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(jiiaires romains, jusqu’au temps de saint Sylvestre. Elle est grave et pleine de majesté. Un nimbe d’or entoure la tête, et se detaelie sur nn tond d’azur parseme de nuages. Huit figures de chérubins, à droite et à gauche, sont dans l’attitude de l’adoration. Lorsque cette grande mosaïque fut refaite au xiif siècle, par les ordres du pape Nicolas IV, on eut soin de conserver en entier cette antique image h
Près de l’autel principal s’élevaient ces quatre fameuses colonnes d’airain, dont l’origine a donné lieu à tant de suppositions. Suivant les uns, Titus les enleva du temple de Jérusalem et les apporta de Syrie pour orner son triomphe; selon d’autres, Sylla les prit à Athènes, où elles faisaient partie du temple de Jupiter. On a dit aussi qu’elles avaient appartenu primitivement au temple de Némésis; enfin, on a prétendu qu’elles furent posées par Domitien dans le temple de Jupiter Capitolin, après avoir été fondues sous Auguste avec le métal des rostres des vaisseaux de Cléopâtre , reine d’Egypte. Quoi qu’il en soit de l’origine de ces antiques colonnes, elles subsistent encore, et servent de nos jours a décorer l’autel du Saint-Sacrement.
l.a basilique du Sauveur fut richement dotée. L’empereur lui assura un revenu de 6,239 écus d’or: les papes et les princes chrétiens lui firent, dans la suite, des dons considérables. Les historiens de la basilique ont fidèlement transmis les noms des bienfaiteurs, parmi lesquels nous lisons ceux des rois de France Charles V, Louis XI
1 Oerltot, EsKpiiase de Rome chre't., tom. I, p. 410.
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et Henri IV. L’église de Latran avait juridiction immédiate sur 731 églises disséminées dans tous les royaumes de l’Europe et jusqu’en Angleterre, lorsque VUe des Saints était soumise à l’autorité légitime du pasteur suprême de l’Eglise, et jouissait du bien inestimable de la communion catholique.
Parmi les reliques insignes que possède la basilique de Saint-Jean-de-Latran , nous n’en mentionnerons que deux : la tal)le sur laquelle Jésus-Christ célébra la cène avec ses disciples, et celle sur laquelle saint Pierre dit plusieurs fois la messe. La piété n’estime- t-elle pas ces deux modestes tables de bois plus que tous les joyaux et les métaux précieux? Nous ne nous étendrons pas davantage sur les nombreux privilèges dont elle fut gratifiée dès le commencement. Nous dirons seulement (jue les premiers princes chrétiens lui assurèrent le droit d’asile. Cette église avait des portes closes avec de simples rideaux de toile, afin qu’il fût possible de s*y réfugier à toute heure du jour et de la nuit. Le christianisme accepta volontiers la partie de la législation romaine (pii concerne les asiles sacrés, et un écrivain moderne a fait la remarque que « l’Eglise, en ces temps reculés, avait sauvé plus d’esclaves maltraités et dignes d’indulgence, qu’elle n’avait protégé de grands criminels. Les malheureux qui se réfugiaient près des autels étaient les prisonniers de la pénitence et de la charité ; c’est pour cela, dit Rasponi, que la basilique de Saint-Jeande-Latran fut appelée l’d5/7c de la miséricorde'.
< Rasponi, de Basilic. Laieran., lib. I, p. M.
UOME.
Dans la vSiiite des siècles, l’èdifice de Constantin l’iil rebâti en partie à la suite des désastres occasionnés par le feu ou les guerres. On s’appliqua constamment à ne point altérer les dispositions primitives du monumenl ; le caractère original de la basilique ne disparut que sous Innocent X, lorsque l’architecte Borromini enfouit sous de massifs piliers les colonnes de brèche , de serpentine et de brocatelle de l’ancienne église. Les premiers travaux de restauration furent exécutés sous les papes saint Léon le Grand, Adrien I"' et Sergius IL En 896, un tremblement de terre renversa la nef jusqu’au portail; l’abside seule resta debout. Durant neuf années les mines jonchèrent le sol; les troubles qui désolaient alors l’Italie empêchèrent de se mettre à l’œuvre. Rome surtout, à cette époque, était en proie à des luttes intestines sans cesse renaissantes. En 905, Sergius III eut assez de courage pour faire trêve à de tristes préoccupations, et entreprit de relever les murailles et les colonnades renversées : cet ouvrage, que mille difficultés semblaient rendre impossible , fut conduit avec une vive ardeur et achevé en deux années.
Après avoir traversé de longues années de discordes civiles, avoir vu souvent le peuple romain révolté contre l’autorité de ses pontifes, et à l’ombre de ses antiques murailles passer cent bannières diverses, le monument délaissé menaçait de nouveau de tomber en ruine. Innocent II , ce grand pape qui occupa la chaire de saint Pierre de 1130 à 1143 et exerça une si heureuse influence sur la chrétienté , ne négligea rien pour rendre aux églises de Rome leur ancien lustre. La basilique de
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Lalran ne fut pas oubliée : les toits furent refaits, et un clocher élégant fut ajouté au bâtiment principal.
Malgré ces réparations et plusieurs autres de moindre importance qu’il est inutile de décrire en détail, l’édifice était sur le point de s’affaisser sur lui -même vers le jnilieu du xin'' siècle. Les murs étaient lézardés, et les toits entr’ouverts laissaient l’eau tomber jusque dans le sanctuaire. L’herbe poussait dans les nefs abandonnées; une catastrophe semblait imminente. En 1276, Adrien V eu t la pensée de porter remède à tant de maux ; mais la mort, qui le surprit après un pontificat de quelques semaines , ne lui laissa pas le temps d’exécuter son projet. Nicolas lY, en 1288, fut plus heureux que ses j)rédécesseurs. Les murailles furent consolidées à l’aide de contre- forts; l’abside, que le temps avait ébranlée, fut reconstruite et ornée des belles mosaïques qu’on y voit encore. L’image du Sauveur reprit la place d’honneur qu’elle occupait depuis le siècle. Ce travail fut accompli sous la direction des moines Jacques deTorrita et Jacques de Camerino, habiles artistes de ce temps, qui mirent leur nom et leur portrait au bas du grand tableau (ju’ils avaient restauré et refait en partie.
A peine l’église était-elle rendue au culte , qu’un nouveau désastre l’atteignit. En 1308, un violent incendie, occasionné par l’imprudence des ouvriers occupés à réparer les plombs de la toiture , envahit subitement la charpente. Le feu , favorisé par la sécheresse de la saison, s’étendit avec une rapidité effrayante. En quelques heures, l’église, le portique et le patriarcat devinrent la proie des flammes. Trois jours se passèrent sans qu’il
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tut possible d’approcher du foyer de l'incendie-, qui s’éteignit faute d’aliment. Du vaste édifice augmenté successivement par les papes, on ne sauva que l’abside avec le maître-autel, une partie du transsept et l’oratoire de Saint-Laurent; le reste n'était qu’un amas de cendres lïimantes. Ce malheur glaça d’épouvante le monde entier. L’Italie fut en deuil , et à Rome des processions parcoururent les rues comme dans les calamités publiques. Clément V résidait alors à Avignon; il s'émut au récit du désastre qui venait d’atteindre cette église vénérée, et s’empressa d’envoyer sur les lieux un architecte habile avec des sommes considérables. Le pape fit en même temps un appel à la générosité des princes chrétiens. Personne ne resta sourd à la voix du souverain pontife : princes et simples fidèles rivalisèrent d’empressement. La basilique se releva promjitement , et avec une magnificence propre à faire oublier les pertes récentes. Si l’on exprima quelques regrets, c’est que le nouvel édifice ne fût pas construit dans ce style d’architecture qui avait créé en France, en Angleterre et en Allemagne, tant d’œuvres qui exciteront à jamais l’admiration de la postérité. L’architecture à ogives, qui régnait sans rivale à cette époque, a laissé son empreinte sur la basilique de Latran ; mais l’ordonnance primitive y fut rétablie avec des ornements dans le goût italien.
En 1360, un nouvel incendie détruisit en partie le saint édifice , qui resta plusieurs années dans un déplorable abandon. Pétrarque se rendit l’organe de la pensée et de la douleur de ses compatriotes en écrivant au pape
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Url)ain Y. « Père miséricordieux, dit-il, de quel cœur |)ouvez-vous dormir tranquillement sur les rives du Rhône, sous les lambris paisibles de vos palais dorés, tandis que la première église du monde tombe en ruine et reste sans toit, livrée au vent et à la tempête? » Urbain V fit réparer la basilique, et construire le riche baldaquin gothique du maître-autel , soutenu sur quatre colonnes et entouré d’une grille dorée. Le même pape transféra dans des reliquaires d’argent en forme de l)ustes, ornés d’émaux et de pierreries, les chefs de saint Pierre et de saint Paul. Le roi de France Charles V fit mettre sur la poitrine de chacun de ces bustes un grand lis d’or parsemé de pierreries et de diamants.
Martin V, élu pape en 1417, au concile de Constance, vint à Rome dès que les événements le permirent, en 1420. Cette ville était alors dépeuplée et en décadence. Depuis le passage de Ladislas de Naples, que les divisions entre les Guelfes et les Gibelins avaient rendu maître de la capitale des Etats de l’Eglise, les édifices publics offraient l’aspect de la désolation; partout on voyait les marques des violences de la soldatesque et des vengeances populaires. La proscription avait répandu le deuil au sein des familles. A peine Martin Y eut- il paru , (|ue l’anarchie fut réprimée. Les exilés rentrèrent dans leurs foyers; les citoyens dévoués à la cause de l’Eglise trouvèrent une protection efficace; les fauteurs de désordres sentirent une main ferme capable d’arrêter et de punir. Les monuments religieux furent restaurés. (( En peu de temps, lit-on dans les chroniques, Rome reprit son ancien éclat et parut plus brillante que jamais. »
ROM K
Le pape montra sa dévotion envers la basilique de Latran en faisant paver la nef avec magnificence : on y employa les marbres et les mosanpies de la villa d’Antonin le Pieux , située à Genazzano. Les murs de la nef principale furent décorés de tableaux peints à fresque, dus au pinceau de Victor Pisanello et de Gentil de Fabriano. « Le talent de Gentil était aussi gracieux que son nom, » dit Michel- Ange; et, au rapport de Vasari, les peintures de Pisanello étaient « charmantes et belles au possible L »
N’est -ce pas une chose admirable que l’activité déployée à Rome par Martin Y, occupé à porter remède aux plaies saignantes de la chrétienté? L’Europe présente alors le plus triste spectacle. En Espagne, Alphonse d’Aragon travaille, avec Pierre de Lune, à ranimer le schisme près de s’éteindre. La France est en proie aux Anglais, et n’a d’espoir qu’en Jeanne d’Arc. L’Allemagne est déchirée par les Hussites. Constantinople se débat sous les étreintes des Turcs. L’Italie est toujours divisée et ravagée par des guerres intestines. Le trône de Naples est souillé par les débauches de Jeanne, sœur et héritière de Ladislas. Dans ces tristes conjonctures, les légats du pontife romain parcourent l’Europe , prêchant la concorde entre les princes chrétiens , et appelant les populations aux armes contre les infidèles, dont la marche devient de plus en plus menaçante. Un concile est convoqué pour porter remède au relâchement des mœurs : cette assemblée se réunit d’abord à Pavie, et
1 Clie sono vaghissime e l)elle al possibile.