EN L HONNEUR DE LA RUE DE LA LAMPROIE A TOURS
A Trosper DtCarius, Tourangeau.
L*ÉTÉ dernier, j'ai découvert à Tours Une ruelle étroite et tortueuse, Où le truand dut faire de bons tours Et se montra paré d'une tueuse.
Nulle maison n'y semble somptueuse, Et le quartier porte un nom de poisson :
LES FILLES DE MA JOIE
Filles de joie et marchands de boisson Hantent ces lieux propices aux mécomptes; Mais le flâneur y voit maint écusson.
La vieille rue est un recueil de contes.
Plus d'une gouge aux robustes contours, Vous promettant la nuit voluptueuse, S'y promena, superbe en ses atours, Tardée à point, fière et majestueuse.
Le bon vieux temps, époque impétueuse.
Entre ces murs fredonnait sa chanson :
Les clercs, épris de leur maître Gerson, Les escholiers, les gueux et les vicomtes, Ont mangé là fillette et saucisson...
La vieille rue est un recueil de contes.
J'aime à rêver au coin des carrefours, En contemplant la muraille lépreuse Des vieux logis aussi noirs que des fours. Le martinet, dont l'aile langoureuse Bat les pignons, me rend la vie heureuse. Quand les ruisseaux en roulant un tesson Font dans la rue un refrain de basson, On est si loin de l'or et des escomptes. Et de la rente et de Pont-à-Mousson !
La vieille rue est un recueil de contes.
Prince, dînez sous l'arbre, à Robinson; Mangez, la nuit, l'écrevisse en buisson. Et dans le jour, soyez tout à vos comptes Je vais à Tours payer votre rançon !
La vieille rue est un recueil de contes.
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