Paul V s’est borné à en refaire les abords. Vers la 6n du xvi® siècle, en travaillant au pavé, on découvrit la crypte obscure ou repose le corps de l’Apôtre. Clément VIII, accompagné de Bellarmin et de deux autres cardinaux, descendit dans la grotte sacrée, et, à la lueur d’une torche, il contempla la croix d’or posée sur la châsse par Cons-

1 Kon:mm, Nu7m'smnta , p. U4. et seq. — Severano , Sr/er., toin. I,

p. 111 et sniv.

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tantin. A cet le vue, le pontife et les assistants furent saisis d’une émotion profonde. Le pa[>e ordonna ensuite de fermer cette ouverlure en sa présence.

A|)rès onze siècles d’existence et de gloire, la basilique menaçait ruine. En 1450, Nicolas V, qui occupait la chaire de saint Pierre, conçut le dessein d’ériger un nouvel édifice, plus vaste que le précédent, et dont la splendeur, dit un historien contemporain, l’emportât même sur le temple de Salomon. « Le pape Nicolas V, dit M. Eugène de la Gournerie, est un de ceux qui ont le plus de droits à la reconnaissance de la postérité. L’amour des grandes choses s’alliait en lui à la simplicité du chrétien. Généreux jusqu’à la prodigalité, il donnait des sommes considérables pour quelque traduction d’Homère ou d’Hérodote; ses mains étaient également toujours ouvertes pour la pauvreté et l’infortune. Nul prince en Europe n’avait une cour comparable à la sienne : on y rencontrait les historiens Manetti , Bruni l’Arétin , Poggio , Guarini de Vérone , Jean Arispa , Théodore de Gaze, puis Yalla, Philelphe, Georges de Trébizonde, l’architecte Rossellini, le grand Alberti, et l’ange de la peinture, Fra Angelico de Fiesole L »

Habitué au travail dès son enfance, ayant consacré de longues heures à la transcription des manuscrits, Nicolas n’était étranger à aucune branche des connaissances humaines; il pouvait donner des conseils aux littérateurs, des enseignements aux philosophes , et Yasari assure que les artistes eux-mêmes trouvaient en lui un guide

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SAINT-PIERUE.

plein de goût et d’expérience. Il accrut, et on pourrait même dire qu’il fonda la célèbre bibliothèque du Vatican par la précieuse collection de manuscrits qu’il y déposa. Les États romains lui doivent quantité d’établissements d’utilité publique.

Nicolas V fit commencer les travaux de la basilique de Saint-Pierre en 1450, sous la direction de Bernard Bossellini; mais la mort, qui vint le surprendre cinq ans après, arrêta l’entreprise et la fit presque abandonner. Quoique les plans aient été changés plus tard, on doit néanmoins faire honneur à Nicolas Y de ce gigantesque ouvrage. Ceux qui ont condamné le projet de substituer line œuvre nouvelle à la vieille basilique constantinienne, ne peuvent refuser à ce grand homme les éloges que méritent l’élévation de son génie et la hardiesse de ses conceptions.

Lorsque Jules II ordonna de reprendre les travaux, après une longue interruption, il rencontra une assez vive opposition de la part d’un grand nombre de personnages éminents et de plusieurs cardinaux. La tentative de Nicolas V avait ouvert les yeux. On exprimait hautement les regrets qu’inspirait la destiaiction d’un temple si célèbre dans l’univers chrétien, où tant d’illustres pèlerins s’étaient agenouillés, peuplé de tant de souvenirs glorieux à la religion , où s’étaient accomplis tant d’événements qui remplissent les pages de l’histoire. Jules II n’écouta pas ces jilaintes. Le Bramante fut chargé de l’œuvre. Cet artiste, doué d’un esprit ardent, et placé alors en tête du mouvement qui emportait l’Italie, eut la pensée hardie de bâtir quatre hauts piliers au

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