ÉCRITE EN PICARDIE
PUISQUE le temps est passé des marquises, Amis, gardons toujours le culte ardent Des bons pâtés et des jupes exquises, Des fins morceaux qui fondent sous la dent. Des beaux pays et du couplet mordant!
Comme les gens adonnés au solfège,
LESFILLESDEMAJOIE 89
Ne buvons point le goudron de Norwège; Et répondons, en folâtres chrétiens, Au vieux Montaigne, à son fameux que sçai-je : La Picardie et les pâtés d'Amiens!
N'oublions point l'or au fond des valises : Thésauriser est un rêve imprudent; D'autres paieront bien cher les vocalises Que savoura gratis leur intendant.
Prenons parfois Cornus pour confident!
Les francs Picards ont l'heureux privilège D'aimer la table autant que le collège, Mais leurs pâtés sont quelque peu les miens. Manon Lescaut préférait au Corrège La Picardie et les pâtés d'Amiens!
Que des Cotons loyalement conquises, Aux grands éclats de leur rire strident, Viennent m'offrir leurs chères friandises! Si Neptunus, le bonhomme au trident, Avait connu ce régal transcendant, 11 eût, parfois, commis le sacrilège De mettre zu pas ses chevaux de manège. Caulois, parmi vos trésors et vos biens, Au premier rang je vois l'eau de Barège, La Picardie et les pâtés d'Amiens!
ENVOI
Prince, en tous temps, par la pluie ou la neige, Pour vos amis composez un cortège De vieux flacons, de mets épicuriens; N'oubliez pas surtout que Dieu protège La Picardie et les pâtés d'Amiens!
Amiens, mars iS8i.
LES FILLES DE MA JOIE
'BcALLcAVE
EN l'honneur de QUATRE BELLES FILLES QUI LOGÈRENT DANS ORLÉANS*
w/^ Octave U^annc
CELLE qui vécut pour l'Honneur, C'est encor Jeanne la Pucelle :
Elle portait au fond du cœur L'amour de la Patrie; et Celle
Jeanne d'Arc, Agnès Sorel, Diane de Poitiers, Marie Toucher.
Dont un gueux tarit l'escarcelle, C'est Agnes. Or, je viens céans Chercher la grâce universelle :
Les belles filles d'Orléans!
Celle, que tour adorateur De la Forme a pris pour modèle Depuis Jean Goujon le sculpteur, C'est Diane, l'ardente belle Qui malmena cœurs et gabelle Au temps des Valois fainéants.
Aussi la chronique mord-elle Les belles filles d'Orléans!
La dernière, éteinte en sa fleur.
Fut une douce damoiselle.
Marie eut sa part de douleur, Quoique Charles Neuf n'aimât qu'elle.
La mort a jeté, d'un bras grêle, Dans les funèbres océans Ce quatuor exquis et frêle, Les belles filles d'Orléans!
LES FILLES DE MA JOIE
ENVOI
Prince, Némorin eut tstelle, Mais, j'en appelle aux mécréants, Ce n'est point une bagatelle Les belles filles d'Orléans!
OiViins, iSSi.
''BzALLqAVE