‹ Les plus vieux chants de la BibleChapitre 65 sur 76 · CHANT DE VICTOIRE DU ROI · texte numérisé non relu

CHANT DE VICTOIRE DU ROI

la croyance naïve en l'efficacité du rite sacré, des offrandes et des sacrifices que le roi a offerts, des formules cultuelles convenablement prononcées. Et maintenant le roi va s’avancer pour la bataille avec les énergies mystiques qui lui ont été commu-

niquées. La bénédiction de Yahvé est sur lui, le nom du Dieu fort est avec lui comme mot d’ordre et comme talisman, que. pourraient contre lui les hommes?

. Il faut rapprocher de ce psaume l’oracle du Ps. XXI, 9 à 13, que nous avons mentionné à propos des rites de guerre, et aussi la deuxième partie du Ps. XVIII, 32 à 50, un chant de victoire où le roi est représenté comme le héros que le Dieu des batailles a ceint de sa force, et qui se précipite invincible dans la mêlée, exterminant devant lui ses adversaires et les balayant comme la boue des rues.

mère : « Ne crains point, fais hardiment la guerre ; où est ta face je vais! » Et le roi répondait : « Où tu iras, j'irai avec toi, dame souveraine! » Mas-

- péro, op. cit. III, p. 405, et M. Jastrow, Die Religion Babyloniens und Assyriens, I, p. 417, 418.

| 1 Le Ps. XVIII considéré dans son ensemble apparaît comme un poème composite, bien que la rédaction en soit très savamment ordonnée et de belle allure. Dans la première partie (v. 1 à 31) le poète célèbre une grande délivrance : Les liens de la mort l'avaient enveloppé et il était près de sombrer dans les eaux de l'abîme, lorsque Yahvé a manifesté sa puissance et l'a délivré. Puis il décrit selon les données de la mythologie traditionnelle, et avec une grande magnificence d'images, l'apparition du grand dieu du ciel, du dieu de l'orage au milieu des catastrophes. C'est Yahyvé qui vient au secours de ses fidèles. Il est leur rocher, leur forteresse, leur libérateur. Dans la deuxième partie (v. 32 à 50) c'est un roi qui parle, il dit la force et la vaillance que Yahvé lui a données et il chante le Dieu

qui le conduit à la victoire.

L'ample développement de ces strophes rend fort improbable l'hypothèse d'une rédaction antique, et l'interprétation traditionnelle sur l'origine davidique du psaume (bien que cette interprétation soit défendue aujourd'hui encore par Sellin, Einleitung in das A. T.* 1925, p. 132. 133). D'autre part la manière imprécise dont il est parlé des ennemis et de la bataille ne permet pas de voir ici un chant de victoire, composé dans une circonstance déterminée. (Cela dit contre Duhm qui veut trouver dans notre psaume des allusions aux conquêtes d'Alexandre Jannée.) Constatons seule-

» ment qu'une fois de plus nous avons dans un psaume de date plus ou moins

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Tu me ceïns de force pour la guerre,

Tu fais plier devant moi mes agresseurs.

Mes ennemis, tu les mets en fuite devant moi,

Et mes adversaires, je les extermine,

Is ont crié, mais personne pour les sauver,

Ils ont crié vers Yahvé… mais il ne leur a pas répondu. Je les ai écrasés comme la poussière sur une place,

Je jes ai foulés? comme la boue des rues.

Vive Yahvé, béni soit mon rocher !

Qu'il soit exalté, le Dieu de mon salut,

Le Dieu qui me procure vengeance

Et qui m'assujettit les peuples !.…

11 accorde de grandes délivrances à son roi, 11 assure ses bienfaits à son oïint,

A David et à sa race pour toujours ?.

récente des éléments liturgiques anciens, soit des formules que le roi répétait avant de partir pour la bataïlle et qui devaient lui assurer la protection divine, soit dés paroles d'actions de grâces après la victoire.

Comp. Ps. CXVIII, 10 à 16. Le Ps. CXVIII est une liturgie proces-

sionnelle, qui sous sa forme actuelle date de l’époque du second temple. Mais le morceau central (v. 10 à 16) doit avoir été primitivement un chant que le roi prononçait dans une fête triomphale.

Toutes les nations m'environnaient,

Au nom de Yahvé je Îles taille en pièces.

Elles m'’environnaient, me cernaient,

Au nom de Yahvé je les taille en pièces.

Elles m’environnaient comme des abeilles,

Comme un feu d'épines,

Au nom de Yahvé je les taille en pièces.

On me poussait violemment pour me faire tomiber,

Maïs Yahvé m'a secouru.,

Yahvé est ma force et mon appui,

C'est lui qui m'a sauvé.

Des cris de joïe et de triomphe retentissent dans les tentes des justes: La droite de Yahvé a déployé sa force,

La droite de Yahvé procure la victoire,

La droite de Yahvé a déployé sa force.

* Au lieu de ke‘äphôr ’al-pené-roûakh, lire selon le texte parallèle de |

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