‹ Les poésiesChapitre 49 sur 172 · SURVIVANCE · texte numérisé non relu

SURVIVANCE

Dans la faïence d'Yeddo Où s*écome en un filet d'eau

La lune étroite, La fleur que je cueillis hier Ouvre encor son calice fier

Et se tient droite.

i8 Soirs moroses.

Bien qu'un doigt brutal ait brisé Sous les pleurs du matin rosé

Sa tige frêle, On dirait que la sève encor Montant du sol au pistil d*or

Circule en elle,

Tant, avec son arôme frais, (Toi-même tu t'y tromperais.

Subtile abeille !) Eclate triomphalement Comme un rire de jeune amant

La fleur vermeille.

La face d'un décapité,

Où Ton ne sait quelle clarté

Dans l'œil s'obstine, Semble aussi vivre, quand le sang Ruissela, sombre, éclaboussant

La guillotine.

Et je songe en mon triste esprit A ma jeunesse qui sourit,

Alerte et forte, Mais qui ne tient plus à mon cœur; Ardente, heureuse, à l'air vainqueur^

Et pourtant mortCé

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