‹ Les poésiesChapitre 20 sur 133 · EN CE TEMPS-LA · texte numérisé non relu

EN CE TEMPS-LA

Pauvre Jacques! Ton vieux moulin Crépitait au vent, sur la butte, Et quand je heurtais à ta hutte, Le soir, pour boire un pot de vin.

Aussitôt tu m'ouvrais ta porte , Joyeux tu me serrais la main.

Pauvre Jacques ! Ton vieux moulin A des jours heureux me reporte...

En ce temps-là j'allais m'asseoir Sous les vignes de tes tonnelles , D'où je m'amusais, chaque soir, A 'voir planer les hirondelles Tournoyant au soleil couchant.

C'était grand'fête en ma pensée, . Mon âme se sentait bercée Et tout était murmure ou chant.

Tout bruissait à mon oreille :

Le moulin, le vent sous là treille.

Les cigales dans tous les coins.

De mon banc, je voyais les foins/- Les blés, les bois & les prairies.

Toutes choses étaient fleuries...

La nuit, descendant le ravin.

- 5ff-

Rentrant à ^auberge;^^ en chemin J'avais, pour embellir ma route, L'espoir, le bruit du vieux moulin, Les arômes d'un grand jardin , Et les étoiles de la voûte.

Depuis dix ans je ne t'ai vu; Tes cheveux étaient blancs de neige., Bon meunier, qu'es-tu devenu?

Bon meunier, que Dieu te protège!

Page 1