‹ Les plus belles églises du mondeChapitre 59 sur 84 · SI · texte numérisé non relu

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sonnes (Maient serrées autour (riin élendard sur le(|iiel resplendissait Tiinage du inonninent. Enfin, dans le courant de cette même année, le roi de Prusse, Frédéric- Gnillanme IV, posa la première jiierre de raclièvemenl de Fédilice. Quel jour mémorable dans fliistoire de Cologne! Nous eûmes le bonlienr d’être témoin de cette belle cérémonie. Jamais spectacle plus imposant n’avait frappé nos l’egards et ému notre pensée. Nous ne l’avons jamais oublié, même dans les plus grandes solennités de la France, de Rome et de l’Italie. Une population innomlirable , répandue aux abords du temple, faisait entendre des acclamations et des vœux. Tous les cœurs et tous les visages étaient épanouis; l’espérance montrait enfin un terme au gigantesque ouvrage, le Saint-Piei're du Nord. Chacun, le sourire sur les lèvres, regardait la grue destinée à monter les pierres au sommet de l’édifice, vieil instrument du xvF siècle à moitié pourri de vétusté, paré de Heurs, de rubans et de banderoles. Depuis cet instant, les travaux s’avancent régulièrement. Dans un demi-siècle, peut-être, le couronnement sera posé, les deux flèches s’élanceront dans les nues à la même hauteur que la célèbre fièche de Strasl)ourg!

Voici les dimensions principales de la cathédrale de Cologne :

Longueur totale dans œuvre 113'^

Longueur hors œuvre, y compris Tépaisseur

des tours 142»"

Largeur 43'"

Hauteur des voûtes 42"' 8ü

Largeur de la façade 60"'

Hauteur des flèclies projetées 140"'

CAÏUÉDRAI.E

Cüiuiiie dans les édifices à ogives qui n’ont pas élé bâtis d’nn seul jet, on reinanpie à Cologne des diti'érences entre l’orneinentation des diverses parties dn monument : c'est la variété dans rnnité. Les architectes, depuis le xnC siècle jnsqifan commencement dn xvi% (ont en respectant le plan adoplé, en conservant les dispositions générales, ne craignaient pas d'exécnter les détails snisant le gont dominant à chaque époque, (fest ainsi que la noble simplicité dn xnf siècle ht place à la richesse mesurée dn xiv'* et à la folle jirodigalité dn xv**.

En regardant la cathédrale de Cologne dn coté de l’abside, on la croirait entièrement achevée. Vingt- huit arcs-bontants s’appuient snr autant de contre-forts surmontés d’élégantes pyramides. Chacnne de ces pyramides présente douze niches destinées à recevoir des statues, dont qnel(|iies-nnes existent depuis longtemps. Rien ne [lent donner idée de l’abondance et de la délicatesse des ornements. La vue est éblonie de tant de lines et charmantes scnl|)tnres ; l’es[)rit n’est pas moins frappé de la perfection (pd brille dans chaque partie, et des ressources infinies d’iin ciseau aussi adroit qu’intelligent. On s’explitpie alors comment la cathédrale de Cologne a été saluée reine des cathédrales et perle des églises gothiques. Cette impression s’accroît encore lorsqu’on pénètre dans le chœur, dont les voûtes légères et comme aériennes semblent suspendues dans le ciel , tant les colonnes sont élancées, les fenêtres largement ouvertes, et toute la structure intérieure élégante et hardie. L’admiration est portée à son comlile par l’har-

dl: (:oi.o(;ne.

niüiiie qui règne enli*e tous les ineinljres du corps de l’édifice, semblable à celle qui constitue la beauté du corps huiuaiii.

Le maître-autel lut érigé eu 1346 par l’archevêque Guillaume de Geuuep. La table et la plinthe sont eu marbre noir; elles forment l’encadrement du tombeau d'autel, en marbre blanc, orné d’un bas-relief représentant le Couronnement de la sainte Vierge , et des statuettes des douze apôtres.

L'étranger s’arrête avec respect devant la tombe de Conrad de Hochsteten, fondateur de l’église actuelle; devant celle de Philippe de Heinsberg, dont la forme curieuse est destinée à rappeler que ce prélat fit construire les remparts de la ville de Cologne ; il ne manque pas de jeter un regard de compassion sur la pierre qui recouvrit les restes de la reine Marie de Médicis, morte exilée en 1642. Mais ce qui excite plus vivement son intérêt, c’est la chapelle des l'rois-Rois. La châsse des Mages est renfermée dans un édicule moderne en marbre de diverses couleurs. Elle est en cuivre doré et émaillé; une portion est en vermeil, et la façade en or pur. Ce grand reliquaire est un chef-d’œuvre d’orfèvrerie du XII® siècle; le travail en est d’une complication et d’une perfection surprenantes. 11 ne le cède qu'à la châsse des grandes reliques d’Aix-la-Chapelle. On voit incrustées à la surface plus de quinze cents pierres fines on pierres gravées, d’une valeur considérable, quoique les plus précieuses aient été enlevées en ditïerentes circonstances; on y distingue une topaze d’une grosseur extraordinaire. En 1794, les chanoines emportèrent

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