POUR LA FÊTE DE \ICTOR HUGO
VICTOR Hugo, le prince du Poème, A petits pas prend ses quatre-vingts ans C'est le moment de lui dire qu'on l'aime! Apportons donc, timides et tremblants, Des fleurs à notre aïeul en cheveux blancs. Si Dulcigno, le Bulgare, ou l'Epire,
Pour nous troubler un seul moment conspire, Fermons Sophocle et mettons l'embargo Sur les canots d'Argenteuil, pour mieux dire : Fleuris-toi bien, Paris, c'est pour Hugol
Nous oublierons en cette heure suprême^ Pour l'assembleur de livres aveuglants, Tous les tourments de notre vie; et, même. Nous serons gais comme au temps où les glands De la forêt valaient nos mets sanglants. Offrons au dieu l'or, l'encens et la myrrhe! Quel Philistin, voulant montrer son ire. Réclamerait l'air de la Camargo Lorsque au faubourg tout le monde soupire : Fleuris-toi bien, Paris, c'est pour Hugo !
Nul, parmi les montreurs de diadème, N'eut pareil sacre et tels sons d*oliphants, Fût-il sorti d'un palais ou d'un dèmc!
Il a sa cour, même chez les enfants.
Qui, l'ayant vu, deviennent triomphants!
Le doux bleuet, la rose, dont s'inspire Le vieux Ronsard, qu'il faut toujours relire, Et puis les fleurs que n'a point Chicago Sont les trésors qu'aime ce chef d'empire. Fleuris-toi bien, Paris, c'est pour Hugo!