A M""® LEON BATTE
L'heure approche, il la sent, s'apprête.
En sursaut il lève sa tête.
Aussitôt sautant du perchoir, Malgré la grêle, ou le cieLnoir,.
La pluie, ou la neige, ou l'orage.
Il secoue au vent son plumage.
Son petit œil rond, vif & clair Flamboie alors comme un éclair.
Redressant sa queue en faucille.
Son corps, sa crête & ses jarrets.
Il tend le col, il s'égosille A chanter... L'heure sonne après.
Le temps semble plein d'intérêts Pour cet oiseau qui toujours veille.
Son chant, qui vibre à notre oreille.
Se répercute aux alentours De basses-cours en basses-cours.
Consécration solennelle D'un rit éternel & fidèle!
Le coq voisin répond d'abord.
Un autre après, un autre encor ; Puis le premier reprend plus fort.
I^es tout petits chantent à peine ; Mais ils font aussi leur effort.
Leurs voix se perdent dans la plaine.
Le chant cesse & Ton se rendort.
Mystérieuse destinée Dont nul n*a la solution ; Veiller la nuit & la journée.
C'est une grave mission!
Tout est mystère... Tout m'étonne...
Et l'on n'apprend rien de personne.
On dit : Le coq chante. Merci !
Mais pourquoi chante-t-il ainsi?
Son chant veut-U dire : prends garde ; Veille à tout & rien ne hasarde :
Qui se hasarde a toujours tort ; Celui qui veille est le plus fort?
Chante alors, petite merveille, Car c'est Tordre du Créateur Que ta voix frappe mon oreille.
— Mais je suis toujours trop dormeur.