LA LIQUIDATION DU PASSÉ
$ 1. — Difficultés de la liquidation
On avait cru autrefois trouver une solution élégante aux règlements de cheptels « en procédant à une double évaluation, l’une à l’entrée, l’autre à la sortie du fermier ; la différence déterminait à la fois qui devait l'indemnité et quel en était le montant. Mais la guerre a tout bouleversé; le prix des bêtes s’est accru dans une proportion invraisemblable, si bien qu'aujourd'hui, lorsqu'il faut régler, le propriétaire et le fermier ne s'entendent plus du tout.
— Je vous ai donné, dit le propriétaire, tant de têtes de bétail : rendez-les moi, puisqu'elles m’appartiennent.
— Point du tout, répond le fermier. Les bêtes valent aujourd’hui cent cinquante mille francs ; mais elles ont été estimées trente «mille francs dans le bail : je ne dois donc vous rendre que pour trente mille francs de bétail, valeur actuelle, Si vous voulez garder tout le troupeau, vous le pouvez; mais versez-moi la différence entre les deux évaluations, soit cent vingt mille francs.
A quoi le propriétaire de répondre :
— Je ne puis exploiter ma ferme avec le cheptel réduit que vous m'offrez et d’autre part je n’ai point 100.000 francs à ma disposition, étant propriétaire c'est-à-dire nouveau pauvre. Si j'acceptais votre compte, je n'aurais plus qu’à vendre mon bien.
— Qu’à cela ne tienne, explique le fermier. J’ai justement quelques économies. Je vous achète votre ferme et vous la paye comptant. Je prends de l’âge et me sens un peu fatigué. Je la louerai et compte aller habiter la ville et vivre de mes rentes en bon bourgeois (1). »
Le système de la double évaluation employée couramment jusqu’à ce jour, va donc créer une situation délicate et complexe.
Le propriétaire foncier désireux de jouir directement de ses terres, sans l'intervention d’un fermier, doit avec le règlement monétaire des plus-values de