DE LA NOUVELLE-ORLEANS
Des beaux temps éternels présages, Oiseaux qui traversez les airs, Les deux mondes, les grandes mers; Qui passez sur tous les rivages ; Dites celui qui vaut le mieux De tant de pays sous les cieux?
J'ai fait plus d'un lointain voyage; Mais hélas ! je n'ai rien appris ; Rien, qu'à regretter davantage Mes amis, la France, Paris.
Eh bien, oiseaux, je veux m'instruire ; Mais vous ne me répondrez pas...
Moi qui parle, je peux vous dire Où je voudrais porter mes pas.
Le plus beau pays de la terre.
C'est celui qui nous donne, enfant.
Tous les soins d'une bonne mère ; Homme, notre amour triomphant!
C'est là, rapides hirondelles.
Où sont les arbres les plus beaux , Où sont les rives les plus belles.
Où sont les plus rianta coteaux !
S'il ne restait même plus trace D'arbre, de rive, de coteau.
L'homme encor dirait : C'éSt la place.
C'est la place de mon hameau !
Allez, légères hirondelles, Volez de la mer Noire au Nil ; Je suis captif dans mon exil.
Si comme vous j'avais des ailes!
MAUSOLEE.
Aux cieux elle s'en est allée!
Je n'ai plus rien d'elle à présent.
Mon âme reste désolée.
C'était l'espérance étoilée
De ma vie. Oh! chagrin cuisant!
Aux cieux elle s'en est allée!
Sous les arbres de cette allée Je la vois encor m'embrassant.
Mon âme reste désolée.
Sa bouche était tout emperlée , Et son regard resplendissant.
Aux cieux elle s'en est allée !
L'année est à peine écoulée, Mon bonheur est mort en naissant.
Mon âme reste désolée.
Vois mes pleurs, ma pauvre envolée. Et montre-les au Tout-Puissant.
Aux cieux elle s'en est allée !
Mon âme reste désolée.