SAIM-.IEAN-DE-LATRAN
fut transférée ensuite à Sienne et à Bâle. Martin V ne put y assister : les fatigues du pontificat avaient altéré sa santé avant l’âge , et une attaque d’apoplexie mit fin subitement à ses jours le 20 février 1431. Il fut enseveli dans la crypte de Saint-Jean-de-Latran , où l’on voit encore sa statue en bronze humblement couchée â terre : il appartenait à la puissante famille Colonna.
Eugène IV fut contraint de quitter Rome au milieu d’une émeute ; il échappa en se cachant sous un froc de moine. Les travaux de Latran furent interrompus; on ne les reprit que sous le pontificat d’Alexandre VI, de Sixte-Quint et de Clément VIII. On doit à ce dernier le transsept, bâti par l’architecte Jacques de la Porta, ainsi que le somptueux autel du Saint-Sacrement, qu’il décora d’un tabernacle orné de pierreries, d’un bas-relief en argent représentant la Gène , et des quatre fameuses colonnes de bronze dont nous avons parlé.
A l’occasion du jubilé de 1650, Innocent X, pontife zélé pour les arts, résolut de restaurer et d’embellir la basilique du Sauveur. Ses intentions furent comprises; mais Rome, alors, et ritalie entière ne goûtaient que les œuvres modernes ; le monument de Latran perdit son caractère original. Les colonnes disparurent sous des piliers carrés, où l’on pratiqua de larges niches pour placer les statues des douze apôtres. Au-dessus des niches, on incrusta des bas-reliefs en stuc, dessinés par l’Algarde, et représentant des traits historiques tirés de la Bible. Plus haut se voient les figures des douze grands prophètes. Le plafond a été exécuté sous la direction de Buonarroti.
ROM K
Lor8(|u’on entre aujourd’hui dans la basilûjue de Saint-Jean-de-Latran , l’esprit est plus ému par les beaux souvenirs qui s’y rattachent que par l’ordonnance de l’édifice, dont les formes rajeunies semblent ne dater (pie d’hier. Les piliers sont lourds. Quoique décorées de jolies colonnettes en marbre vert antique, les niches ne suffisent pas pour racheter l’apparence massive du bâtiment, (jue l’effet du plafond augmente encore. La vue de l’abside et du transsept est toujours admirable. La mosaïque du chevet est d’un noble caractère. Il en est de même du transsept, œuvre de Clément Mil, où les artistes remarquent avec intérêt de grandes peintures murales et de beaux marbres sculptés aux armes des Aldobrandini. Parmi les chapelles, on distingue surtout celle des Corsini : c’est un des plus riches sanctuaires que l’art moderne ait décorés. On y voit le mausolée de Clément XII, de cette noble famille Corsini (pii a donné â l’Église saint André Corsini, et, après lui, des serviteurs habiles et dévoués. Les restes du pape reposent dans une magnifique urne de porphyre , qui jadis enferma les cendres d’ Agrippa : elle fut trouvée sous le portique du Panthéon. La statue de Clément XII est en bronze, et d’un travail fort estimé des connaisseurs; il en est de même du tableau de l’autel ; c’est une mosaïque du célèbre Christofori , exécutée d’après un tableau de Guido Reni.
La basili(jue de Latran se montre de temps en temps dans tout son éclat, lorsque le pape y officie solennellement, et surtout lorsqu’il vient y prendre possession de son siège épiscopal. En cette occasion, la ville de