‹ Les poésiesChapitre 21 sur 133 · LE BOURDON · texte numérisé non relu

LE BOURDON

Les froids sont passés... J'en suis sûr J'ai vu le bourdon apparaître Sur le lilas de ma fenêtre.

Le bourdon! aux aiks d'azur, Frais éclos, veste diaprée; Trépignant, la mine affairée.

Luisant & d'un noir de velours; Il était en grande livrée.

Cet ambassadeur des beaux jours.

Quelles nouvelles , sur sa route , Raconte-t-il à mon lilas?

S'il bourdonne, alors je l'écoute; Mais j'entends & ne comprends pas.

Quand il se pose & se recueille.

Il lui dit peut-être, tous bas :

L'espoir s'entrouvre avec ta feuille.

Ou : Bonjour, l'ami, je suis las.

Ou toute autre chose... Il s'envole!

Chargé d'annoncer le beau temps.

Montrez-vous à ceux qu'il console.

Adieu, messager du printemps!

Déjà la plaine est vaporeuse; Dani cette atmosphère brumeuse

Le soleil darde ses rayons.

Malgré ses torrents de lumière , On voit sur la nature entière Ainsi qu'une immense poussière.

. Dans ces vapeurs en fusions Les cieux se mêlent à la terre :

Tout se confond aux horizons; Tout fermente & se régénère; Et, pendant ce divin mystère, Tout est murmures & chansons !

Tout renaît, tout s'émeut, tout pousse; Tout verdoie, espère ou fleurit.

Les bois sont tout couverts de mousse; Et Mars , comme Mai , nous sourit.

Giboulée, adieu! tout rayonne; La charmille ou Tarbre bourgeonne, Et le ciel est couleur d'étain.

Adieu toutes les cheminées !

Nous aurons de chaudes journées...

J'ai vu le bourdon ce matin!

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