PRIÈRE
O toi que l'on repaît de cerveaux haletants,
Formidable Paris, qui ?ne sers d'ergastule
Puisque înon cœur n'a pu battre a Vaise dans Tulle,
POEMES VINGTENAIRES
Garde ton or : j'en ai ! Mais de toi seul f attends, Paris y 6 mon pays! Pari s , ô mon caprice! La grâce de quitter la vie avant Maurice.
i8Ss.
Io8 LES POÈMES A TOUS CRINS
CE QUE CHc4C^rc4 LE 'BOUFFO^Nl
OYEZ, oyez tous la grande nouvelle!
Clochers et beffrois, tintez, tintez tous! Pour femme, Ebhérard prend Kateau la belle : La plupart du temps les princes sont fous.
Cependant Kateau ne couche pas seule; Au premier qui passe, elle fait l'œil doux. — Parlez bas! le duc vous romprait la gueule. La plupart du temps les princes sont fous.
POEMES \'INGTENAIRES
Dans une taverne enfumée et noire, Il la vit, un jour : robe avec des trous, Mais tête jolie. Elle aimait la gloire. La plupart du temps les princes sont fous.
Il l'embrassa, puis il lui prit la taille, Caressant du doigt ses tétons point mous; Et la mit sur son cheval de bataille.
La plupart du temps les princes sont fous.
En route, il lui dit : — Ton regard m'enflamme, Rentrons au manoir : je suis ton époux! — O mon bel amant, fais de moi ta femme! La plupart du temps les princes sont fous.
Leur vaillant coursier franchit la grand'salle Du vieux castel, en rompant pattes, cous. Car des lévriers dormaient sur la dallé... La plupart du temps les princes sont fous.
Le bruit tira du sommeil la douairière Couchée, en son lit, avec ses matous.
Elle eut peur, mourut. Vite une prière! La plupart du temps les princes sont fous.
Alors Ebhérard, privé de sa mère, Vit qu*il avait bien pour lui les atouts. Après boire, il mit Kateau, nue, à terre... La plupart du temps les princes sont fous.
C'est elle, ainsi l'a voulu son Altesse, Qui règne au manoir. Les aïeux, jaloux, Dans leurs cadres d'or, sont pleins de tristesse! La plupart du temps les princes sont fous.
Les aïeux, surtout le marquis Hérode, Disent, quand dort la fille aux cheveux roux : « Rapières aux poings ne sont plus de mode! » La plupart du temps les princes sont fous.
Comme elle a vécu parmi les marchandes D'amour, en un temps éloigné de nous.
On voit les amants la suivre par bandes. La plupart du temps les princes sont fous.
Voulant devenir de son corps seul maître, Ebhérard lui dit, un soir : Voulez-vous M'épouser, Kateau? — Je ne sais. Peut-être. La plupart du temps les princes sont fous.
POEMES VI NGTEN AIRES IM
Mais le lendemain, comme une pucelle, Rougissant d'amour et point en courroux, Elle consentit à la bagatelle.
La plupart du temps les princes sont fous.
Le père du duc, — une lame fière, Qui dormait en paix, le corps caché sous L'armure de fer, — pleura dans sa bière. La plupart du temps les princes sont fous.
Le père du duc, — on voit de ces âmes Pour qui beaux regards sont vilains joujoux, — Courait les combats bien plus que les femmes... La plupart du temps les princes sont fous.
Le père du duc, — rougissez, grenades,' — Qui criait : Montjoie! en donnant des coups D'épéc effrayants, était aux Croisades.
La plupart du temps les princes sont fous.
Oyez, oyez tous la grande nouvelle!
Clochers et beffrois, tintez, tintez tous! Pour femme, Ebhérard prend Kateau la belle : La plupart du temps les princes sont fous.
UCNiE VIEILLE LoiC^TE\U^E
SA lueur ne porte pas loin :
Elle éclaire à peine le coin De la rue; il n'est pas besoin
De trop de flamme.
Une pâle clarté, le soir, Respecte les splendeurs du Noir, Et prédispose au nonchaloir Toute mon âme.
POEMES VINGTENAIRES
Elle est belle de sa laideur;
Elle est toujours en bonne humeur,
Elle es: presque de sa noirceur
Heureuse et fière; Et l'on dirait qu'un jeune archer, Au lupanar allant coucher, Vient à peine de la moucher
De sa rapière.
O phare plein d'étrangeté!
Eperdu de sincérité,
Que de fois mon cœur t'a compté
Toutes ses peines!
Que de fois j'ai versé des pleurs Pendant que les vents, querelleurs, Semblaient comme des loups hurleurs
Au fond des plaines!
Hélas! près de ton poteau, vert
Comme les ailes d'un pivert,
Il s'est, pendant les nuits d'hiver,
Commis des crimes; Mais je te devais, cher falot.
Pour ton air sinistre et veillot, Pour ta crasse et ton feu pâlot.
Ces quelques rimes.
Car j'aime le vieux pan de mur, Où s'attarde un double fémur Féminin venu de Namur;
Et j'ose dire.
Avec un cynisme profond, Que les palais hauts de plafond, Quand ils sont flambants neufs, me font
Pouffer de rire!
POÈMES VINGTENAIRES H^
FL0T{Éc4L
REGARDE longtemps^ ma mignonne, Belles et fraîches comme toi, Ces fleurs : celui qui nous les donne Est en émoi.
Car c'est i'enfant aux perles fines, Le doux chérubin auroral Qui règne sur les aubépines, C'est Floréal.
Il6 LES POEMES A TOUS CRINS
C'est le gnome de nos pelouses, Le petit dieu du grand bosquet, Qui parle bas à nos épouses Dans un bouquet.
C'est lui qui se met sous les feuilles Pour te courtiser en tremblant, Quand de ta douce main tu cueilles Quelque œillet blanc.
Vois: il sourit aux tourterelles.
Mais, si quelqu'un touche à ses fleurs, Libellules et sauterelles Sèchent ses pleurs!
O Floréal, cher petit être!
Si tu la vois, d'un pied léger Venir au parc et là se mettre.
Triste, à songer;
Si tu ne la vois pas sourire Devant les splendeurs du printemps, Et si tu vois qu'elle soupire De temps en temps;
POEMES VIN GTE N AIRES
Va mettre une rose mousseuse A son corsage de satin : Tu la verras fière et joyeuse Tout le matin !
Il8 LES POÈMES A TOUS CRINS
LE FT^JÈl^E Lc4I