‹ Les poëmes dorésChapitre 16 sur 31 · BLASON · texte numérisé non relu

BLASON

Diane de Noirlys a dix-neuf ans à peine;

Un lys de sable, un lys aussi noir que l’ébène, Depuis quatre cents ans, étend sur son blason, Dans un champ d’argent clair, sa morne floraison. Diane a mis sa main longue et patricienne

Que glace le beau sang d’une race ancienne,

Dans la main d’un époux dont l’amour est clément, Dans une main qui sait étreindre doucement,

Mais qu’en secret, sous l’or héraldique des bagues,

La tristesse engourdit de ses étreintes vagues.

IT

Il voit venir le jour, il voit comber le soir

Sans rien craindre jamais, sans jamais rien vouloir,

Ce jeune homme aux yeux lents et froids, Jacques de Naves : Drapé dans ses dédains monotones et graves,

Il vit comme on voyage, et jette avec ennui

La vapeur d’un cigare entre le monde et lui;

Il passe, insoucieux de la route suivie

Et sans prendre sa part des choses de la vie.

Sa Diane superbe est l’unique butin

Qu'il ait jamais daigné disputer a destin.

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