‹ Les Pneumonies expérimentales à RickettsiasChapitre 45 sur 55 · VACCINATION DE L'HOMME · texte numérisé non relu

VACCINATION DE L'HOMME

Cette nouvelle vaccination a été appliquée à deux reprises à l'homme par P. Duranp et P. Girouop : dans leur publication, ils ont apprécié le développement d'anticorps par le test de séro-protection cutanée sur le lapin, élaboré par P. Girou».

Dans un premier essai, douze ‘sujets n'ayant jamais quitté la France, et non suspects d'avoir eu le typhus, furent vaccinés. Chacun reçut en injection sous-cutanée, en trois fois, à des intervalles d’une semaine, des quantités croissantes de vaccin formolé, correspondant approximativement à 7/100, 12/100 et 18/100 de poumon de souris.

La première injection a été suivie, chez la moitié environ, d'une réaction locale très peu importante, et, chez trois, d'une poussée fébrile à 58°. Les injections suivantes furent encore plus. bénignes. Des prélèvements de sang furent faits avant la vaccination, le jour de la troisième injection et dix-huit à vingt et un jours après cette dernière, pour suivre la réaction de Weil-Félix. Un prélèvement ultérieur a eu lieu entre le 60° et Le 80° jour après la troisième injection, et a servi à étudier le test de séro-protection

cutanée chez le lapin.

Les propriétés agglutinantes du sérum ont été étudiées par rapport au protéus X-10 et à une émulsion de Rickettsia Prowazeki, provenant de poux

inoculés par voie rectale de typhus historique.

Chez tous les sujets, on note une augmentation du taux d'agglutination du proteus X-10 par rapport à celui existant avant la vaccination: il est maximum au moment de [a 3° injection ; trois semaines après, il a déjà diminué. Sur dix malades : un eut un Weil-Félix positif à 1/320 ; quatre, positif à 1/160 ; quatre, positif à 1/80 :; et un, positif à 1/40. (La réaction était [ue macroscopiquement, après deux heures à l'étuve à 57° et une nuit passée à la tempé-

rature du laboratoire. )

Le taux d'agglutination des rickettsias augmente plus lentement: il est toujours nettement supérieur

trois semaines après la 5 injection, qu au moment

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de cette injection. L'agglutination des rickettsias est plutôt plus importante que celle du proteus X-19 ; deux sont positifs à.1/400, cinq postifis à 1/200, deux positifs à 1/100, et un positif à 1/50.

En outre, on étudia le test de séro-protection cutanée chez le lapin par rapport au virus historique du poumon de souris. Des quantités progressives de virus (1/2.000 à 1/8.000) mises en contact pendant une heure à 20° avec une quantité constante de sérum à examiner, et [la même quantité de sérum témoin (sérum humain pur, ou sérum de cheval normal pur ou dilué à 1 /6). Le mélange témoin et le mélange étudié furent injectés sous le volume de 2/10 de centimètre cube dans le derme de lapin.

Les réactions ne doivent se lire qu à partir du 4 jour environ; auparavant, les phénomènes observés ne sont dus qu'à l’action du sérum. Pour chaque lapin on est obligé de faire un témoin et pour chaque dilution de virus, les différences de réaction du lapin étant trop importantes.

L'épreuve, déjà nette à la dilution de 1/8.000 de poumon, l'est encore plus aux dilutions de 1/4.000 et de 1/2.000: à ce taux, du côté témoin existent de très importantes réactions (oros nodules), alors que du côté où le virus a été mélangé au sérum, on ne note souvent rien, parfois un peu d'érythème ou une

très discrète réaction œdémateuse.

Le test de séro-protection du sérum des vaccinés est, dans l'ensemble, sensiblement égal à celui obtenu avec du sérum de convalescent. Le pouvoir neutralisant persiste au moins près de trois mois après. la vaccination. Un seul sérum se comporte différemment, la lésion étant plus intense du côté

où a été inoculé le mélange virus - sérum de vaccinés.

Les auteurs ont aussi étudié le comportement de sérums de sujets vaccinés avec les rickettsias du typhus historique vis-à-vis du typhus murin ( virus mexicain, souche Zinsser). Cette étude met en évidence que le sérum de ces sujets neutralise d'une façon légère les virus murins mais d'une façon moins

nette que le virus historique.

Dans une deuxièmé série d'essais chez l'homme, le nombre de rickettsias inoculés fut réduit d'environ trois fois. Les sujets n avaient jamais quitté la France et n'avaient jamais été exposés à la contagion typhique. Voici leurs observations rapportées dans les

publications des auteurs de la méthode :

— Th. 26 ans. — Weil-Félix et test de séroprotection cutanée négatifs. Ils reçoit trois injections sous-cutanées d'une suspension de rickettsias de souris formolées, à cinq jours d'intervalle (chaque dose : O gr. 03 de poumon). Cinq jours après la dernière inoculation, le Weil-Félix et le test de séro-protection cutanée sont négatifs. Vingt jours après la der-

nière injection : Weil-Félix positif à 1/100 pour le

proteus X-10, et le test de séro-protection est également positif.

— Wa.., 50 ans. — Weil-Félix, test de: séroprotection cutanée négatifs. II reçoit troïs injections à cinq jours d'intervalle de 1 cc. d’une suspension de rickettsias de poumon de lapin formolée ( 1 CC. — 0,06 de poumon). - ;

Weil-Félix négatif cinq et vingt jours après la dernière injection. Test de séro-protection cutanée négatif cinq jours après, positif vingt jours après la dernière injection.

Led. 28 ane Weil-Félix, test de séroprotection cutanée négatifs. Il reçoit trois injections de 1 cc. d’une suspension de rickettsias de poumon : de lapins formolés, à cinq jours d'intervalle (rte 0,06 de poumon). Le Weil-Félix est négatif cinq jours après, positif à 1/100 pour X-10, vingt jours après la dernière inoculation. Le test de SÉTO-protection cutanée est très légèrement positif cinq jours après, franchement positif le vingtième jour.

Nous voyons donc qu il est possible, surtout si l'on multiplie les inoculations sous-cutanées de rickettsias formolées, d'obtenir chez le cobaye une immunité manifeste contre le typhus historique. Ces suspensions de rickettsias provoquent presque toujours chez l'homme et le singe, une réaction de Weil-Félix

positive sans aucune réaction thermique. Ces hom-

mes ou ces singes présentent dans leur sérum des anticorps neutralisants mis en évidence par le test de séro-protection cutanée. Enfin, les singes éprouvés après l'inoculation n’ont pas fait de typhus épidémique, alors que les animaux éprouvés font un typhus typique.

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