‹ Les plus belles églises du mondeChapitre 75 sur 84 · DE SÉVILLE ET DE TOLÈDE · texte numérisé non relu

DE SÉVILLE ET DE TOLÈDE

lalions dont un auteur ancien a dit ({u’elles sont « prodignes envers les temples , et modestes dans leurs maisons, » L’église métropolitaine de Séville a réussi à soustraire aux désordres des guerres civiles de noml)reu\ objets d’art, non moins remarquables par la perfection des formes (pie par le prix de la matière.

Nous n’entreprendrons point ici de décrire les statues, les tableaux et les sculptures cpii remplissent les chapelles. Il sutTit de savoir que ce sont les œuvres des maîtres les plus vantés de l’Espagne. Le retable du maître-autel passe pour un prodige de patience et de goût. Il est en bois de cèdre, et composé de quarantequatre panneaux finement sculptés : on y voit représentés en bas-reliefs les traits principaux de l’iiistoire de l’Ancien et du Nouveau Testament. On employa soixante-huit années à parfaire cet admirable ouvrage.

A l’entrée de la nef se trouve la tombe de Ferdinand Colomb, fils du célèbre Christophe Colomb, qui découvrit l’Amérique en 1492. Il avait embrassé l’état ecclésiastique , et se distingua par son amour éclairé pour les sciences et les lettres. Il fonda la bibliothèque qui porte encore aujourd’hui le nom de Colomhine, et composa l’histoire de son père et des voyages aventureux qui apprirent à l’Europe le chemin du nouveau monde. On a dit de lui c{u’il eût été un grand homme s’il n’avait pas reçu son nom d’un homme trop connu : la gloire du père a totalement éclipsé celle du fils.

Dans la chapelle Royale se conservent avec respect l’étendard d’Espagne et l’épée victorieuse de saint Ferdinand, le conquérant de Séville et le lléau des Arabes.

CATHÉDRALES

i.es restes de ce pieux et vaillant monarque sont déposés dans une urne précieuse. Alphonse le Sage et la reine Béatrix sont ensevelis dans la même chapelle. Alphonse s’adonna à l’étude des astres avec une passion qui lui ht oublier en plus d’une occasion le soin de son royaume. IVhistorien Mariana, faisant allusion à la perte de l’enipire et à la révolte des Castillans, a dit de ce prince: « Dumque cælum considérât, observât que astra, terrant ainisit :

En cnnlemplant les eieux, il a perdu la terre. »

Alphonse, auquel on a donné aussi le surnom ù' Astrologue, était si fier de sa science, qu’on lui a prêté le propos suivant: « Si j’avais été du conseil de Dieu dans le tem|)s de la création , je lui aurais donné de bous avis sur le mouvement des astres. » Si cette anecdote est vraie, elle prouve seulement que l’astronome couronné comprenait mal la simplicité et la grandeur des lois qui régissent les révolutions des astres.

Parmi les richesses de la cathédrale, il faut compter les chefs-d'œuvre de Murillo, le peintre de Séville. Clève de Moya et de Velasquez, Murillo s’est acquis une haute ré|)utation |)ar riné])uisable fécondité de son génie, l’habile ordonnance de ses tableaux, la tVaîcheur (je son ])inceau, la vigueur de son coloris, et le caractère noble du dessin qui distingue tous ses tableaux. Les Italiens l’ont compai'é à Paul Véronèse.

Les cérémonies religieuses se font à Séville avec une pompe qui ra[)pelle celle qu’ou déploie a Rome dans les solennités. Il en est de même à Tolède, où la liturgie

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