POUR LA VILLE D ARLES
,■/ Théodore .^•îuhanel.
A RELATA, qu'entourent tamaris Et jujubiers, possède Saint-Trophime; Je veux, avant de rentrer à Paris Et de flâner au boulevard du Crime, Revoir un peu cette église sublime!
Mais il faudrait au moins être Decamps
yS LES POEMES A TOUS CRINS
Ou Marilhatj — ces peintres éloquents Qu'auraient bien dû renter nos Albemarles, — Pour épuiser ces deux thèmes piquants : L'amphithéâtre et le saucisson d'Arles.
Le vieux théâtre, où la chauve-souris S'en va rôder, la nuit, coureuse infime, Montre son marbre aux tons rouges et gris; Membres épars d'une auguste victime Que foule aux pieds un siècle cacochyme. Ses débris sont guignés des fabricants De palais pour singes et pélicans!
Prosterne-toi, fusses-tu Gaston Caries, O voyageur! tiens pour objets marquants L'amphithéâtre et le saucisson d'Arles.
Ville romaine, où la poudre de riz Ne fut jamais tenue en grande estime; Ville, où la femme a ce beau coloris Que lui donna le soleil, je comprime Les battements de mon cœur, et je rime Devant tes murs, honnis des trafiquants! D'aucuns, avec eux-mêmes conséquents, Ont comme moi relu Monselet (Charles), Lequel couvrit d'hommages très fréquents L'amphithéâtre et le saucisson d'Arles.
LES FILLES DE MA JOIE
ENVOI
Prince nourri dans la ville ou les camps, Ne crève pas sans voir les Alyscamps!
Et, si plus tard de ion séjour tu parles, Soigne tes mots pour décrire aux croquants L'amphithéâtre et le saucisson d'Arles.
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