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(-AT11ÉDHALE
vives, que le monarque n’hésita plus à demander le baptême. L’évêque d’York prêcha l’Évangile avec tant de succès, que des milliers d’infidèles furent baptisés sur les bords de la Glen, de la Swale et de la Trent, dans les eaux courantes de ces charmantes rivières, l.e pape lîonorius, à la demande du roi, accorda les honneurs du pallium au siège épiscopal d’York, à la condition toutefois qu’il resterait soumis à la juridiction métropolitaine de Cantorbéry. Saint Paulin ne jouit pas longtemps de cette distinction. Après la mort de saint Kdwin, qui périt dans une bataille, de graves désordres le forcèrent à quitter son église épiscopale. L’archevêque de Cantorbéry lui donna le gouvernement du diocèse de Rochester, alors vacant. Il y mourut en odeur de sainteté, le 10 octobre 64i.
Des jours jdus sereins brillèrent après l’orage, et Oswald, successeur d’Edwin, voulant le surpasser en magnificence, construisit en pierres et dans de belles |)i*oportions la cathédrale d’York, jusqu’alors en bois. Ot édifice eut une grande réputation, et sans doute il la méritait à cette époque éloignée ; car les monu-' inents romains élaient rares en Angleterre, et ils tombèrent promptement en niine après la chute de l’empire.
Au viC siècle, par une faveur singulière de la Providence, le Northumberland devint une pépinière de missionnaires et d’apôtres. Qui ne connaît le zèle et les travaux de saint Wilfrid, archevêque d’York; de saint Willibrord et de saint Willehad, apôtres de la Frise? Né en G34, saint Wilfrid fut placé dès l’âge
IVYOUK.
(le quatorze ans dans le célèbre monastère de Lindislarne, pour y être iiistrnit dans les sciences divines el lininaines. Saint Benoît Biscop remmena à Borne en(U9; là Wilfrid puisa une nouvelle ai*denr pour la gloii’e de l)i(3n et le salut des âmes, auprès du tombeau des saints Apôti'es et sur cette terre arrosée du sang des martyrs. De i*etonr dans son jrays natal, il fut élu aixdievêqne d’York pour succéder à ïndda , mort de la peste en BBi. Son épiscopat fut très-oi‘ageux. Deux fois il fit le voyage de Borne. Pour conserver les droits de son Église, il ne craignit pas de s’exposer à la colère du rxi, et de sonlfrir les horr’enrs de l’exil. A la fin son courage triompha de tons les obstacles, et justice lui fut rendue. Saint Wilfrid se démit de son siège en faveur de saint Jean de Beverley, et mourut à l’Age de soixante-quinze ans. Nul choix ne pouvait être plus heureux. Saint Jean donna l’exemple de toutes les vertus épiscopales, en y ajoutant une simplicité et une austérité monastiques. Jamais l’Église d’Yor*k ne brilla d’un plus vif éclat: la sainteté de ses pontifes y était, pour ainsi dire, héréditaire. I^n se retirant au monastère de Beverley, en 712, saint Jean désigna pour son successeur saint Wilfr-id le Jeune. Celui-ci se montra digne de r*ecueillir les nobles traditions de ses prédécesseurs, et ajouta un nouveau lustr-e à l’Église d’York. 11 fit exécuter à sa cathédrale des travaux cousidér’ables; mais, en 741 , l’édifice fut dévoré par les flammes. A peine restaui’é, il fut de nouveau détruit par les Irandes féroces des Danois, qui causèr*ent tant de maux à l’Angleterr-e, et renver'sèrxnt la ville d’Yor'k.
CATnÉDRALK
Au milieu des calamités qui désolaient sa patrie, saint Oswald monta sur le siège archiépiscopal d'York. Avant son élection, il était évêc[ue de Worcester ; saint Dunstan, archevêque de Cantorbéry, le fit consentir à gouverner en même temps ces deux diocèses. Saint Oswald parcourait sans cesse le vaste territoire confié à sa juridiction , prêchant avec zèle, s’elîbrçant d’extirper les abus et de Taire lleurir partout les vertus chrétiennes. Sa charité tenait du prodige; chaque jour il nourrissait douze pauvres qu’il servait de ses propres mains, joignant ainsi riiumilité à une sainte libéralité. En 992, il rendit le dernier soupir dans un monastère qu’il avait fondé à Worcester; [)ar la suite, son corps fut transféré à York , oii l’on célébrait sa fête le 29 février.
Après la conquête de rAngleterre par les Normands, rarchevêché d’York fut donné à Thomas, chanoine de baveux, chapelain du roi Guillaume et frère de Samson, évêque de Rochester. Ce prélat en resta paisible possesseur depuis le mois d’aout 1070 jusqu’à sa mort, arrivée le 18 novembre 1100. Comme la jilupart de ses compalriotes, Thomas se montra digne de sa haute foriune. 11 est conqité parmi les principaux bienfaiteurs de la cathédrale d’York. A peine installé, il s'appliqua à reconstruire son église sur un vaste plan et dans un style d’architecture plus riche que celui des édifices anglo-saxons. Le nouvel archevêque ne négligea rien j)our raccomplissement de son dessein; et l’on conviendra, à l’aspect des restes du monument cpii ont traversé les Ages pour arriver jusqu’à nous, que l’œuvre normande ne manquait ni de grandeur, ni de noblesse.
D'VOHK.
Mais ce superbe édilice eut une courte durée; en 1137, il fut consumé par un incendie qui embrasa également les bâtiments du monastère de Sainte-Marie. Ce malheur jeta la consternation dans tous les esprits, et les circonstances qui suivirent furent si fâcheuses, que la basilique resta dans l’abandon durant plus de trente années, ensevelie sous la cendre et les débris : quel triste spectacle pour ceux qui se rappelaient la prospérité de cette illustre métropole! Enfin, en 1171, l’archevêque Roger entreprit de la rebâtir, et il y travailla avec ardeur et persévérance. Son zèle fut récompensé, et avant de se fermer pour toujours à la lumière, ses yeux purent voir le chœur entièrement achevé; cette grande œuvre fait honneur à sa mémoire.
A peine était-elle terminée, que l’archevêque de Cantorbéry, Hubert, légat du saint-siège et primat de toute l’Angleterre, y présida un concile en 1195. Les évêques assemblés prirent plusieurs résolutions relatives à la discipline ecclésiastique; ils rédigèrent douze canons, où ils manifestent leur croyance à la présence réelle de Jésus-Christ dans l’eucharistie, et règlent plusieurs points touchant la célébration de la messe et la communion des fidèles L
En L227, Walter Grey, connu par les constitutions ecclésiastiques qu’il publia à diverses reprises, commença la construction du transsept méridional de sa cathédrale. Après sa mort, arrivée en 1255, il y fut enseveli. On voit encore sa tombe et sa statue; suivant
• Labbe, Concil., ad ann. 1195, tom. XI.
CATHÉDHALK
l’usage des siècles catholiques , il y est représenté vêtu des ornements pontificaux. Ce tombeau passe pour un des plus curieux ouvrages du xiiC siècle. On attribue au même prélat la construction de la salle capitulaire. C’est le bâtiment le plus élégant qui puisse être imaginé ; audessus de la porte est gravée l’inscription suivante :