‹ Les plus vieux chants de la BibleChapitre 1 sur 76 · TANT · texte numérisé non relu

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h A. CAUSSE

PROFESSEUR A LA FACULTÉ DE THÉOLOGIE PROTESTANTE & DE L'UNIVERSITÉ DE STRASBOURG * ges

! PARIS x #& LIBRAIRIE FÉLIX ALCAN no: ‘ 108, Boulevard Saint-Germain

C'était, il y a quelques années, un dogme de la critique wellhausienne, que le Psautier, dans toutes ses parties, était l’œuvre de la communauté du second temple. Le maître avait lui-même posé le problème en ces termes : « Le Psautier faisant partie des Hagiographes et constituant le recueil des chants de la communauté du second temple, et les suscriptions procédant d’ailleurs de l’organisation musicale du culte telle que la décrivent les Chroniques, la question est de savoir non pas s’il y a dans le Psautier des cantiques postexiliques, mais bien s’il y en a de préexiliques ‘.» Cheyne”, Duhm, allant aussi loin que possible dans la direction ainsi indiquée, ont placé le plus grand nombre des Psaumes à l’époque macchabéenne, entre la persécution d’Antiochus Epiphane et les règnes d’Hyrkan et d'Alexandre Jannée. Et, pour appuyer l'hypothèse, on a accumulé les prétendues allusions à l’histoire du temps; cependant on a négligé d’expliquer comment la grande floraison lyrique d’Israël a pu se produire au Ile siècle immédiatement après le Chroniste, le Siracide et le Qohélet et au temps de Daniel ou d’Hénoch, c’est-à-dire à un moment où l’hébreun était à peu près devenu langue morte et où le génie littéraire d'Israël était tombé le plus bas.

* Wellhausen, dans son édition de l’Einleitung in das A.T. de Bleeck #, p. 507.

? T. Cheyne, The Book of Psalms, 1888 et The origin and religious contents of the Psalter, 1891.

* B. Duhm, Die Psalmen, 1899. Depuis a paru une deuxième édition «augmentée et améliorée », 1922. L'auteur y reste obstinément fidèle à son hypothèse des Psaumes macchabéens.

Une réaction a commencé à se dessiner contre ces solutions hypercritiques. Sans renoncer complètement à l'hypothèse des Psaumes macchabéens, C. Briggs' et Staerk’, dans leurs commentaires ont admis l’existence d’un certain nombre de psaumes | préexiliques, et Kittel° a maintenu pour certains morceaux l’hypothèse d’une composition davidique; tandis que Grunkel dans ses Ausgewählte Psalmen interprétait avec beaucoup de pénétration ‘et de sens religieux les chants les plus typiques du Psautier et les éclairait par la comparaison avec les textes parallèles des Httératures sacrées d'Egypte et de Babylone *. ;

.. Mais c’est apparition des Psalmenstudien de Mowinckel qui a définitivement orienté l’exégèse du Psautier vers des voies nouvelles®. Mowinckel, renonçant à l'interprétation historique et psychologique des psaumes, a voulu appliquer aux recherches bibliques

,* C. Briggs, The Book of Psalms (dans The international critical Commentary, 1907-09). * ie

2 W. Staerk, Die Lyrik des alten Testaments, 1911 (dans Schriften des A. T.).

5 R. Kittel, Die Psalmen, 1914 (dans le Kommentar zum A.T.). Il convient de mentionner aussi l'excellente brochure de H. Schmidt, Die religiôse Lyrik im A.T., 1912 (dans la collection Religionsgeschichtliche Volksbücher), qui, malgré ses dimensions restreintes, donne sur l’histoire de la poésie hébraïque des aperçus très pénétrants. |

* H. Gunkel, Ausgewählte Psalmen, 1904. Conf. Israelitische Literatur, dans Kultur der Gegenwart, I, 7, 1906 et l'article Psalmen, dans Die « Religion in Geschichte und Gegenwart. Depuis, Gunkel a commencé à publier son grand ouvrage, Die Psalmen übersetzt und erklärt, 1925-1926, dans le Gôüttinger Handkommentar zum A.T. où, sans modifier considérablement ses points de vue, il a étendu son étude à l'ensemble des Psaumes. Cet ouvrage, par l'abondance des matériaux accumulés et par l'originalité de la méthode, s'annonce comme le Commentaire le plus important qui ait paru jusqu'à ce jour.

5 Mowinckel, Psalmenstudien, 1921-1924.

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