DI-: SKVILLE ET DE TOLÈDE
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mozarabe, eonsorvée dans ([iielques sancUiaires après rinlroductiüii de la liturgie romaine , fut restaurée par le cardinal Ximenès, archevêque de Tolède, du consentement du pape Jules II.
Tolède, surnommée la lumihr tlii monde dans le langage poétique des vieux chroniqueurs espagnols, est une ville d’églises, de couvents, de palais, de ruines et de souvenirs. Monuments religieux et civils y racontent les gloires de l’Espagne chevaleresque. Bâtie sur sept collines, comme Rome, baignée par les eaux du Tage, entourée de murs fortifiés, n’ayant qu’une entrée défendue par des tours moresques, on a dit de Tolède que c’était un rocher placé sur un rocher. Au cœur de la cité s’élève la cathédrale, où se tinrent des conciles fameux qui peuvent être regardés comme les assemblées nationales du royaume catholique. Dans ces réunions augustes furent réglés les plus graves intérêts de la monarchie : de là sortirent les résolutions généreuses , les vastes projets, les sages réformes, les institutions fécondes qui assurèrent à la péninsule une intlnence considérable dans les affaires du monde, et une prospérité qui excita l’envie de l’univers.
Plusieurs archevêques de Tolède, appelés dans les conseils du souverain , méritèrent la reconnaissance de leurs compatriotes par la hauteur de leurs vues, la droiture de leur génie, l’énergie de leur caractère et l’intelligence des vrais intérêts de leur pays. Ces prélats, sortis des cloîtres, nourris de fortes études, formés à la rude école de la discipline monastique, en obéissant avaient appris à commander. L’Église alors était la
CATflÉlJ RALES
pépinière fies ministres d’État ; les seigneurs laïques s’exercaient uniquement au dur métier des armes, ou occupaient leurs loisirs à la chasse, image de la guerre. Dans les annales espagnoles brillent les noms illustres des Rodrigue, desTeuorio, des Fouseca, des Mendoza, des Ximenès, desTavera et des Lorenzana.
L’Fglise de Tolède est l’Eglise primatiale de l’Espagne, et à ce titre elle a joui coustaminent de la faveur des princes. Les papes et les rois l’ont comblée de privilèges; les grands et les simples fidèles se sont plu à renriclnr de mille manières. Son cha])itre était un des plus distingués de la chrétienté. I.e souverain pontife et le roi d’Espagne en étaient les premiers chanoines. Mille œuvres d’art y furent réunies dans le cours des siècles. La sculpture, la peinture, l’orfèvrerie, la ciselure, créèrent à son usage ces magnifiques ouvrages (pie nous contemplons sans nous lasser de les admirer. Eean Rermudez compte cent (piarante-ueuf artistes qui, durant six siècles, furent employés à l’embellir, grâce surtout à la libéralité des archevè([ues , que leur goût éclairé rendit les zélés protecteurs des beaux-arts.
L’extérieur de la cathédrale de Tolède manque de ivgularité. Une seule tour est acheAée; commencée par le cardinal Tenorio, elle fut terminée, eu l53o, par le cardinal Tavera. Elle a ([iiatre-viugt-dix mètres d’élévation. La llèche aiguë ipii la surmonte est travaillée avec le plus grand soin : elle est entourée de délicates sculptures qui ressemblent de loin à des couronnes de feuillages. L’effet en est fort agréable. L’autre tour est couverte d’un dôme constiaiit par ol Creco.
\)\i SKVIU.E KT DE TOLÈDE.
L’cMiiTuM', fondé par saint Fei-dinand (mi l!2!2(), fut consacré en li92. Il a cent vingt mètres de long et soixante* deux mètres de large; le plan est à ciiuj nefs. Le cliamr est d’nn Inxe éhlonissanl. Sur les stalles inférieures, maître Rodrigue scnlpta, en 1 i9o, les exploits de saiid Ferdinand. Chacun des bas reliefs est charmant de ünesse et de naïveté; les archéologues y admirent line foule de détails curieux: costumes, armes, écussons, cheNaliei’s, fantassins, et ce mélange pittoresque ipii rend les œuvres de la renaissance si attrayantes. Les stalles supérieures sont pins modernes, et, quoiqu’on y ait multiplié les ornements jusqu’à la prodigalité, elles soid moins intéressantes que les antres. Ivn ldl3, les sculptures de Philippe de Rourgogne et d’Alonzo Rerruguete excitaient des sentiments unanimes d’admil’ation. On grava l’inscrij)tion suivante:
SIGXA TOI MARMOREA, TUM LIGXEA CÆLAVERE
H INC PHI LIPPUS RURGUXUIO, EX ADVERSO RERRUGUETUS HISPAXUS *, CERTAVERUNT TUXC ARTIFICOI IXGEXIA,
CERTARUNT SE.MPER SPECTATOROI .lUDlGIA.
( Les stalues de marbre et de bois furenl sculptées, d’un côté par Philippe de Bourgogne, de Pautre par BeriMiguete d’Espagne; ces artistes luttèrent alors de génie, les spectateurs lutteront toujours de préférences. )
Dans la Grande chapelle , augmentée par le cardinal Ximenès, sont les tombes ùesanciejis rois: Alphonse Vil, Sanche le Désiré, Sanche le Brave, et rinfant don Pedro.
CATüKDliAI.KS DE SÉVILLE Eï DE TOLÈDE.
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A coté des rois gît le cardinal Pierre Salazar de Mendoza, ministre puissant qui mérita le titre de seconde Majesté. Sons la voûte de la chapelle des rois nomeaux reposent Henri II et la reine Jeanne, sa femme; Jean et la reine Eléonore; Henri III et la reine Catherine.
En contemplant les chefs-d’œuvre des arts qui remplissent encore les églises d’Espagne malgré les dévastations causées par les guerres et les dissensions civiles , on reconnaît la justesse de cette observation : le catholicisme, en réglant la conscience, en purifiant les mœurs, en vivifiant les institnfions utiles, en inspirant la charité et tontes les vertus dont l’amonr de Dieu et du jirochain est le principe, échauffe aussi le génie des beaux-arts. Le beau n’étant que la splendeur du vrai, il est naturel (pie la religion catholique ait partout et toujours inspiré le beau moral, le beau artistique et littéraire. Le christianisme incomplet des protestants et des schismatiques sera stérile à jamais, comme l’arbre de l’Évangile maudit de Dieu, ne [lortant ni fleurs, ni fruits, ni feuillages.
CATHÉDRALE DE HUR(ii>S.
r,ATHÉl)RAI,F.