LETTRE-PREFACE
c// ^Monsieur c/1L0rSIUS 'BET^TT^c^^D, Toête, actuellement domicilié au cimetière de Uaugirardle-Vieux.
Taris.
Montholon'square, le i" janvier 1887.
Mon cher ami,
J'ai reçu votre dernière lettre avec une joie profonde. Ce que vous me dites de votre genre de vie, dans Tempire des ombres, m'a causé les plus délicieuses sensations. Vous êtes heureux, cher et grand poète! Ce repos vous était bien dû après les adver-
IV LES POE M ES A TOUS CRIN s
sites qui vous ont assailli lors de votre passage sur la planète.
Votre nom grandit toujours. Au milieu des figures du Romantisme^ la votre se détache avec un charme saisissant. Charles Asselineau a beaucoup contribué^ après David d'Angers^ à obtenir des lettrés une si belle appréciation de vos oeuvres. Quel grandiose livre que votre Gaspard de la !?{jiitl: Que de pages merveilleusement colorées, déhcatement ciselées 5 que de fines aventurines, d'eauxfiDrteSj de pastels royalement obtenus! Jamais Tart de marier les onyx de la prose aux topazes de la poésie n'a été poussé plus loin. Théophile Gautier et Saint-Victor ont dû vous dire là-dessus des choses si délicates qu'elles vous auront récompensé, d'un seul coup, de toutes vos fatigues surhumaines et de votre écrasante misère.
Je suis charmé de savoir que vous fi*équentez la même table d'hôte que Gautier et que, chaque soir, après un moka sincère et des londrès irréprochables, vous fiDrmez avec d'autres lyriques une espèce d'école d'Athènes, ou l'on disserte, sans trêve ni merci, jusqu'à l'aurore, de l'éternelle Poésie. Comme vous, je suis attristé d'apprendre qu'en arrêtant son