Staatwirt tschaftiche Untersuchungen. Munich
3. Die Lehre von Unternehmergewinn. Leipzig, 1885. 4. Etat isolé, 1826.
avaient découvert les rapports de la rente avec la loi de l'offre et de la demande. Mais là où il n'y avait qu'hypothèses isolées, l'école anglo-américaine est arrivée à un système coordonné,
Ricardo et ses disciples immédiats avaient montré que non seulement la terre mais encore tous les agents naturels de production étaient susceptibles de fournir üne rente. Il semble logique d'étendre le concept : « D’un individu à l’autre, n'y. a-t-il pas aussi différence de production par suite de l'inégalité des facultés intellectuelles, morales et physiques ? Ces capacités naturelles procurent à l’individu qui les possède des revenus supérieurs à ceux qu'obtiennent des individus moins doués. Puisque ces revenus ne sont pas le résultat de l'emploi de l'effort humain sur un agent de production, il existe une forte raison de les regarder comme étant de la nalure de la rente... (1).» Un ouvrier,aussi bien qu’un entrepreneur, peut jouir de celte rente différentielle. « Lorsqu'un artisan ou un homme exerçant une profession libérale témoigne de capacitésintellectuelles, exceptionnelles qui ne sont pas le résultat de l'effort humain et qui ne sont pas non plus le résultat de sacrifices faits en vue d’un bénéfice futur, ces capa-
1. À. Marshall, Principes d'économie politique. Traduction française de F. Sauväire-Jourdan, Giard et Brière. Paris, 1906, L. }, p. 8. Préface de la 1° édition. — V, t. I, liv. VI, chap. V, p. 366-367.
cités lui permettent de se procurer un surplus de revenu, au delà de ce que les personnes de capacité ordinaire peuvent attendre d’un travail semblable accompli à la suite d’une même dépense de capital et de travail... » (1). |
C’est avec l'américain Francis Walker (2) que la théorie de la rente différentielle du profit s'élabore avec quelque force. Il existe, écrit-il, entre les entreprises individuelles les mêmes différences de rendement qu'entre les exploitations agricoles « Sous un régime de libre et pleine concurrence, les patrons prospères toucheraient une rémunération qui serait exactement mesurée pour chacun par la quantité supplémentaire de richesse qu’il peut produire avec une quantité donnée de travail et de capital au delà de ce qui serait produit (avec la même quantité de capital et de travail) par les patrons de la dernière catégorie (3) ». Ces surplus, provenant de capacités plus
1. Marshall, op. cit.,t. II, liv. V, chap. VIII, p. 420. Stuart-Mill avait déjàsignalé la rente de l'entrepreneur: «Le gain supérieur qu'un fabricant ou un marchand retirent de l'emploi d’un talent supérieur pour les affaires... ressemble fort à la rente ». Stuart-Mill, liv: V. S1V,p 3r.
2. The source of business profit in Quaterly, Journal of Economics avril 1887. Cité par Gide et Rist, op. cit., 1° édition, p, 629. Nous empruntons la théorie de Walker à l'ouvrage de MM, Gide et Rist (textes cités, p. 630). L'entrepreneur a, d’après Walker, pour rôle, d'adopter la production à la demande. Le profit est la rémunération spéciale de l'entrepreneur, non compris l’intérêtde sescapitaux. Il ne provient pas d’un appauvrissement des travailleurs, car les salaires sont généralement les plus élevés là où les profits sont les plus forts.