Consulter P. 231-236-5397, chap. IV, p
4. Du point de la justice par le maintien d’une classe riche qui monopolise à son profit les éflorts de la société. Voir chap. 1[ du
livre IE, p. 280-281.
La tendance directe de la civilisation progressante est d'augmenter la puissance du travail humain pour satisfaire les désirs humains, pour détruire [a pauvreté et pour bannir le besoin et la crainte du
L’appropriation si contestable de la rente dérive de l'appropriation du sol; c’est à elle qu’en définitive
besoin. l'outes les choses qui constituent le progrès, toutes les conditions pour lesquelles combattent toutes les communautés progressives, ont pour résultat naturel et direct l'amélioration de la condition . matérielle et par conséquent de la condition intellectuelle et morale de tous ceux soumis à leur influence... Mais le travail ne peut recueillir les bénéfices qu'apportent ainsi les progrès de la civilisation parce qu'ils sont interceptés sous le régime de la propriété individuelle.Chaque accroissement de la puissance preductive ne fait qu'accroitre la rente... prix que doit payer le travail pour avoir là permission d'utiliser les forces de la terre; ainsi tous les avantages gagnés par la marche du progrès vont aux propriétaires de la terre et les salaires n'augmentent pas. Les salaires ne peuvent pas augmenter car plus le gain du travail est grand, plus grand est le prix que doit donner le travail sur son gain pour avoir la permission de ne rien gagner du tout. Le simple travailleur n'a donc pas plus d’intérêt au progrès général de la puissance productive que n’en a l'esclave cubain à la hausse du prix du sucre (chap. II, Liv. V, p. 260).
Bien plus les salaires baissent en tout état de cause lorsque larente s'élève, mais si, lorsque l'efficacité du travail est [assez grande pour compenser l’accroissement de la population par rapport à la production nécessaire, la rente haussera, les salaires baisseront par rapport à celle-ci; mais la quantité de richesse acquise par les ouvriers comme salaires haussera, par contre lorsque l’accroissement de puissance de travail ne compensera pas, par rapport à la production nécessaire, l’accroissement de population; la rente hausse, mais les salaires baisseronl, non seulement proportionnellement, mais encore en tant que quantité », Liv. IV, chap. LI, p. 221.
« La spéculation tendant à accroïtre la rente plus vite que le progrès n’augmente pas la production... réduit les salaires, non seulement relativement mais absolument », liv. IV, chap. IV, p. 349; voir aussi liv. II, chap. IL, p. 330-331.
Du point de l’utilité sociale l'appropriation des rentes provoque les crises périodiques qui paralysent l’industrie,
« Etant donnée une communauté progressive dans laquelle la population augmente les améliorations se succédant, la terre doit augmenter constamment de valeur. Cet accroissement constant doit naturellement amener des spéculations qui anticipent sur l’accroissement futur et fait que les valeurs foncières dépassent le point où, dans les conditions actuelles de production, leurs jrevenus habituels seraient laissés au travail et au capital. La production commence donc à s'arrêter. Il n'y a pas à proprement parler diminution de la production, mais stagnation... « Cet arrêt de production sur .
George s'attaque (1). « Si nous sommes tous ici-bas par la permission égale du Créateur, ‘nous avons tous un titre égal à l'usage de tout ce que la nature offre avec tant d’impartialité. Il n’y a sur la terre aucun pouvoir qui puisse légitimement concéder une propriété exclusive de la terre (2). »
certains points se communique à d’autres points du réseau industriel par l'arrêt dans la demande qui produit un arrêt dans la production. et ainsi la paralysie gagne de place en place produisant une dislocation partielle de la production et de l'échange et ayant pour résultant des phénomènes qui semblent prouver, soit un excès de production, soit un excès de consommation, suivant le point de vue où l’on se place pour les envisager. La période de marasme s’ensuivant continue jusqu’à ce que le progrès de la rente due à la spéculation soit perdu, ou que l'accroissement dans leflicacité du travail, dû à Paccroissement de la population et les progrès de l'invention permettent à la ligne normale de la rente de dépasser la ligne de spéculation de la rente ou que le capital et le travail s'entendent pour produire en acceptant des revenus moindres. Ou plus probablement ces trois causes coopéreront pour produire un nouvel équilibre et toutes les forces de production s’unissant, une période d'activité commencera; Sur ces entrefaites la rente commencera à progresser, la spéculation la fera
à nouveau avancer trop rapidement, la production devra encore
s'arrêter et on aura une fois de plus parcouru le même cercle. Henry George, op. cit., liv. V, chap. I,p. 250-251.
1. On a fait du solune propriéte individuelle. « Or il ne peut y avoir de titre légitime à la propriété d’une chose, si ce titre ne dérive pas de celui du producteur et ne repose pas sur le droit naturel que l’homme a-sur lui-même »… Quand les non-producteurs peuvent réclamer comme rente une partie de la richesse créée par les producteurs, les droïts des producteurs aux fruits de leur travail se trouvent niés par là même, liv. III, chap. 1, p. 317. liv. VII, chap. 1, P2319:17
2. Avons-nous donc fail la terre pour vouloir déterminer les droits de ceux qui, après nous, seront tenanciers à leur tour? Le Tout-
Puissant qui a créé la terre pour l’homme et l’homme pour la terre a donné la terre en partage à toutes les générations des enfants des hommes, par un décret écrit dans la constitution de toutes choses, décret qu'aucune action humaine ne peut annuler, qu'aucune prescription ne peut détruire, liv. VII, chap. I, p. 321-322.
Injuste dans son attribution, la propriété de la terre l’est aussi dans ses effets, car elle doune à son possesseur un pouvoir souverain sur le reste de l'humanité (r). Elle est aussi nuisible à l'intérêt général: si la terre était traitée comme une propriété publique, elle serait en effet exploitée et améliorée aussitôt que cela serait nécessaire pour son usage, tandis que traitée comme propriété privée, elle peut être cultivée ou rester en friche selon la volonté de son possesseur (2).
George aboutit ainsi à faire de l'appropriation de la terre l’agent unique du deséquilibre social qu'il
1. (Quand il faut ou mourir de faim ou faire usage de laterre,alors l'esclavage des hommes compris dans la possession de la terre devient absolu. Placez une centaine d'hommes dans uneïile dont ils ne peuvent pas s'évader, que vous fassiez de l’un de ces hommes le maître des quatre-vingt-dix-neuf autres ou que vous le fassiez le propriépriétaire du sol de l'ile, cela ne fera aucune différence pour lui ou pour eux. Dans un cas comme dans l’autre, il aura sur eux pouvoir de vie et mort, car en leur refusant la permission de vivre sur l'ile, il les forcerait à $e précipiter à la mer. Prenez un pays où le sol est entièrement approprié, mais où il est divisé entre un certain nombre de propriétaires, à travers des relations plus complexes, on aboutira
au même résultat: à la tyrannie des propriétaires fonciers, à l’asser--
vissement des travailleurs. V. pour le développement de cette idée le chapitre Il du livre VII qui lui esl consacré, en particulier, p. 329-
2. Liv. VIL chap. 1, p. 381. La rente croît avec le développement social et semble engendrer la misère, mais la rente est un phénomène économique qui ne peut ni être justifié, ni être condamné par luimême. Sice n’est pas la mode d’appropriation. Or ce mode d’appropriation est injuste et contraire à l'utilité sociale. On ne peut pas . le supprimer sans porter atteinte à la propriété individuelle qui lui sert de base. Mais pour elle-même cette RrORNIBLET individuelle du sol est injuste et contraire à l’utililé sociale.
déplore. La nationalisation du sol (r) lui semble le moyen d'y remédier, mais comment la réaliser ? . « La justice, aussi bien que les exigences économiques sereient satisfaites si la terre était proclamée propriété collective et louée au plus offrant, tout en sauvegardant le droit privé aux améliorations (2). Mais on heurterait ainsi les coutumes et habitudes actuelles de la-pensée, ce qui est toujours à éviter. Point n’est besoin d'acheter ni de-confisquer la propriété privée (3). Que les individus qui maintenant A possèdent, conservent, si cela leur est nécessaire, la à - possession de ce qu’ils appellent la terre, qu'ils continuent à l’appeler leur terre, qu'ils l’achètent et qu’ils la vendent, qu'ils la lèguent ou qu'ils la divisent. On peut leur laisser la coque en prenant . l’amande. » Il n’est même pas nécessaire de confis-
1. Au chapitre I du livre VI, George repousse les autres remèdes proposés pour diminuer la pauvreté dans les masses. 2, Liv. VIII, chap. IT, p. 382.
3. « Acheter les droits de propriété individuelle ce serait simple- ment donner aux propriétaires, sous une autre forme, un droit du même genre et de la même valeur que celui que leur donne actuellement la possession de la terre, ce serait lever pour eux, par des impôts, la même part du gain de travail et du capital qu’ils s’approprient maintenant par la rente. Leur avantage injuste serait conservé et le désavantage injuste des non-propriétaires également... » Il est vrai qu'au bout d’un certain temps le peuple bénéficierait de l’accroissement futur de la rente mais comme « un des éléments de la valeur actuelle du marché de la terre, c’est l'espérance d’un accroissement futur de valeur..., acheter les terres aux prix du marché et payer l'intérêt du prix d'achat, ce serait mettre sur le dos des producteurs, - non seulement le paiement de la rente actuelle mais le paiement de la rente espérée par la spéculation, liv. VIL, chap. Il, p. de 343; v. p: 343 la critique du pin de J.-S. Mill.
quer directement la rente. Les impôts actuels le font déjà pour une faible partie, il ne reste qu'à accentuer leur emprise (1). L'Etat, ainsi, bénéficierait de la rente. La terre, sous quelque nom qu'elle soit possédée, serait réellement propriété commune el chaque membre de la communauté aurait sa part aux avantages de la propriété (2). George donne à celte proposition une forme pratique : « Abolissons tous les impôts sauf celui sur la valeur foncière ». C’est l'impôt unique sur la terre, c’est la fameuse « single-tax ». |
La single-tax parfaite pour réaliser l’idéal de justice sera-t-elle un bon impôt? (3) Oui, car si, toutefois, iln'excède pas la rente, il ne réduira par le salaire ni le profit du capital, ne fera pas hausser le prix des marchandises et ne pèsera pas sur la production. Il portera en effet exclusivement sur la valeur de la terre qui « n’exprime pas la récompense de la production mais la valeur d'échange du monopole ». Il sera du reste équitable puisqu'il. pèsera uniquement sur ceux qui reçoivent de la société un avantage particulier et en proportion de cet avantage(4).
1. C’est leremède proposé par J. Mill, mais aggravé puisque non seulement on prendra la rente future mais encore la rente actuelle.