‹ Les plus belles églises du mondeChapitre 49 sur 84 · D^YORK · texte numérisé non relu

D^YORK

teur. Le 8 septembre 1483, Ricliarcl III , auquel l’histoire reprochera à jamais le lâche assassinat des enfants d’Edouard, se fit couronner une seconde fois dans l’église d'York, avecja reine sa femme. Mais la couronne resta chancelante sur sa tête. Fier d’avoir réussi à mouler sur le trône en marchant sur le cadavi’e de deux faibles enfants, Richard déploya le plus grand faste dans celte circonstance solennelle, et se livra aux plus folles prodigalités. Il fit célébrer de bruyants tournois, et donna des festins qui finirent par des orgies. Croyant sa puissance affermie, Richard sollicita l’alliance de la France; mais Louis XI refusa de voir les ambassadeurs anglais, protestant qu’il ne consentirait jamais à s’uniid’amitié avec un [irince souillé du sang de ses neveux. Louis XI mourut peu de tenifis après, et, l’année suivante , l’usurpateur perdit à la bataille de Ros>a orth la couronne et la vie : Henri VII , vainqueur, commença la dynastie des Tudors. Richard III, le dernier des Plantagenets, péril victime d’une ambition effrénée: avec lui finit la guerre des deux Roses, qui avait emporté la fleur de la noblesse et creusé un tombeau à [)lus de ceni mille Anglais. Sous son règne éphémèi*e, on cessa de rédiger les actes publics en français ou en latin pour adopter la langue anglaise.

Après des luttes qui ne furent pas sans gloire, Henri VH laissa son fils paisible possesseur du trône. Jamais prince ne prit en main le sceptre d’un grand royaume sous de meilleures auspices que Henri VHI. La fin, hélas! ne répondit guère à de si heureux débuts. Le monarque anglais se déchargea d’abord du soin des

affaires sur son ministre favori Thomas Wolsey, qui devint successivement évêque de Lincoln , archevêque d’York, grand chancelier d’Angleterre, cardinal avec le titre de légal du saint-siège. Wolsey répondit à Taltente de son maître, et dirigea fort habilement la politique à travers mille diflicultés renaissantes. Son caractère a été jugé diversement. C’était un homme d’un génie élevé, que les circonstances entraînèrent à plus d’une faute. Celle que la postérité lui pardonnera le moins, ce fut sa faiblesse pour le roi, qui répudia sa femme, la reine Catherine d’Aragon, après vingt-deux ans de mariage, pour épouser la trop fameuse Anne Boleyn. Le pape, vengeur du droit des opprimés, protecteur de la faiblesse contre la force, excommunia le roi, dont il flétrit l’alliance adultère. De là les maux qui accablèrent l’Eglise en Angleterre; telle fut l’origine du schisme déplorable qui conduisit bientôt à l’hérésie un pays jusqu’alors renommé pour sa piété et son dévouement au siège apostolique. Le cardinal archevêque d’York fut la première victime des haines d’Anne Boleyn. Cette femme artificieuse savait que Wolsey n’avait pas été favorable à ses projets; elle aigrit l’esprit du roi, qui disgracia le ministre. Les derniers jours de Wolsey furent abreuvés d’amertume. Forcé de quitter le palais d'York, accusé du crime de lèse-majesté , traîné ignominieusement à Londres, la maladie le contraignit de s’arrêter à l’abbaye de Leicester, où il expira le 29 novembre 1530, à l’âge de soixante ans. Quelques mois auparavant, il avait fait une retraite à la chartreuse de Richmond, où il avait donné des marques d’une piété

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