‹ Les poèmes à tous crinsChapitre 31 sur 56 · RABELAIS · texte numérisé non relu

RABELAIS

JE suis l'ami des vieux castels Autant que des noires lanternes, Et préfère, à tous les hôtels Du monde, une masure aux Ternes.

J'aime à puiser l'eau des citernes En tous pays de bon renom :

Gloire à la ville des tavernes!

Les vieux logis sont à Chinon.

98 LESPOEMESATOUSCRINS

On y découvre des pastels Vieillots et des tableaux si ternes, Qu'ils étonneraient les mortels Que Paris loge en ses casernes.

O Chinon ! que de balivernes On écrirait sur toiî Ninon Prit tes maisons pour des cavernes I Les vieux logis sont à Chinon.

Là brillaient rapières, martels, Ecussons aux triples lubernes; Là pleuvaient les hautains cartels, — Terreur des Prudhommes paternes.

O bourgeois! les lys, que tu bernes,- Éclataient sur chaque pennon, Sur les palais et les gibernes!

Les vieux logis sont à Chinon.

ENVOI

Prince, en cave mets tes Sauternes, Bois sec, et baptise d'un nom Flamboyant tes châteaux modernes!

Les vieux logis sont à Chinon.

LES FILLES DE MA JOIE

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