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à hujiiclle il donna son nom, an centre de l’immense territoire soumis à la domination romaine, entre TEiirope et l’Asie, sur les rives d’iine mer ouverte an commerce et facile à fermer aux lourds vaisseaux de guerre, sons un climat tempéré, dans un site ravissant, an milieu de collines et de vallées riantes et fertiles. De son coup d’œil d’aigle, le César avait ^saisi l’importance d’nne position qui lui permettait de surveiller les peuples lointains, dont qnelqnes-nns ne portaient (|u’en frémissant le jong du vainqueur; de là il avait un pied, pour ainsi dire, dans deux parties du monde, et ses navires touchaient aux ports de rAfri{[ue. Ce fut une journée mémorable que celle où le maître du monde civilisé, entouré de ses légions, traça lui-même les limites de la cité.
Byzance, jadis fondée par un roi de Thrace, n’était |)lus qu’une pauvre bourgade dont l’évêque dépendait du métropolitain de Césarée; le nom en était presque ignoré. Constantinoj)le eut d’abord une enceinte de trois kilomètres environ , sans compter les faubourgs. Des édifices somptueux s’élèvent en foule. On admire deux palais magnifiijues destinés à l’empereur, plusieurs places entourées de portiques, un cirque, un hippodrome, un am|)hithéàtre, des bains, des aqueducs, des fontaines en grand nombre. Les temples des faux dieux sont rasés; de riches églises s’élèvent sur leurs débris. Constantin signale sa piété surtout dans la construction de la basili(|ue dédiée à la Sagesse éternelle, à Sainte -Sophie. Tous les arts sont appelés à décorer ce monument, où l’on déploie le plus grand
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luxe. Rien n’égalait l’éclat des marbres rares, des matières précieuses, de l’or, de l’argent, du bronze, des pierreries, des mosaïques, des peintures (pii éblouissaient le regard des spectateurs. Jaloux de faire revivre dans la nouvelle Rome la magnificence de l’ancienne, l’empereur ne néglige rien de ce qui peut en accroître la renommée. Sur la place principale, on voit sa statue sur une belle colonne de porphyre, apportée de Rome a grands frais. Les idoles, arracliées des autels, se rangent en file, sur de hauts piédestaux, le long des rues, sur les marchés et les carrefours, pour l’ornement de la ville et ramusement des passants. Ce ne sont plus des dieux , ce sont des œuvres d’art. Si l’on sent encore, en les regardant, l’attrait que le génie de l’homme inspire et éprouve dans ses créations, personne n'est tenté de leur offrir de l’encens. Au milieu de cette population de statues, venues de tous les coins de l’empire, on distingue l’Apollon Pythien , le trépied de Delphes, les Muses de l’Hélicon; les habitants de l’Olympe, comme on a dit spirituellement, deviennent alors simples citoyens de Constantinople. Sur le seul forum Auf/usteum, on ne compte pas moins de quatre cent vingt -sept statues. La croix domine partout et triomphe ! Dans la grande salle du palais brille une croix d’or, couverte de perles et de pierres fines , où la délicatesse du travail répond au prix de la matière : symbole d’une révolution pacificpie et d’une civilisation qui vient de commencer son cours! Constantinople, fondée en 3^(3, fut inaugurée solennellement le 11 mai 330.
La basilique de Sainte-Sophie fut agrandie par Con-
stance, fils et siiccesseiir de Constantin. Soixante-quatorze ans après, sons feinpire d’Arcadiiis, elle devint la proie des flammes dans une émeute soulevée par les ariens contre saint Jean Clirysostome, à la suite de laquelle l’éloquent et courageux patriarche, le Cicéron chrétien, fut contraint de fuir en exil, où il mourut. Théodose la fit réparer eu 415; mais eu 532, la cinquième année du règne de Justinien, elle fut de uouveau consumée dans un violent incendie allumé par les factions du cinpie. Les rues de Constantinople furent arrosées de sang; trente-cinq mille hommes, dit- on, périrent victimes des passions de la multitude et des vaines disputes soulevées à l’occasion des jeux. Justinien résolut sans retard de réédifier le temple de Sainte- Sophie; plein d’enthousiasme pour cette entreprise, il proclama « qu’il voulait ha tir le pins magnifique monument que les hommes eussent élevé depuis la création. » il manda aux gouverneurs des provinces de rechercher les marbres précieux, les colonnes, les sculptures et tons les riches matériaux qu’ils jugeraient dignes d’entrer dans l’édifice projeté. Ses ordres furent exécutés avec pins de zèle que de gofit. Bientôt arrivèrent à Constantinople les dépouilles des temples, des thermes, des portiques, des palais de l’Asie, de la Grèce, des îles et de l’Italie. I.e préteur d’Éphèse envoya huit colouues de marbre vert tacheté de noir, les pins l)elles qui aient jamais existé, provenant du temple de Diane. Une dame romaine, Marcia, envoya de son côté huit colonnes de porphyre des plus élégantes proportions, empruntées an temple du Soleil, à Balbek. On remarquait parmi
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ces écliaiUillons choisis des ornements venant de la Troade, de Cyzique, d’Athènes et des Cyclades ; le marbre blanc de Phrygie à veines roses, le marbre vert de Laconie, le marbre bien de Libye, le granit ronge d’Egypte, le por[)hyre de Sais. C’était comme le tribut dn monde olïert à l’infinie Sagesse, à Sainte-Sophie!
En contemplant ces matériaux admirables, que jamais souverain ne réunit en telle quantité, Justinien manifestait hantement sa joie et disposait tout pour exécuter promptement le grand onvrage qn’il méditait. Les fondements furent posés le 23 février 532. Deux architectes grecs, Anthémins de Tralles et Isidore de Milet, prirent la direction des travaux. Ils avaient sous leurs ordres cent maîtres maçons, lesquels commandaient chacun à cent ouvriers. De cette manière, cinq mille ouvriers étaient placés à droite et cinq mille à gauche. L’ordre régnait partout. L’œuvre marchait avec régularité; nulle confusion ne troublait les travailleurs. Souvent l’empereur, vêtu d’une simple tunique de lin, la tête enveloppée d’un mouchoir, un bâton à la main, venait inspecter les travaux; il parcourait les ateliers, stimulant et récompensant les ouvriers. On disait que le prince était le véritable architecte du monument, qu’il en avait conçu le plan et rordonnance, et que les deux architectes chargés de conduire l’opération étaient uniquement destinés à couvrir la majesté impériale.
Quoi qu’il en soit, nul monarque dans l’antiquité ne prit tant à cœur l’exécution d’un édifice. Dès qu’on eut achevé de creuser les fossés profonds où les fondations
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