‹ Les poèmes à tous crinsChapitre 35 sur 56 · EAU-FORTE A LA MANIÈRE DOSTADE · texte numérisé non relu

EAU-FORTE A LA MANIÈRE DOSTADE

,A Jacques ^Cadekinc.

BAILLANT comme une huître au soleil, Sa lourde besace au côté, Le nez rouge et le teint vermeil, Frère Irlide ayant bien quêté S'en va, la narine en éveil.

POÈMES VIN GTE N AIRES

Sa barbe grise tremble au vent.

Sa panse, qui vaut un discours, Heurte en route plus d'un auvent; Car le gaillard coule des jours Remplis de pitance, au couvent.

Dans sa besace, il met la main Pour en sortir un gros jambon, Qu'il soupèse et couve, en chemin.

D'un regard langoureux et bon, Ce qui scandalise un gamin.

Gavroche rit du papelard; Mais le soleil fait à loisir Scintiller — doux effet de l'art! — La face, empourprée à plaisir.

De ce gros frère plein de lard.

LE SIC^GE T0ITl{[C^c4n{E

%A Louis 'Brès.

IL faisait le bonheur de toute la maison. Etant ambitieux, il avait souple échine, Et comme un écolier, il allait en prison S'il avait renversé quelque vase de Chine.

Lorsque arriva l'hiver, bête comme un oison, Il alla près du feu se frotter la narine; Puis la toux l'emporta : les êtres sans raison Savent autant que nous mourir de la poitrine.

POÈMES VIN GTE N AIRES

Eh bien ! lorsque j'ai vu cet éplucheur de noix,

Cet exotique mort à l'amusant minois,

Ses maigres bras croisés dans un cercueil de laque,

Ami, comme en un jour de profonde douleur, La tristesse m'a pris; et j'ai mouillé d'un pleur Le corps rigide et froid de mon pauvre macaque.

lS^6.

Ëri{EC^^ES qA iMoA éMIE

CE soir, en regagnant mon gîte Sans joyau pour toi dans la main, Le cœur tout attristé, Brigitte, J'ai rêvé le lon^ du chemin.

Éclaboussé par les gouttières.

Je songeais aux coffrets nacrés.

Aux colliers, aux plumes altières.

Aux bijoux, aux écrins dorés.

POEMES VIN GTE N AIRES

Ils me chantaient jusqu'à l'ivresse La sérénade du Métal-, Et leur éclat, ô ma maîtresse!

Leur fol éclat m'a fait du mal.

Pourtant, je te dois des étrennes. Que veux-tu de moi pour cadeau :

Un gai pinson, mangeur de graincîs, Ou des fleurs dans un verre d'eau >

J'ai des trous à mon escarcelle, Et les éventails sont bien chers; Dédaigne la vieille vaisselle, Choisis quelque ballade en vers!

Mais, puisque dans notre demeure L'amour habite aussi, veux-tu, Jusqu'à ce que l'un de nous meure, Tirer la langue à la vertu?

/*'■ Jititiier I^^/J.

UtNiE TOéM'BE VES c4LTSCc4énfTS

Fui, Ht>tt su VI ; eslis, non criiis tiemo immortalis.

^ Lecontc de Lisle.

LE tombeau que voici renfermait la dépouille D'un vaillant dont le fer étonna les Gaulois : Sabinus, chevalier, qui naquit dans la Fouille Et mourut tribun pour la défense des lois.

Glorieux, il dormait... Un jour, le peuple fouille Le sarcophage, au son rustique du hautbois; Mais, quoique entièrement profané par la rouille. Le glaive du défunt promettait des exploits!

POEMES VIN GTE N AIRES

La cendre fut jetée au vent; on fit au Rhône

Avec la lourde épée une légère aumône :

Il ne resta du mort, sur la pierre, qu'un nom.

O Sabinus ! ô toi qui te soûlas de gloire

En faisant triompher ton rêve et ton pennon,

Que ne puis-je élever un temple à ta mémoire !

VIÏI

LE JEéMTLE VE VIcA^E

kA Gustave Flaiihert.

LE vieux temple, envahi par un figuier sauvage, Brave Téternité, Torage et les autans; I! porte fièrement vingt siècles d'esclavage, Et se pare de fleurs lorsque vient le printemps.

Des priapes lépreux, que la mousse ravage. Gardent l'autel; mais ces lubriques combattants Méprisent la rosée et veulent pour breuvage Les baisers d'une nymphe aux rires éclatants.

POÈMES VINGTENAIRES

Cependant, la cigale, au tronc rugueux d'un arbre, Murmure une chanson pour ces païens de marbre; Le temple s'est doré de rayons aveuglants;

Et les dieux, étendus dans l'herbe avec paresse Et mal sevrés encor des prémices sanglants, Attendent vainement que Diane paraisse.

'yijiiiies, mai iS/<^.

CoAT^JMECNi

Perfide comme Vonde.

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