LES INGÉNUES
Elles aiment le bal aux folâtres cadences, Le valseur dont les yeux s'enivrent de leurs yeux, Et, le cerveau troublé d'espoirs délicieux, Elles gardent, la nuit, le souvenir des danses.
Elles se font tout bas de longues confidences A propos d'un passant d Tair victorieux, Et leur discours empli de riens mystérieux Chante avec les oiseaux parmi les rameaux denses.
O charme ! avoir quinze ans pendant le mois de mai ! Sentir édore en soi par un doux sortilège Les fleurs que Ton envie au jardin parfumé !
N'avoir point de soucis dont le cœur ne s'allège.
Et recevoir, furtive, avec un œil pâmé.
Le baiser d'un cousin qui revient du collège !
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