L'ABSENTE
C'est une chambre où tout languit et s'effémine ; L'or blême et chaud du soir, qu'émousse la persienne, D'un ton de vieil ivoire ou de guipure ancienne Apaise Tédat dur d'un blanc tapis d'hermine.
Plein de la voix mêlée autrefois à la sienne, Et triste, un clavecin d'ébène, que domine Une coupe où se meurt, tendre, une balsamine, Pleure les doigts défunts de la musicienne.
Sous des rideaux imbus d'odeurs fades et moites, De pesants bracelets hors du satin des boites Se répandent le long d'un chevet sans haleine.
Devant la glace, auprès d'une veilleuse éteinte, Bat le pouls d'une blanche horloge en porcelaine. Et le clavecin noir gémit, quand l'heure tinte.