BLASON
Diane de Noirlys a dix-neuf ans à peine;
Un lys de sable, un lys aussi noir que l’ébène, Depuis quatre cents ans, étend sur son blason, Dans un champ d’argent clair, sa morne floraison. Diane a mis sa main longue et patricienne
Que glace le beau sang d’une race ancienne,
Dans la main d’un époux dont l’amour est clément, Dans une main qui sait étreindre doucement,
Mais qu’en secret, sous l’or héraldique des bagues,
La tristesse engourdit de ses étreintes vagues.
IT
Il voit venir le jour, il voit comber le soir
Sans rien craindre jamais, sans jamais rien vouloir,
Ce jeune homme aux yeux lents et froids, Jacques de Naves : Drapé dans ses dédains monotones et graves,
Il vit comme on voyage, et jette avec ennui
La vapeur d’un cigare entre le monde et lui;
Il passe, insoucieux de la route suivie
Et sans prendre sa part des choses de la vie.
Sa Diane superbe est l’unique butin
Qu'il ait jamais daigné disputer a destin.