TITI
e / La Li Le soleil reparut, rouge et froid, dans les cieux.
Pressant entre ses bras le corps silencieux
Et glacé pour jamais dans une vive étreinte, De celle qui mourut sans regret ni sans crainte, L'ange flottait, splendide et triste, dans le vent,
Las d’offrir à la foudre un front toujours vivant.
Juillet 1864.
ss. =
DERNIÈRES TENTDRESSES
Blottie au cœur du bois, c’est la Maison du Garde. Le toit rouge s’effondre et le mur se lézarde : On avait déserté cette vieille maison.
Une brusque ravine, où se dresse un calvaire, La recouvre d’un pli de son ombre sévère,
Et de vieux châtaigniers en bordent l’horizon.
Mais aujourd’hui le voit fume dans la futaie ;
La laveuse, le soir, voit, à travers la haie,
Une femme embrasser un enfant de dix ans.
Ce sont deux inconnus qu’un souffle de septembre Apporta. Leur valec et la femme de chambre
Passent droits et muets devant les paysans.
Pour elle, dans le clos où les mauvaises herbes Fleurissent devant elle, et de leurs fronts superbes Caressent ses genoux désespérément las,
Maîtresse aux blanches mains de ce verger sauvage, Elle semble cacher quelque intime veuvage,
Un de ces deuils qu’on porte en robe claire, hélas!
D'où vient-elle?—Un mouchoir aux fleurons de marquise, ous ses doigts, à l'air vif mêle une haleine exquise : es philtres de Paris en ont charmé l'odeur. |
Que voir de plus? — Ce chiffre aux nielles de sa bague
— Deux lettres, deux destins — est l’aveu tendre er vague
Que son bonheur secret surprit à sa pudeur.
TON ON Fi D Hi Um
8a IDYLLES ET LÉGENDES.
L'enfant se tient près d’elle en mordant sa grammaire; Les beaux cheveux châtains que lui donna sa mère Ondulent sur son dos aux plis du velours noir.
Il se tait : les enfants n’aiment pas qu'on se meure.
Il redoute, en songeant combien est longue une heure,
Le glacial ennui de la leçon du soir.
Mais elle, cout à coup tendre, presque coquette, Languissante et pourtant d’un geste de conquête, L’entraîne dans ses bras qu’elle ferme sur lui. Elle est pour cet enfant, pour ce fragile maître, Plus belle que jamais elle ne daigna l'être
Dans l'éclat des salons où son triomphe a lui.
Qu'est-ce que les baisers, l’étreinte, les caresses,
Sinon les vains efforts de nos grandes détresses à
Ces doigts de femme ont peur dans ces cheveux d'enfant ; Sur ce visage frais la mère douloureuse
Appuie en frissonnant sa joue ardente et creuse,
Et soulève, à mi-voix, l'avenir écouffant :