CATHÉDRALE DE MAYENCE
ments funéraires la tombe de Fastradane, femme de l’empereur Charlemagne, portant l’inscription gravée au viii® siècle C
Le plan de l’église est singulier : il présente deux absides et deux coupoles. On observe une disposition analogue dans l’église de Worms et dans la cathédrale de Nevers. Le cloître qui raccompagne est d’une belle architecture du xv*" siècle, il a été restauré récemment. Voici les dimensions principales du dôme de Mayence:
Longueur totale 126'” 75
J.argeur de la nef 34 50
Largeur de l'édifice, .y coniijris les cliaj)elles latérales 47*”
1 Fastradana, pia Caroli conjiix vocitata,
Christo dilecta, jacet hoc siib marmore tecta, Anno septingentesimo nonagesimo quarto ,
Oiiem numerum métro claudere musa negat. Rex pie, ([uem gessit Virgo, licet hic cinerescit, Spiritus hæres sit patriæ quæ tristia nescit.
CATHÉDRALE DE S DIRE
CATHÉDRALE
DE SPIRE
ORSQiJE le christianisme pénétra dans les vastes et populeuses provinces de la Germanie, les rois francs en favorisèrent les progrès, et fondèrent sur les bords dn Rhin plusieurs établissements religieux. Les princes mérovingiens pouvaient -ils oublier le berceau de leur grandeur et le pays qui avait vu naître leurs frères d’armes? Dagobert roi d’Austrasie, bâtit l’église de Spire sur les ruines d’un temple que les Romains avaient consacré à Diane. Restauré, ou même reconstruit plus tard, cet édifice, miné par les années, menaçait ruine, lorsqu’il fut relevé dans de plus belles proportions, au commencement du xL siècle, grâce aux largesses de l’empereur Conrad II, dit le Salique. Ce
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prince parut inconsolable de la mort de son fils aîné, arrivée par suite d’une chute de cheval , dans une partie de chasse à travers les montagnes voisines du château de Limbourg. Afin de calmer sa douleur, et pour le repos de l’ânie du défunt, il fit vœu de convertir en monastère son château de Limbourg, de bâtir une collégiale à la place de son manoir de Spire , et de réédifier la cathédrale de cette ville. Avant de quitter les lieux témoins d’un si funeste accident, Conrad chargea du soin d’exécuter son triple projet Walter, évêqne de Spire, prélat digue de la confiance du souverain , et que ses contemporains nous représentent également habile dans les sciences divines et humaines. Walter, comme beaucoup d’ecclésiastiques de son temps, était architecte, et l’art dilïicile de bâtir n’avait pour lui aucun secret. Il se mit à l’œuvre avec la plus vive ardeur, et après un travail préparatoire de trois années le dessin des trois monuments était prêt. Le 12 juillet 1030, en présence des grands vassaux et des principaux seigneurs de sa cour, l’Empereur posa la première pierre de la cathédrale. Une foule immense se pressait autour du cortège impérial ; l’air retentissait du chant des psaumes et d’acclamations joyeuses. L’édifice sacré, suivant l’expression de la chronique, fut inauguré à l’honneur de Dieu et à la gloire de la très -puissante et très- pure Vierge. Dans un élan de piété, le monarque proclama la sainte Vierge Dame et Maîtresse souveraine de la ville et du pays de Spire. En même temps il déclara que la nouvelle église servirait de sépulcre aux princes de sa race, et à ses successeurs qui mourraient en deçà des Alpes sans avoir
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désigné le lien de leur sépulture. Douze tombes furent préparées sons le chœur, qui s’appela dans la suite le chœur des Rois, de même que la cathédrale fut nommée par les Allemands le dôme des Empereurs. La ville de Spire dut à cette circonstance d’être surnommée la ville de la Sépulture y comme celle de Francfort-sur-le-Mein s’appela la ville de rElection, et celle d’Aix-la-Chapelle, la ville du Couronnement . Disons tout de suite que huit empereurs et trois impératrices sont venus successivement prendre possession des tombes préparées pour leur dernier sommeil : Conrad II, Henri III, Henri IV, Henri V, Philippe de Souabe, Rodolphe de Hapsbourg, Albert d’Autriche, Adolphe de Nassau, Gisèle, épouse de Conrad II , Berthe, l’infortunée compagne de Henri IV, et Béatrice, femme de Frédéric Barberousse.
La cathédrale de Spire était loin d’être terminée, lorsque Conrad rendit le dernier soupir, en 1039, après avoir régné près de quinze ans comme roi de Germanie et un peu plus de douze ans avec le titre d’ Empereur. Son fds, Henri le Noir, avait été couronné roi un an avant la mort de son père ; il rendit d’éminents services à l’Église en pacifiant Rome et l’Italie, et en favorisant l’élection du pape saint Léon IX , d’abord évêque de Toul. L’évêque de Spire, Sigfried, non moins habile architecte que son prédécesseur, dirigea les travaux avec zèle et talent. Déjà les principales parties du bâtiment s’élevaient majestueusement dans les airs, lorsque l’empereur Henri III mourut, et fut enseveli à coté de son père, dans le clmur des Rois. Le sceptre tomba aux mains d’un enfant, Henri IV, qui devint ensuite si tris-
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tement célèbre par ses excès de tout genre et par la lutte qu’il engagea contre le souverain pontife- Les débuts du nouveau règne furent heureux, grâce à l’intervention de la pieuse impératrice Agnès, veuve de Henri 111, et à l’influence de saint Annon , archevêque de Cologne. La cathédrale de Spire fut alors terminée , en 1 060 , après trente ans d’efforts et de persévérance. La direction de l’œuvre était passée entre les mains de l’évêque Benon, disciple de Walter et de Sigfried, génie entreprenant et hardi , qui contribua fortement aux progrès de r architecture en Allemagne, s’il faut en croire le témoignage de son biographe, Norbert, abbé d’ibourg. Nous devons rapporter à cette occasion un fait intéressant dans riiistoire de l’architecture. Ce même Norbert, (pii écrivait vers 1118, raconte que la construction des trois grands établissements fondés par rempereur Conrad, c’est-à-dire la cathédrale de Spire, la collégiale de Saint-Guidon et le monastère de Limbourg, donna naissance à une école d’architecture où l’on accourait à l’envi de toutes les provinces de l’Empire, pour se former à la théorie et à la pratique de l’art de bâtir, sous la direction de maîtres fameux L Ainsi sortirent des ateliers de Spire quantité d’artistes et d’architectes clercs qui répandirent jusque dans les contrées les plus lointaines les traditions rajeunies sur les bords du Rhin. Ce trait curieux , conservé par un auteur contemporain , dut se reproduire frécpiemment au moyeu âge. Autour
1 Der Kniserr/om zu Speijci\ eiiie topographisch-liistorische Mono^iTapliie von Johann Oeissel.
DE SIMUE.
(le eha(|iie maître renommé chargé de rexécntion d’nn grand ouvrage, des élèves venaient étudier les bons principes et s’initier à la connaissance de certaines théories (pie rimagination dn vulgaire regardait comme mystérienses. Le peuple ignorant ne com[)renait pas les j)rocédés à l’aide des(piels il est possible d’obtenir les magnifupies effets on de réaliser les adroites combinaisons de l’architectiire; il attribua plus d’une fois à l’entremise dn démon les œuvres extraordinaires qui le frappaient d’étonnement , et dont les proportions gigantesques ou les voûtes hardies excitaient presque en lui une terreur superstitieuse. De là l’origine des légendes j)Oj)ulaires qui ont eu cours jadis sur les rives du llhin.
La cathédrale de Spire fut consacrée sous l’évêque Kginhard, et jouit d’une réputation immense dans toute l'Europe. On en vantait les dimensions , la belle ordonnance, les six clochers, les colonnes et les voûtes, la disposition majestueuse du transsept et l’abside, ainsi que les cryptes spacieuses. De graves événements s’y accomplirent. Saint Bernard, légat du pape Innocent II, assista à la diète germanique réunie à Spire. L'abbé de Clairvaux fut reçu par les princes et les populations catholiques avec un empressement qui tenait de l’enthousiasme. Le pieux moine se rendit d’abord à l’église dédiée à la sainte Vierge, Dame souveraine de cette religieuse contrée. Tous y chantèrent avec dévotion l’antienne Salve, Regina, mater miser icordiœ (Salut, o Reine, mère de miséricorde). Les dernières paroles de la prière et les derniers sons de la mélodie retentissaient
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encore sons les voûtes, quand saint Bernard, mû par line inspiration soudaine, ajouta ces mots : 0 pia, o (lulcis Vircjo Maria , que Funivers chrétien a répétés depuis. Quelques années après, en 1159, l’édifice devint la proie des tlammes. Les archéologues attribuent la cou|)ole byzantine élevée sur pendentifs au-dessus du Iranssept, à la restauration importante qui suivit cet accident. Cette opinion est d’autant plus vraisemblable ipie la coupole est en ogives et à huit faces. On peut admettre que ce bel ouvrage, ainsi que d’autres portions du monument, fut exécuté vers 1 165.
Un nouvel incendie , arrivé cent vingt-quatre ans après, causa des dommages considérables; mais ce malheur fut moins grave encore que celui qui survint le 6 mai 1450. Le feu prit par l’imprudence des ouvriers, et Fenil irasement des charpentes devint en peu d’instants si terrible, ipie tout secours fut inutile. Les poutres enllammées écrasèrent les voûtes, et telle était la fureur des flammes, ipie du riche mobilier de l’église on [)ut à peine sauver les vases sacrés, les reliipiaires et les ornements de l’autel. Le reste fut réduit en cendres; les murs mêmes calcinés se lézardèrent et tombèrent.
L’évèque Reinhald d’Helmstaedt et le chapitre de Spire ne se laissèrent pas abattre par cette effroyable catastrophe. Sur les débris encore fumants, ils prirent la résolution de relever leur église plus belle qu’auparavant. Reinhald écrivit au pape Roniface Ylfl une lettre éloquente ; à Foccasion du grand juliilé de 1450, il obtint un bref pontifical, en vertu duquel tous ceux qui ne pouvaient visiter les tombeaux des Apoties à
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Rome avaient la laculté de gagner les mêmes indulgences s’ils faisaient une aumône destinée à la restauration de la cathédrale de Spire. L’évêque ne perdit pas de temps. Des prédicateurs parcoururent l’Allemagne , où la ruine de V église sépulcrale des Bois avait causé un deuil universel. Leur parole fut écoutée favorablement ; vingt et un mille florins d’or fournirent à Reinliald les moyens de réaliser ses projets. Dans l’espace de trois années, les désastres furent réparés; et telle fut la magnificence déployée dans l’édifice, que des historiens n’hésitent pas à appeler heureux incendie le feu qui nécessita l’exécution de ce grand ouvrage.
Après avoir joui de longues années de paix, l ‘église de Spire eut à souffrir toutes les horreurs de la guerre. Le bruit des armes , et les fléaux inséparables de ces luttes homicides, troublèrent, à la fin du xvii® siècle, les belles provinces baignées par le Rhin. La ville de Spire fut la principale victime. Louis XIV réclamait le Palatinat, au nom du duc d’Orléans, son frère, qui avait épousé la fille unique de la branche aînée des princes de Simmern. Dès le 28 septembre 1688, les généraux français envahirent le Palatinat et surprirent la ville, où peu de temps après le maréchal de Duras établit son quartier général, après le siège mémorable et la prise de Philippsbourg. Spire fut accablée par les armées des deux partis ; car le maréchal , ayant été repoussé à la suite de plusieurs tentatives heureuses contre les princes allemands , songea à se défendre derrière les remparts de cette ville. Reconnaissant bien vite qu’il lui serait impossible d’y résister aux forces
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ennemies, le général français dut sacrifier cette position. La ville de Spire fut détruite de fond en comble. Les habitants reçurent ordre de se retirer en France; on leur accorda six jours pour emporter leur mobilier à Strasbourg et à Nancy ; quatre cents chariots furent mis à leur disposition. Le 31 mai 1689 était le jour fatal. On publia à son de trompe qu’à midi la ville devait être abandonnée. A l’heure marquée , les soldats chassèrent ceux qui ne pouvaient se décider à quitter leurs foyers, et les lueurs sinistres de fincendie commencèrent à éclairer une scène de désolation. Des tourbillons de flammes et de fumée enveloppèrent les édifices publics et privés; la cathédrale ne fut pas épargnée. Pendant quatre jours entiers le feu promena partout ses ravages. On apercevait des malheureux qui rôdaient autour de cet immense foyer, les uns attirés par l’appât du pillage, les autres retenus par cet instinct puissant qui nous attache aux lieux qui nous ont vus naître.
En 1699, dix ans après ces scènes lugubres, à la conclusion du traité de Ryswick, les ruines de Spire furent visitées en liberté par les anciens habitants. Chacun se mit à l’œuvre avec cette activité fiévreuse que ramour de la patrie excite dans le cœur des exilés. L’évêque purifia le sanctuaire profané. Des débris noircis par le feu encombraient les nefs; des plantes parasites poussaient au milieu des ruines : c’était un spectacle propre à tirer les larmes des yeux. Les malheurs de la guerre avaient appauvri le pays ; mille misères réclamaient de prompts secours. On fut forcé de renoncer à restaurer la cathédrale. Le chœur seul fut mis en état
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lü.'i
(le servir au eulle divin; les nefs restèrent abandonnées jns{|u’en 177^. A cette époque, Tévêque Auguste de Limijourg conçut le dessein de restaurer le monument. Les ressources n’étaient pas abondantes; mais ce qui était plus fâcheux encore, le goût du xxoi*" siècle était loin d’apprécier les vieux édifices du moyen âge, et des préjugés déplorables remplissaient les meilleurs esprits. Les architectes avaient oublié les traditions chrétiennes; personne n’avait souci de les ressusciter.
La nef fut rebâtie sur les anciens fondements. La façade surtout porta l’empreinte du faux goût du siècle dernier. On s’occupe aujourd’hui de la reconstruire sur un plan magnifique, et dans le style du vieil édifice. L’église actuelle ofire les dimensions suivantes :
Lonjjjueur totale ^37“*
Largeur de la nef 30
Longueur du transsept
Le diamètre de l’hémicycle de l'abside a. . 19’" 50
Les tours du transsept ont 73"’ d’élévation.
La décoration extérieure est simple et d’im effet remarquable; elle est formée surtout de lignes architecturales , de colonnes et de colonnettes , de cordons , d’arcades et de moulures. Ce système, généralement ado[)té dans les édifices religieux élevés à Cologne , Bonn , Coblentz, Mayence, Worms, durant le xii*" siècle, paraît avoir été en vigueur dès le commencement du xf siècle dans certains monuments français. Il est préférable à l’emploi d’ornements multipliés et délicats, parce qu’il se rattache étroitement au corps de la construction.
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A l’intérieur, par suite d’une savante restauration commencée en 1823, et achevée récemment par les ordres du roi Louis de Bavière, se déploient de belles peintures murales. Ces tableaux, bien composés et bien exécutés, font le plus grand honneur aux artistes qui en sont les auteurs, et au prince éclairé qui n’a reculé devant aucun sacrifice pour doter Munich et les autres villes de ses États de magnifiques œuvres d’art. La statue de Rodolphe de Hapsbourg, inaugurée à la cathédrale de Spire il y a peu d’années , est due au ciseau de Schwanthaler, élève de Thorwaldsen.
Le beau cloître de Spire n’existe plus; il avait été bâti en 1137. On doit regretter plus encore le baptistère, édifice curieux en forme d’octogone, orné de huit colonnes et surmonté d’un dôme. Au centre se trouvait la cuve baptismale. Le jour entrait par huit fenêtres assez étroites. Ces dispositions attestent une haute antiquité; aussi, comme les chroniqueurs gardent le silence sur l'époque de la construction de ce baptistère, quelques historiens n’ont-ils pas hésité à en faire remonter la fondation au temps de Dagobert. Quoiqu’une date aussi reculée soit peu vraisemblable , on ne saurait néanmoins disconvenir qu’elle doit être antérieure au bâtiment dû aux largesses de l’empereur Conrad. On voit encore dans la crypte le bassin baptismal primitif: il y fut transféré au xuf siècle, l’usage de baptiser par infusion ayant remplacé celui de baptiser par immersion. On le désignait alors sous le nom de Saint -Graal , en mémoire sans doute de la coupe ainsi appelée et fjui servit à la dernière cène, et dont
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les images, déposées dans beaucoup d’églises, étaient jadis en grande vénération \
Au nombre des figures grotesques qui ornent ou déparent l’église, on distingue surtout deux groiqæs dont la bizarrerie a exercé la sagacité des anticpiaires. L’un, placé à l’extérieur de l’abside, représente des hommes et des bêtes à tête humaine mêlés dans une confusion inexprimable; l’autre, situé à l’intérieur de la nef, montre un petit homme difforme, la barbe longue et hérissée, la tête couverte d’un bonnet pointu, l’épée au côté, à cheval sur un dragon, dont il déchire fa gueule avec ses deux mains. Dans le premier, dit-on , on découvre une scène de la mythologie du Nord , et dans le second on reconnaît Sigiirth le vainqueur du Dragon, si renommé dans la mythologie Scandinave, et chanté dans l’Edda , ou Sigfrid au bonnet magique , tant célébré dans le poëme allemand des Niebelungen , pour ses exploits contre un dragon (pu vomissait des flammes L La vallée du Rhin est le pays des légendes : les ruines qui bordent le fleuve rappellent mille souvenirs recueillis dans des })oëmes populaires, où l’on raconte des histoires parfois terribles , parfois grotescpies. Serait-il étonnant que les imagiers du moyen âge qui sculptaient les chapiteaux des colonnes et les modifions des corniches extérieures, artisans autant (pi’artistes , eussent reproduit à l’aide de leur ciseau
< Les Italiens l’appellent Snnto Catino. Nons avons plusieurs longs poëines écrits au moyen âge sous le titre de Chansons du Saint -Grant .
2 yiotes sur la cathédrale dr Spire. Bulletin montm., tom. 111 , p. 4^0.
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naïf (|iielqiies-iins des traits (jui avaient enchanté on eflrayo leur imagination? On a débité gravement, en ces derniers temps surtout, l)eaucoup de rêveries sous le titre de symbolisme. Les erreurs dans lescpielles sont tombés des liommes qui avaient plus d’imagination que de science , ne doivent pas faire rejeter les allusions aux vieilles légendes et aux fal)liaux du moyen âge, dont plusieurs monuments du xii'^ siècle présentent l'expression évidente.
Avant de sortir de la cathédrale de Spire, nous évo- (juerons de nouveau le souvenir de saint Bernard. En apprenant rouverture d'une nouvelle croisade, un moine fanatique, nommé Rodolphe, faisait retentir les rives du Rhin de prédications véhémentes indignes de la chaire chrétienne, exhortant les croisés à tuer les juifs, comme les j)lus grands ennemis de l’Evangile. Saint Bernard déplorait de pareils emportements; il écrivit une lettre pleine d’indignation, où il stigmatise en termes énergicjues la conduite lâche de ceux (jui voulaient verser le sang d’hommes paisiljles et sans défense. (( Serait-ce une gloire, dit-il en finissant, pour des guerriers armés du signe de la croix, de tirer l’éjiée contre des vieillards, des hommes soumis aux lois, des femmes timides et de failjles enfants^? » Cette lettre ne fait ])as moins d’honneur au pieux abbé de Clairvaux ([lie les prodiges opérés par ses vertus et son éloquence. Entravé par mille obstacles, mécontent des dispositions de plusieurs princes chrétiens, se défiant même de
< s. Bernard, Epist., 32“2, al. 365.
ses alliés, renipereur (rAlleina^ne hésitai 1 à l•éJ)on(lre aux vœux de Tluirope coalisée contre les iiilidèles. Cédant à une inspiration d’en haut, saint Bernard parla avec tant d’entraînement, (pie le inonanpie et ses prinei[)aux courtisans, interrompant l’orateur, demandèrent la croix , au milieu des jileurs et des sanglots de toute rasseml)lée. Saint Bernard répétait souvent cpie ses maîtres d’élo(|uence étaient les bruyères et les solitudes de Clairvaux : exemple admiralile de ce ipie peut le génie humain fécondé par le silence et les méditations du cloître, fortifié par rhumilité monasticpie, agrandi [)ar l’amour de Dieu et du prochain !
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