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MÉTHODES DE VACCINATION JAMAIS APPLIQUÉES EN PRATIQUE

Elles sont innombrables et leur classement est dif-

ficile. On peut les diviser, un peu arbitrairement, de

la façon suivante :

SA

À. Vaccins utilisant du sang ou du sérum virulent.

NicoLLE (19009), ayant démontré, le premier, le pouvoir infectant du sang de typhique pour le cobaye et le singe, eut l'idée, dès 1911, d'employer ce matériel virulent, frais et surtout chauffé, pour immuniser ces animaux. Il résume ainsi ses expériences : « Une inoculation préalable et inoffensive de sang chauffé à 50° ne donne pas l'immunité: pour obtenir à coup sûr celle-ci, il est nécessaire de réaliser chez le singe une infection. »

ANDERSON et GoLDBERGER confirment, quelques années plus tard, ces résultats : « Les inoculations répétées de sang où de sérum, si elles ne sont pas suivies d'une réaction fébrile, ne confèrent aucune résistance appréciable. » Les essais avaient été faits

avec du sang chauflé 15 minutes à 50°, avec du sang séché, avec du sang gelé.

LEBAILLY et Poirson n'ont pas plus de succès en additionnant le sang d'acide phénique.

Hampi, en 1916, applique cette méthode à l'homme : du sang prélevé à la période aiguë du typhus est défibriné immédiatement, puis chauflé une heure à 60°. Chaque sujet en reçoit trois fois 5cc. sous la Peau, sans réaction. L'auteur prétend avoir ainsi d'excellents résultats. Si les vaccinés font un typhus, il est toujours très atténué; d'autre part, il éprouva

. ses sujets avec du sang virulent, et ils ne contrac-

tèrent pas le typhus: mais il opérait en milieu infecté

et il ne fit pas de témoins.

Mais Orro et ROTHACKER, en 1016, vaccinant 244 personnes de la même manière, eurent 25 26

de typhus chez les vaccinés, alors que chez les non-

‘ vaccinés 20 % seulement furent malades.

Mozzers et Wozr (1910), employant du sang virulent chauffé trente minutes à 60° et additionné de 0,2 % de formol, constatent, chez 650 vaccinés, l'inocuité absolue d'une telle injection; mais, dans les huit mois qui suivirent, 11 vaccinés firent un typhus, dont 1 mortel.

ZEIss, en Asie Mineure, a également des résultats

très médiocres.

Pourtant MircHeLL ( 1921) vaccine des soldats de l'armée britannique par une triple injection (1 CC. chaque fois) de sang prélevé au 7° jour de la pyrexie chez l'homme, et chaullé. Chez les vaccinés, 0,5 % firent: un typhus : chez les non - vaccinés, 11 %. Le pouvoir prophylactique est malheureusement de

courte durée : il ne dépasse pas trois mois.

SAvINI (1025), en Roumanie, a également de bons résultats en injectant du sang chauffé et additionné de phénol. Il propose même d'injecter uniquement la couche leucocytaire sanguine, qui est la plus VITU-

lente.

CT "1 pe:

Mais, dans ces deux derniers essais, le sang avait été prélevé assez tardivement, alors quil contient déjà une ‘quantité importante d’anti-corps, non modifiés par le chaulfage, qui détruit le virus: ces succès doivent donc être plutôt mis à l'actif des méthodes

d'immunisation passive, que nous verrons plus loin.

Les essais de vaccination avec sérum virulent ont. : été encore plus vite abandonnés. NicoLLe, sachant que les globules blancs constituent la partie la plus virulente du sang total, utilisa du sérum frais provenant de sang infectieux de cobaye, prélevé au début de la pyrexie. Trente-huit soldats serbes furent ainsi inoculés sans réaction, mais les sujets ne furent pas

éprouvés.

LeBaizy et Poirson, BLanc et CaminopErTRos.

firent des essais analogues ; mais le sérum, après quelques jours, ne contient pas de virus vivant et

n'a plus d'action préventive notable.

NEukircH (1916) laisse en contact de chloroforme, pendant quarante-huit heures, le sérum virulent, sans l'émulsionner: il n'obtient as, non plus, une bonne

immunité.

B. Vaccins utilisant des organes de cobayes infectés.

C’est G. BLanc le premier, qui, en 1915 à Nich, employa des émulsions virulentes de rate et de surrénales de cobaye, chauflées une demi-heure à 60°.

te —

Da Roca Lima vaccine avec des émulsions phé-

nolées, puis laissées en repos pendant huit jours.

Daær et SCHNABEL se servent de cerveau broyé puis olycériné et phéniqué.

LeEBaiLLy (1928) utilise des émulsions de cerveau

ou de rates ou de capsules surrénales formolées.

TsekHNoviTzER et PALANT (1932), comparant l'effet des vaccins fabriqués avec des cerveaux de cobayes formolés ou phéniqués, prétendent avoir de meilleurs résultats avec des émulsions formolées. Ils remarquent en outre qu'avec l'une ou l'autre, ils obtiennent chez le cobaye, ou une infection typique,

ou pas d'infection, mais jamais d'infection atténuée.

Nour (1937), injectant une émulsion phéniquée de cerveau de cobaye infecté de typhus murin, à doses importantes (trente fois 1 cc.), obtient pourtant

une légère immunité.

KricLer, OLiTrzk1 et ASCHNER en 103%, avaient abouti, par des méthodes analogues, à des échecs complets chez le cobaye, et ils avaient conclu à tous ces essais de vaccination avec virus tué, provenant d'organes de cobayes : « L'échec de la vaccination est dû à la relativement petite quantité d'antigène présent; le degré d'immunité produit dépend de la

quantité d’antigène injecté. »

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