LILAS
A MAURICE DE CHATJLLOK.
Toute fleur a, dans sa corolle ,Et dans son calice entr'ouvert, L'avertissement, le symbole Où cependant l'esprit se perd...
On préfère poiu* une cause :
Qui l'œillet, le lis ou la rose; Qui le parfum d'une autre fleur.
Chacune garde en elle-même Un souvenir d'amour suprême Épanoui pour notre cœur.
Des lilas l'arôme m'enivre !
Il me rappelle l'heureux temps Où , quand je commençais \ vivre , J'allais en cueillir au printemps.
Plein mes petits bras, pour ma mère; Et j'étais si sûr de lui plaire Que fier j'attendais son retour.
Je profitais de son absence; Et j'avais, pour ma récompense.
Un baiser parfumé d'amour.
Fleurs, parfums de ce temps prospère, O frais lilas , qu'elle aimait tant !
A toutes fleurs je vous préfère.
Et quel fils n'en dirait autant?
Dans Tordre de la Providence, Tout est mystérieux, immense..
Lilas! qui m'entourez, je dis :
(( Que votre arôftie tutélaire Contient de Tâme de ma mère, Bien qu'elle soit en paradis ! »