‹ Les poésiesChapitre 107 sur 133 · LILAS · texte numérisé non relu

LILAS

A MAURICE DE CHATJLLOK.

Toute fleur a, dans sa corolle ,Et dans son calice entr'ouvert, L'avertissement, le symbole Où cependant l'esprit se perd...

On préfère poiu* une cause :

Qui l'œillet, le lis ou la rose; Qui le parfum d'une autre fleur.

Chacune garde en elle-même Un souvenir d'amour suprême Épanoui pour notre cœur.

Des lilas l'arôme m'enivre !

Il me rappelle l'heureux temps Où , quand je commençais \ vivre , J'allais en cueillir au printemps.

Plein mes petits bras, pour ma mère; Et j'étais si sûr de lui plaire Que fier j'attendais son retour.

Je profitais de son absence; Et j'avais, pour ma récompense.

Un baiser parfumé d'amour.

Fleurs, parfums de ce temps prospère, O frais lilas , qu'elle aimait tant !

A toutes fleurs je vous préfère.

Et quel fils n'en dirait autant?

Dans Tordre de la Providence, Tout est mystérieux, immense..

Lilas! qui m'entourez, je dis :

(( Que votre arôftie tutélaire Contient de Tâme de ma mère, Bien qu'elle soit en paradis ! »

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