DOULEUR D'UN CHARRETIER
Dia ! hue ! — Oh ! chacun de vous m'écoute , Compagnons qui marchez à ma voix, Sans jamais que mon fouet, sur la route, Vous tourmente une fois.
Dia! hue! — Oh! dans l'hiver, par la bise, Je trouvais bon souper, vousT>6n foin; Et de toi suçtout, ma vieille Grise, . Elle avait tant de soin!
Dia ! huè ! — Oh ! ma pauvre fille est morte ! A présent, qu'allons-nous devenir?
Tous les soirs elle était sur la porte,!
Pour nous voir revenir...
Dia! hue! — Oh! sur la route, mes bêtes, De bien loin nous étions reconnus.
Mais sa main, qui caressait nos têtes, Ne nous touchera plus!
Dia! hue! — Oh! c'était toute sa mère!
Même voix!... Je n'ai pas de bonheur...
Mêmes yeux!... Ma fille est dans la terre, Et la mort dans mon cœur.
Dia! hue! — Oh! la maison est déserte; Plus d'enfant! pour m'embrasser le soir...
Plus de feu... plus de chants! Quelle perte!
Je suis au désespoir...
Dia! hue! — Oh! comme la route est triste!..
Tous les cinq, arrêtons-nous auprès De Mathieu, le pépiniériste, Pour avoir deux cyprès.
Dia ! hue ! — Oh ! nous passons par la Briche Avançons, la Briche est encor loin.
Qu'aujourd'hui je voudrais être riche Pour pleurer dans un coin !
Dia! hue! — Oh! je vais boire à l'auberge, Pour tâcher d'oublier mon chagrin.
Mes chevaux, puissiez-vous , sur la berge, M'écraser en chemin ! . . .
Dia! hue! — Oh!...