‹ Les poésies complètes de Charles Monselet (volume 2)Chapitre 4 sur 95 · MUEZZIN · texte numérisé non relu

MUEZZIN

E matin, penché, seul à ma fenêtre, L'ombre autour de moi pleine de rumeurs.

Triste, j'attendais le jour à paraître,

L'œil vers l'orient aux roses lueurs.

La nuit s'enfuyait, honteuse et surprise ; Le ciel éteignait ses pâles regards ; Et, des noirs buissons qu'agitait la brise, Pensif, j'écoutais les souffles épars.

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Mais quand je sentis, ployé sous Textase, De lumière et d'or mon front inondé, Tandis que, partout, comme Teau d'un vase, Le jour ruisselait du ciel débordé ;

Quand les peupliers et quand la prairie Avec le ruisseau chantèrent en chœur, Quand je vis briller les fils de Marie, Je sentis la paix monter à mon cœur.

Mille oiseaux jasaient, je me sentais vivre ; D'un chaste bonheur mon cœur se berçait; Et c'était pour moi, qui d'un rien m'enivre.

Comme un frais bonjoUr que Dieu m'adtëssaii.

MUEZ2IN Ci

Et voyant ainsi le ciel me sourire, Pour que votre esprit ne fût pas jaloux, A mon tour aussi j'ai voulu vous dire Q.ue le ciel s'était levé bleu sur vous.

Car peut-être alors, belle paresseuse, Les volets fermés à l'éclat des cieux.

Vous pensiez — souvent l'aurore est berceuse  tout ce qui fait le front soucieux.

Vous pensiez aux jours de courte durée, Qui laissent en nous si longs souvenirs, A l'espoir qui passe en robe dorée, Haillons rattachés avec des saphirs !

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