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Walker, etc., op. cit., p

grandes de l'entrepreneur, paraissent toul à fait-semblables à la rente du sol. La théorie de Walker est séduisante, La plupart des économistes contemporains ladmettent en général. Comme lui ils croient que l'entrepreneur jouit d’une rente, due à ses capacités particulières, mais ils considèrent que le profit n'est pas uniquement constitué par cet élément (1). - D'une terre à l’autre, d’un individu à l’autre, il existe des différences de productivité; n’en peut-il pas être ainsi d’un capital à un autre ? Certainement : mais alors que dans le cas de l'individu et de la’ terre, la rente est due à l’inégale générosité d’agents naturels, dans le cas de capitaux elle est due à lPintervention de l’homme ou à l'influence de la société (2).

: 1: Pour certains, comme Marshall, le profit de l'entrepreneur comprend en dehors de l'intérêt de ses capitaux propres, une part représentative des frais qu’a nécessilés sa formation intellectuelle et une part destinée à couvrir les risques. Le reste seulement du profit serait la quasi-rente : Marshall, liv. VI, chap. V-VIL. D’autres économistes comme Walras et Clark ont critiqué la théorie de Walker, mais ont admis que le profit de l’entrepreneur était constitué par des rentes.

2. Marshall, liv. V, chap. IX, $ 1, p. 128-129, n’admet que partielle: ment cette rente. Elle n’est pour lui en tout cas qu’une quasi-rente des capitaux. Pour des périodes qui sont longues par rapport au temps nécessaire pour faire des améliorations quelconques et leur faire produire tout leur effet, les revenus nets provenant de ces amélicrations ne sont que le prix nécessaire pour rémunérer les efforts et les sacrifices de ceux qui les font : les dépenses font ainsi directement partie des dépenses limites de production et ont une part directe à la fixation du prix d'offre pour une longue période. Mais dans les périodes courtes par rapport au temps nécessaire pour effectuer les améliorations les dépenses n’exercent pas cette influence directe sur le prix de l'offre et lorsque nous avons affaire à de sem-

L'inégale productivité des capitaux dans l’industrie a été signalée par Hermann (1). « Un cas tout à fait analogue à la rente a lieu quand dans un pays fonctionnent quelques machines étrangères, dont la multiplication est difficile (2). Supposons que le prix du produit fabriqué avec ces machines s'élève. Si l’on ne peut fabriquer dans le pays que des machines plus chères et cependant moins efficaces à cause de leur construction défectueuse, les prix resteront supérieurs au coût de production du produit par les meilleures machines ; ainsi est assuré à leur propriétaire l'avantage que leur avait procuré l'élévation du prix. »

. D'une usine à l’autre, la différence de rendement ne provient pas seulement de la qualité des machines mais d’une foule d’autres causes, dont : l’agencement plus ou moins pratique des bâtiments, la division du travail poussée plus ou moins loin, l’avantage que procure la possession d’un brevet (3), etc.

blables périodes, ces revenus peuvent être regardés comme des quasi-rentes, qui ne contribuent pas directement à déterminer le prix du produit, mais qui dépendent de lui.

1. Hermann, op. cit., p. 166. Cité par Gide et Rist, p. 638, note 1, 1" édilion.

a. Par exemple à cause d’une interdiction à l'exportation établie par le pays de provenance. |

3. Suart Mill avait déjà signalé cette dernière cause. « Les cas dans lesquels, on réalise un profit ne ere analogue à la rente sont . plus fréquents dans les transactions industrielles qu'on ne le croit généralement. Tel est, par exemple, le cas d'un brevet ou d'un privilège exclusif d'employer un procédé qui diminue le coût de production. » \

Stuart Mill, op. cit., liv. IL, chap. V, $ 4, p. 50.

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Mangoldt (1) va encore plus loin, il montre qu’il existe une rente pour tous les capitaux fixes : « La rente se manifeste de la manière la plus nette et la plus vaste sur le sol employé à l’agriculture, maiselle n'est pas moins visible pour tous les capilaux qui ne peuvent être multipliés et qui ne peuvent être remplacés que par d’autres plus chers, ou ayant une productivité moindre. »

« En définitive, toute différence en faveur de cer-

tains producteurs ou en faveur de la production à

cerlaines conditions et de laquelle résulte un gain,

est régie par les mêmes lois que la rente (2). »

Les économistes contemporains qui admettent l’extension donnée au concept ricardien reconnaissent loutefois que les rentes différentielles, dues à l'intervention de l'homme, ne sont pas identiques à celles qui sont duesà l’inégale générosité de la nature. « Les unes sont d’une durée très longue et même

presque perpétuelle lorsqu'il s’agit de Ja terre ; les

autres, au contraire, sont rendues par la concur-

rence, essentiellement temporaires (3). Il existe des ressemblances et des dissemblances entre la terre et les instruments de production créés par l’homme. Il existe des dissemblances en ce sens que la terre est un fonds fixe pour tonjours (fixed stock for all time)

1. Mangoldt, op. cit., cité par Gide et Rist, Loc. cit. 2. Stuart Mill, liv. IL, chap. V,S 4, p. 51.

3. À. Marshall, op. cit., t. 11, liv. V, chap. IX, $ 4, p. 132.

tandis que les instruments de production créés par l'homme, que ce soit des améliorations du sol, des édifices ou des machines, etc., constituent une masse susceptible d'augmentation ou de diminution selon les variations qui surviennent dans la demande effective des produits qu’ils contribuent à obtenir (1).

C’est seulement pendant de très courtes périodes, alors que ces instruments constituent en fait un fonds fixe que les revenus provenant de ces instruments de production sont dans le même rapport avec la valeur des produits obtenus HE eux que les véritables rentes (2). »

La rente foncière n'apparaît plus ainsi comme une

‘anomalie, mais comme la manifestation ee ‘d’un phénomène très généralisé.

Après les découvertes successives de rentes différentielles nouvelles, la question se posait de savoir quelles étaient leurs causes générales. Devait-on répondre avec Ricardo l’inégale fertilité, l'inégale

1. Cf. avec le passage suivant, t. Il, Liv. V, chap. IX, & 4, p. 133-134 cité par Gide et Rist, p. 638, note 2, de leur première édition. « La &issemblance entre la rente du sol et les quasi-rentes d’autres objets réside dans le fait que le prix de location des autres objets ne peut pas, dans les circonstances ordinaires et pour un temps prolongée s’écarter beaucoup des profits normaux sur les dépenses de production ; tandis que l'offre de la terre fertile, ne peut être rapidement adaptée à la demande de cette même terre et c’est pourquoi le revenu qu'on en tire peut d’une manière permanente s'écarter beaucoup des profits normaux pour les dépenses de préparation du sy en vue de la culture.

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