‹ Les poésiesChapitre 7 sur 172 · LA DÉLICATE · texte numérisé non relu

LA DÉLICATE

J'ai conduit ma mie au village, Parmi les bois et les prés verts ; Au cri des vagues sur la plage Nous avons répondu des vers.

Nous avons gravi la colline

Le long des buissons épineux,

Et sa robe de mousseline,

En passant, s*accrochait aux nœuds.

PInlornêla, 29

Sa bouche riait sur ma bouche En devisant près du ruisseau ; Mais son pied fait pour la babouche Tressaillait au contact de l'eau.

Puis ce miroir, qui se rebelle, Ératllé par les cailloux blonds.

Ne la faisait pas assez belle, Et ma muse m'a dit : Allons !

A cheval sur un beau nuage.

Rose Hocon, houppe de lait, J*ai conduit ma mie au rivage Où Tidéal étincelait.

Là, parmi les Edens sans voiles, Elle cueillait d*un doigt mignon Ces fleurs d*or que Ton nomme étoiles Et les plantait dans son chignon i

Mais lasse, un jour, dans l'étendue De poursuivre un follet trompeur, A mon cou doucement pendue, Tremblante, elle m'a dit : J'ai peurl

30 Philotnéla.

Alors, à la blonde volage :

O muse blonde, que veux-tu?

Tu n'aimes pas le gai village, Son église au clocher pointu,

Les grillons chantant sous le seigle, Les bergers dormant sous les houx.

Et tu n'as pas les yeux d'un aigle Pour subir le grand soleil roux !

Veux-tu, pleurant sur une tombe.

Habiller tes chansons de deuil ?

Hélas ! une larme qui tombe Rougirait le coin de ton œil.

En fîère amazone équipée.

Aimes-tu les combats sanglants?

La sueur rouge de l'épée Déshonorerait tes pieds blancs.

Et la belle a dit : Ce que j*aime ?

Je préfère aux ombres du soir.

Aux senteurs de la rose môme, L'ombre et les senteurs du boudoir 1

PMÎonUla, 3 1

Q.u*autour de moi tout s*elTémine !

A travers la création J*ai des épouvantes d*hermine, De sensitive et d*alcyon.

Mes yeux épris d*ombres choisies Craignent le noir des vastes nuits ; Le jour aux rouges frénésies Offense mes tendres ennuis.

Il faut aux lieux où je repose, Si pâle sous des rideaux bruns, Que Ton répande un encens rose.

Qu'on m'éclaire avec des parfums.

Je veux, dans la pâte d'amande Parfumant mes ongles, avoir Le divan sombre où je m'étende.

Cygne endormi sur un flot noir.

A moi les robes de guipure.

Où, s'harmoniant â mon teint, Frissonna sur la trame pure La clarté du miroir éteint.

52 PhiloitUîa,

Et pour ma toilette éternelle, Lorsque viendra le jour fatal, Je veux un linceul de dentelle, Dans une bière de santal !

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