VENEZ VENDANGER
(( Venez vendanger Si votre cœur esc en peine, Venez vendanger Madeleine , » Venez vendanger.
Vous êtes toute morose Et nous fuyez , mais pourtant Ici nous vous aimons tant!
Vous îious cachez quelque chose. .
Venez, &c.
Allons,, belle vigneronne, Allons, prenez vos paniers.
Suivons les ménétriers Dont le chant gaîment résonne.
Venez, &c.
ÏAS blés ont jonché nos granges; Les ceps sont noirs de raisins; Venez, comme nos voisins, A la fête des vendanges.
Venez, &c.
Pourquoi rester solitaire , Dites, belle, qu'avez-vous?
Venez, venez avec nous, Et puissions-nous vous distraire !
Venez, &c.
— Vous voulez savoir la cause , La cause de ma douleur !
J'ai frappé chez le bonheur- Et j'ai trouvé porte close. — Venez, &c.
— Nous refrapperons, qu'importe!
Le bonheur nous ouvrira.
S'il résiste, on lui fera Sauter les gonds de sa porte.
Venez, &c.
— Oh! ma peine est trop profonde.
Plus de gaîté désormais;
J'ai ptrdu ce que j'aimais.
Tout ce que j'aimais au monde. — Venez, &c.
— Vous avez perdu, ma belle. Ce qui se retrouvera;
Le bon Dieu vous enverra Un autre amant plus fidèle.
Venez, &c.
— Non! La cause est plus amère.
Et plus cruel est mon sort.
Laissez-moi pleurer la mort
De mon enfant! J'étais mère.
— Venez vendanger
Si votre cœur est en peine, Venez vendanger, * Madeleine,
Venez vendanger, n
LE JOUR DES MORTS A LA NOUVELLE-ORLÉATîS.
C'est la fête des morts. Apprêtez leurs parures : Les couronnes de jais, les splendides flambeaux, Les bouquets odorants, les branches, les tentures. Vous qui gardez toujours le respect des tombeaux. Allez couvrir de fleurs vos pères & vos mères. Vos époux , vos amis , & vos sœurs & vos frères , Vos femmes , vos parents , vos fils. Priez pour eux. Priez pour les amants , priez pour les amantes Et les petits enfants, chères âmes absentes.
Puisqu'il faut des anges aux cieux.
Chacun fait ce qu'il peut, & selon sa richesse.
Le plus pauvre est souvent le plus riche en tristesse ;
Et l'humble coquillage aux dessins en festons.
Et la pieuse fleur sur la rugueuse pierre, Sont plus touchants au cimetière Que tous les orgueilleux frontons...
Et l'on n'a pas besoin, à la place murée Où l'on vient honorer la mémoire pleurée.
De couvrir le tombeau d'objets si précieux... Et les morts aiment mieux, à leur anniversaire.
Pour tout ornement funéraire.
Les farmes qui tombent des yeux.
VOIX d'une tombe.
Et moi, passants, & moi... tout le monde m'oublie. Une seule prière, oh! j,ç vous en supplie; Nul ne jette une fleur sur mon humble tombeau. Je suis un étranger mort ici sans famille...
Priez pour moi, passants; priez, ô jeune fille! Laissez tomber quelque rameau.