LA RUINE
Mon âme était pareille aux ruines antiques,
Débris désespérés des monuments déchus;
Le lierre y cramponnait ses mille doigts crochus,
Et des chœurs de serpents sifflaient sous les portiques.
On voyait s'accroupir dans les ravins branchus La sorcière attentive à d'infâmes pratiques, Et des démons pareils à des épileptiques Crevassaient la muraille avec leurs pieds fourchus.
Mais Toeil de ma maîtresse a lui dans ce dédale ; Elle a soigneusement défriché les moellons, Tué chaque serpent, nettoyé chaque dalle ;
Et maintenant, termée au choc des aquilons,
Mon âme est une grande église synodale
Où j*adore sans fin ma sainte aux cheveux longs !
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CANIDIE
Lueur faite de nuit, perle faite de bouc, Remords de la vertu, sérénité du mal, Morsure qui caresse et baiser qui tatoue. Créature divine et basse, être anormal,
Canidia, mon cœur t^aime et mon vers te loue, Car ton souffle est plus pur que le vent aromal. Et le long pleur d'amour dont se mouille ta joue Te lave du péché comme un flot baptismal.
C'est mon rêve divin pendant la nuit songeuse : Voir resplendir, les soirs, ton épaule neigeuse Comme un lys, dans le fond du boudoir endormi,
Et plus tard, quand le temps aura roulé ses ondes.
Au delà de la mort nous égarer parmi
Les poètes épars dans des harems de blondes !
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