EN VOYANT LE DEPART
D'UN régiment!
Voici les lignes des tambours ^
Ils s'avancent... les alentours
De leurs bruits stridents retentissent.
Après eux les cuivres mugissent,
Et l'air vibre au loin , tour à tour,
De leurs chants de guerre ou d'amour.
Alors passe, aux sons des trompettes.
Aux froissements des baïonnettes, Une belle fille en soldat , Vivandière de son état.
Ainsi qu'un homme elle est armée ; Jeune femme, elle suit l'armée; Elle aflfronte toutes les morts.
C'est la grâce parmi les forts, C'est une Vénus militaire N'aimant que les honmies de guerre.
Et leur versant à boire au feu.
Pour elle la guerre est un jeu.
Lorsque la sombre artillerie Hurle & bombarde avec fracas.
Et, sous les boulets en furie.
Au loin quand tout vole en éclats; Lorsque Timmense boucherie Couvre les champs ou la prairie Des corps mutilés des soldats; Pendant qu'on saccage les vignes, Les blés, les arbres, les maisons; Lorsque les régiments en lignes S'étendent jusqu'aux horizons...
Lorsque fusils, sabres & lances Peuplent detmorts les ambulances; Quand se sauvent de tous côtés Les habitants épouvantés; Regagnant un front de bandiére.
Pendant ces terribles débats.
Partout on voit la vivandière Son petit baril sous le bras; £t quand une balle s'adresse A quelques pauvres jeunes gens Ou quelque ancien qui l'intéresse.
Femme alors aux soins diligents.
Vers eux surtout elle s'empresse.
Comme une sœur de charité.
Elle, mieux que son eau-de-vie.
Ramène, comme par magie.
Plus d'un mourant à la santé.
Les femmes sont vraiment étranges.
Tiennent des démons & des anges.
Grandissent avec le danger.
Elles sont toutes courageuses.
Et nous les supposons peureuses Pour l'orgueil de les protéger.