ÉPILOGUE
sacrée.
Cependant, à partir du huitième tele avec les catastrophes . politiques et sociales qui ont bouleversé l’Orient au moment de 1 la conquête assyrienne, nous assistons à une transformation de l’ancien idéal humain. Le passé vénérable est ébranlé jusque dans ses assises, les forces traditionnelles et conservatrices des peuples perdent en influence. D’une part les guerres, les révolutions, les déportations ont multiplié le nombre des sans maison w et des sans patrie; d’autre part, l’organisation intérieure de la michpakha se relâche, sans que l’organisation royale parvienne à la remplacer efficacement. Dès lors, l'individu tend à s’af- A franchir des liens et des limitations que lui imposait le groupe; }) l'antique solidarité est brisée. La dure loi de responsabilité collective a perdu sa force: Les enfants ne sont plus frappés à cause de leurs pères et chacun ne porte que la peine de son « péché. |
La religion elle aussi traverse une crise. La foi naïve en … l'efficacité des rites ancestraux commence à décliner, les âmes cherchent par delà les institutions du culte officiel de nou" velles sources de vie. Les prophètes réformateurs opposent au « yahvisme formaliste et baalisé des anciens sanctuaires la religion . de la justice sociale et de la bonté. |
Homme, on t'a dit de faire ce qui est bien.
Ce que Yahvé demande de toi,
C'est de pratiquer la justice,
D'aimer la miséricorde
Et de marcher humblement devant ton Dieu °..
paient de la stabilité du rite et de l'inviolabilité de la chose ;
méssef -i li:
La piété s’est spiritualisée, elle s’est intériorisée. Le commandement divin est au fond de chaque cœur d'homme: et, " à
s’il ne réalise cet ordre intérieur, l’adorateur ne saurait s’approcher de Yahvé.
1 TI Rois XIV, 6. Jérémie XXXI, 29, 30.
? Michée VI, 8.
Le ÉApeur dit :
Ce peuple s'approche de moi avec Led paroles de sa bouche, 11 m'honore avec ses lèvres,
=. Mais son cœur est éloigné de moi Et son culte n'est qu'un précepte humain, Une parole qu'on récite... !
Je mettrai ma loi en eux,
Je l’inscrirai dans leur cœur ; Et je serai leur Dieu, .
Et ils seront mon peuple *?.
- En même temps apparaît la vraie prière. L’homme ne ; cherche plus à contraindre la divinité par la répétition des gestes “1 et des formules sacrés, mais il s’adresse à Yahvé avec confiance A comme à une volonté bonne, il lui dit ses besoins, ses inquiétudes, - ses aspirations, et sa prière devient une méditation de l’âme, un entretien avec Dieu *.
; ‘ . La transformation de l’inspiration prophétique, qui à son : stade supérieur chez les prophètes écrivains tend à se dégager 4 de l’automatisme psychologique et de l’enthousiasme extatique | des anciens nebiim, devait aboutir, elle aussi, à une conception SA individualiste de la religion. Celui qui a reçu le rouakh de Yahvé ! n’est plu plus un être passif, dominé par une influence étrangère; k- dans le sentiment qu’il est en contact immédiat avec la divinité,
qu’un dieu parle en lui, sa pensée se réalise et sa personnalité . s’affermit. Et l'inspiration est devenue à ce point consciente qu’il : arrive au prophète d'interrompre à certains moments l’acte et ; la parole que Yahvé lui a ordonné d’accomplir, pour donner cours 1 au sentiment intérieur qui déborde de son âme. Alors l’ oracle fait place à l’interrogation anxieuse ou à 1 ne parfois aussi :
{ à la ponte ou la protestation:
1 Esaïe XXIX, 13.
2 Jérémie XXXI, 33.
? V. F. Heïler, Das Gebet *, pp. 137, 220, et F. Ménégoz, Le problème de la prière, 1925, p. 213 à 247.