‹ Les plus vieux chants de la BibleChapitre 34 sur 76 · LA TRADITION LYRIQUE · texte numérisé non relu

LA TRADITION LYRIQUE

tionnelle que les chanteurs, en se la transmettant, ont adaptée aux exigences du culte et aux circonstances des temps et des milieux.

Puis commence un développement lyrique qui décrit avec de puissantes images le désastre des méchants et l’allégresse des justes au jour de l'apparition du Dieu vainqueur.

Comme s'évanouit la fumée ils se dispersent,

Comme la cire fond au feu,

Ainsi périssent les méchants devant la face d'Elohim.

Maïs les justes se réjouissent, ils triomphent devant la face d'Elohim, Et ils tressaillent d'allégresse.

Même procédé de composition dans la deuxième strophe. C'est

d'abord une acclamation liturgique.

Chantez Yahvé, célébrez son nom!

Préparez le chemin à celui qui s’avance sur son char à travers la steppe, Yahvé est son nom; tressaillez d’allégresse devant lui!

Puis le psalmiste développe l'exposé des motifs pour lesquels Yahvé

doit être loué :

Père des orphelins et défenseur des veuves, Elohim dans sa demeure sainte.

Elohim ramène Îles isolés dans la maison.

Il rend la liberté et la prospérité aux prisonniers, Mais les rebelles habiteront dans le désert aride.

Ces derniers vers apparaissent comme une amplification prophétique que le rédacteur a ajoutée à l'antique liturgie.

La troisième strophe reprend l'introduction du cantique de Débora pour décrire la manifestation de Yahvé, dieu de l'orage et du tremblement de terre, qui s'’avance à la tête des armées d'Israël.

» O Elohim, quand tu sortis à la tête de ton peuple, Quand tu marchas à travers le désert, La terre trembla, Les cieux s’ébranlèrent devant Elohim, Devant Elohim, le dieu d'Israël.

Tu fis tomber, Ô Elohim, la pluie en abondance, Tu restauras ton héritage épuisé ; Ton peuple établit là sa demeure, Dans ta bonté, Ô Elohim, tu pourvus aux besoins de tes fidèles.

C'est sans doute assez mal expliquer la composition de ce psaume que d’y voir un simple pastiche fait de réminiscences d’un auteur «nourri des modèles classiques » (Bible du Centenaire, Les Psaumes, p. 67, note a. Conf. Staerk, Lyrik, p. 137, et Kittel, Die Psalmen, p. 250). Duhm croit y découvrir des allusions aux conquêtes d'Alexandre Jannée dans le Bachan,

Dans la plupart des cas, il est singulièrement difficile à la critique de distinguer entre l’ancien et le nouveau. La question de la date d’un psaume ou d’un fragment de psaume reste toujours problématique. Les hypothèses les plus contradictoires ont pu être émises, avec des arguments vraisemblables et également insuffisants. Cependant, si l’on considère dans ses grandes lignes

l’histoire de la langue et du culte et l’évolution religieuse, on peut .

estimer qu'un très grand nombre des psaumes cultuels datent dans leurs éléments constitutifs de l’époque royale. Et sans doute faut-il aller plus loin encore, et reconnaître dans certains morceaux des éléments prédavidiques.

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Nous avons très probablement un de ces vestiges de l’an-

cienne poésie cultuelle dans la dernière partie du Ps. XXIV,

Portes, élevez vos linteaux, Exhaussez-vous, portails antiques, Pour qu'il entre, le roi de gloire!

C'est Yahvé, le fort, le gibbor, Yahvé, le gibbor des combats.

— Portes, élevez vos linteaux, Exhaussez-vous ‘, portails antiques, Pour qu'il entre, le roi de gloire!

— Quel est ce roi de gloire ?

— C'est Yahvé Tsebaot,

C'est lui le roi de gloire.

Ce chant fait partie d’une liturgie processionnelle composée

de trois fragments assez différents de caractère et d’origine. Les deux premiers fragments sont les plus récents (v. 1-2, 3 à 6) et l’on y aperçoit des traces de l'influence prophétique. Le troisième

Die Psalmen?, p. 255. En réalité nous avons ici divers motifs liturgiques

destinés à une fête de victoire, et qui sont reconnaissables aux archaïsmes

de la langue. Et l’on pourrait faire des constatations analogues pour un assez grand nombre de psaumes.

! Au lieu de oûse’où, lire vehinnäse'oû.

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