‹ Les poèmes à tous crinsChapitre 28 sur 56 · POUR LA VILLE DE SENLIS · texte numérisé non relu

POUR LA VILLE DE SENLIS

POINT ne sont faits les humbles trous Pour le bonheur et pour l'ivresse, Comme toi, ville des froufrouF Et du génie, ô ma Lutèceî Mais pour bien narguer la tristesse.

Pour savourer le fin coulis Et le vanneau crevant de graisse, J'aime la ville de Senlis.

LES FILLES DE MA JOIE

Dans cette cité sans verroux Et d'une honorable vieillesse, On ne voit point de loups-garous; Mais les maris y sont en baisse.

Gallo-romaine est ma princesse Ht son fier blason est sans lys !

Comme on n'y tient point à la messe, J'aime la ville de Senlis.

Les femmes ont les cheveux roux,

Négligemment noués en tresse,

Les seins vaillants, l'œil sans courroux :

Un rien vous donne leur tendresse;

Un baiser pris avec adresse,

Des roses, des volubilis,

Ouvrent leur cœur à qui s'empresse!

J'aime la ville de Senlis.

ENVOI

Prince, on m'accuse de paresse :

Rêver parmi les pissenlits, C'est vivre en sage de la Grèce î J'aime la ville de Senlis.

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